Etudier sociologiquement la réception de la littérature de jeunesse par les enfants

Etudier sociologiquement la réception de la littérature de jeunesse par les enfants

Le choix de réaliser une étude de corpus a tout d’abord été motivé par la volonté de connaître la teneur des albums, portant sur le thème de l’alimentation, disponibles aux enfants au moment de la réalisation de l’enquête de terrain. Cette étude devait de cette façon permettre au chercheur d’appréhender les représentations ayant alors cours dans la société française et ainsi d’identifier un certain nombre de normes et de valeurs au contact desquelles les jeunes lecteurs rencontrés par la suite étaient susceptibles de se trouver. le contenu même de ces livres pouvait éventuellement interroger et/ou éclairer l’acte de réception. En quoi les potentielles évolutions – au fil du temps – non seulement des représentations véhiculées par ces ouvrages, mais également du « lecteur implicite » dont ils dessinent les contours, peuvent-elles en effet poser un certain nombre de questions quant à la manière dont les petites filles et les petits garçons reçoivent le contenu normatif de ces livres ? L’analyse de ces albums nous permet-elle en conséquence de mieux comprendre l’acte de réception ? L’enquête menée ultérieurement auprès des « lecteurs effectifs » de cette littérature interroge-t-elle en retour les conclusions de l’examen sociologique de ces ouvrages ?

Caractérisation du corpus

Le corpus103 de littérature de jeunesse considéré est exclusivement constitué d’albums. Ce terme générique désigne des ouvrages dont la caractéristique est de comporter un contenu à la fois textuel et iconographique. Dans leur Dictionnaire du livre de jeunesse, Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot définissent les albums comme des « livres qui combinent le texte et l’image dans un rapport nécessaire. » (Nières-Chevrel, Perrot, 2013, p. 16). De la même façon, Dominique Alamichel – dans son ouvrage intitulé Albums mode d’emploi – qualifie l’album de « livre dans lequel un texte et des images sont associés de manière à construire conjointement une fiction » (Alamichel, 2010, p. 11). Chaque ouvrage sélectionné dans le cadre de cette recherche se compose ainsi, sans exception, d’un récit et d’illustrations. ont été intégrés au corpus en ce qu’ils faisaient partie d’un ensemble d’albums collectés dans la Bibliothèque et Centre Documentaire (BCD) de l’un des groupes scolaires 105 au sein desquels ont par la suite été menés des entretiens. Quant au troisième106, il a été introduit dans la sélection car les éléments d’explications qu’il contenait étaient insérés dans une histoire. Deux ouvrages se rapprochent quant à eux du « livre d’activité107 ». Deux autres albums s’apparentent enfin à des « livres de recettes108 ». Etant néanmoins les supports de trames narratives, ces quatre ouvrages ont également été intégrés au corpus de littérature de jeunesse considéré. Les albums sélectionnés dans le cadre de cette recherche contiennent ainsi essentiellement des textes narratifs.

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Le corpus étudié porte sur le thème de l’ « alimentation » au sens large. Les ouvrages dernière dimension, nous avons été amenés à nous intéresser plus spécifiquement à la « gourmandise », entendue comme la consommation – parfois considérée comme étant « excessive » – d’aliments particulièrement appréciés par celui qui cherche à les ingérer. Largement mise en scène dans les livres destinés aux jeunes générations, la gourmandise nous a alors permis d’étudier le rapport moral de l’enfant avec la nourriture, la maîtrise de soi ou encore le rapport au plaisir, et ainsi de mettre en question l’incorporation de ces « normes ». Comme l’article de Nicoletta Diasio (2004) intitulé « L’enfant gourmand entre dextérité et infortune » permet de le montrer, la gourmandise apparaît comme étant un sujet particulièrement riche non seulement pour l’analyse sociologique en général, mais également plus spécifiquement au regard du questionnement qui sous-tend cette recherche. dernière dimension, nous avons été amenés à nous intéresser plus spécifiquement à la « gourmandise », entendue comme la consommation – parfois considérée comme étant « excessive » – d’aliments particulièrement appréciés par celui qui cherche à les ingérer. Largement mise en scène dans les livres destinés aux jeunes générations, la gourmandise nous a alors permis d’étudier le rapport moral de l’enfant avec la nourriture, la maîtrise de soi ou encore le rapport au plaisir, et ainsi de mettre en question l’incorporation de ces « normes ». Comme l’article de Nicoletta Diasio (2004) intitulé « L’enfant gourmand entre dextérité et infortune » permet de le montrer, la gourmandise apparaît comme étant un sujet particulièrement riche non seulement pour l’analyse sociologique en général, mais également plus spécifiquement au regard du questionnement qui sous-tend cette recherche.

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