Absence de protection phytosanitaire

Absence de protection phytosanitaire

INTRODUCTION

En agriculture, en l’absence de protection phytosanitaire, les pertes dues aux ravageurs et maladies des cultures sont estimées à un tiers des récoltes (Nauen & Bretschneider, 2002). Les ravageurs, appartenant à différents taxons peuvent, également, être des espèces invasives et représenter une menace majeure pour les écosystèmes naturels ou la production agricole (Hulme, 2007; Suckling & Brockerhoff, 2010; Canning-Clode, 2015 ; Biber-Freudenberger et al., 2016). Parmi les insectes ravageurs se trouvent les mineuses dont les larves se nourrissent à l’intérieur des feuilles, en consommant le mésophile sans en endommager l’épiderme (Spencer, 1973 ; Parrella & Jones, 1987; Minkenberg & Van Lenteren, 1986; Maier, 2001); il est possible de distinguer la mineuse des agrumes Phyllocnistis citrella, Stainton (Lepidoptera : Gracillariidae) mais aussi celle de la tomate Tuta absoluta ((Meyrick 1917) (Lepidoptera: Gelechiidae). Cette dernière mineuse a connu plusieurs appellations (Anonyme 1, 2007) et l’arrangement du genre a été revu à trois reprises. En effet, Clarke (1962) a défini le genre Gnorimoschema puis Povolny (1967) celui de Scrobipalpula. Après révision, le genre a ensuite été modifié et érigé en Scrobipalpuloides (Povolny, 1987) et enfin l’appellation de Tuta a été introduite; depuis 1994, le nom de l’espèce est donc T. absoluta Povolny (1994). T.absoluta, espèce invasive, (Olson 2006; Haack et al., 2010; Ragsdale et al., 2011) constitue le ravageur essentiel de la tomate Solanum lycopersicum L. (Gomide et al., 2001; Desneux et al., 2010 ; Gontijo et al., 2013; Lobos et al., 2013). La tomate constitue l’hôte principal, mais T. absoluta peut également coloniser d’autres solanacées (aubergines, poivrons, pommes de terre ou le tabac) (Desneux et al., 2010; Megido et al., 2013; Bawin et al., 2015). Les larves pénètrent dans les feuilles, les tiges et les fruits où elles creusent des   galeries dans lesquelles elles se développent. En début d’attaque, les galeries se situent dans les feuilles (Fig. 3A) ou la partie inferieure des plantes (Lopes-Filho, 1990); quand les populations et/ou les températures augmentent, les attaques se développent dans la partie supérieure (apex) et à l’intérieur des fruits (Fig. 3 D); ces derniers, touchés à tous les stades de leur développement, présentent des dégâts superficiels, des perforations et parfois des nécroses sur le calice (Fig. 3C). Ces ravages sont particulièrement dommageables pour les récoltes en grappes (Castelo-Branco, 1992). T.absoluta, originaire d’Amérique du Sud, a acquis une répartition géographique plus large après son introduction involontaire dans d’autres régions du monde (Urbaneja et al., 2007; Speranza et al., 2009; Desneux et al., 2010). Depuis sa première détection dans l’Ouest de l’Europe (péninsule ibérique), fin 2006 (Urbaneja et al., 2007; Arno & Gabarra, 2010), l’espèce a envahit, ensuite, très rapidement entre 2006 et 2010, le centre et le Nord de l’Europe mais aussi tout le bassin méditerranéen (Garcia-Mari & Vercher, 2010; Guillemaud et al. 2015; Desneux et al., 2011; Al-Turaihi, 2011; Baniameri & Cheraghian, 2012; Guenaoui et al., 2013; Mahmoud, 2013; Pfeiffer et al., 2013; EPPO 2013) (Fig. 1). La littérature note que l’Est de l’Asie pourrait être atteint en 2017 si cette rapide expansion se poursuit; cependant, de récents travaux citent la présence de T. absoluta en Inde et en Ethiopie (Kalleshwaraswamy et al. 2015; Ayalew et al., 2015); dans l’Est de l’Afrique orientale, le premier signalement de cette mineuse a été effectué au Soudan en 2010 (Ayalew et al., 2015). L’absence de variations génétiques entre les populations méditerranéennes et celles originaires d’Amérique du Sud a été précisée (Cifuentes et al. 2011) mais ceci est controversé et les schémas de l’invasion restent non résolus (Desneux et al., 2011)

Biomarqueurs enzymatiques

la compréhension des altérations enzymatiques, induites par l’exposition aux pesticides peut contribuer à orienter les organismes décideurs, vers un choix raisonné des molécules (Frasco & Guilhermino, 2002 ; Konus 2015). Ainsi, les activités spécifiques d’une sélection d’enzymes clés ont été précisées 10 INTRODUCTION ● Glutathion S-transférases (GSTs) et Catalase (CAT): importance dans l’induction du mécanisme de détoxication (Yalcin et al., 2015) et dans le stress oxydatif (Konus 2015). ● Acéthylcholinesterase ou AChE : l’effet du Spinosad sur ce site non cible est controversé dans la littérature (Rabea et al., 2009 ; Maïza et al., 2013).

Principaux métabolites corporels

font partie des paramètres utilisés dans l’évaluation de la « Fitness » des organismes. En effet, les variations dans les réserves d’énergie (glucides, les lipides, les protéines) indiquent une altération fonctionnelle et la susceptibilité de l’insecte à l’insecticide (Piri et al., 2014). 3. Vitellogénines et Vitellines : excellents paramètres de reprotoxicité Cependant, une étude de toxicité a été réalisée, au préalable, afin de pouvoir déterminer les doses létales du Spinosad et les résultats ont fait l’objet du premier chapitre.

Formation et coursTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *