EVOLUTION DE L’OCCUPATION DU SOL

 EVOLUTION DE L’OCCUPATION DU SOL

EVOLUTION SPATIALE DE LA ZONE D’ETUDE

Historique de l’urbanisation de Nouakchott La Mauritanie s’est urbanisée récemment suite à des vagues de sécheresses successives (depuis les années 1970) qui ont accéléré le phénomène de migration vers les grands centres urbains. Aujourd’hui elle présente l’un des plus forts taux d’urbanisation (62 %) des pays d’Afrique Subsaharienne (BM, 2003). La faible urbanisation de la Mauritanie pendant la période coloniale s’explique par le fait qu’elle ne représentait pas aux yeux de l’administration coloniale un intérêt économique d’envergure dans un contexte où le nomadisme prédominant impliquait l’absence de villes et de grandes agglomérations. La France avait choisie Saint-Louis (Sénégal) comme chef-lieu de sa colonie mauritanienne. C’est le 19 janvier 1957 à Saint-Louis que le gouvernement français avait pris la décision de transférer la capitale en territoire mauritanien (Ould Sidi M, 1987). Des études d’urbanisme ont été entreprises avant la décision définitive du transfert du cheflieu à Nouakchott. Comme dans la plupart des villes africaines, les planificateurs « coloniaux » avaient réservé la zone nord ouest comme zone administrative (le quartier colonial). Le sud ouest était réservé à la Médina qui comprend actuellement les quartiers de Sebkha et El Mina. Alors que la médina ne dispose que d’une mosquée et d’un soukh (le marché), le nord (le quartier colonial) concentre tous les services administratifs et ceux du secteur tertiaire. Les plans coloniaux ne prévoyaient aucune extension de la ville. Celle-ci était limitée entre le plateau dunaire au nord et la sebkha au sud. Le plan Leconte de 1959 fut le 1er plan effectif d’aménagement urbain de Nouakchott. Il est la base sur laquelle va s’élaborer la série de développements urbains subséquents. La faiblesse des infrastructures et le fait que les plans n’aient pas prévu l’extension de la ville de Nouakchott font que celle-ci n’était pas en mesure de gérer de façon adéquate, l’afflux important des populations nomades. Cette situation a provoqué l’apparition de problèmes socio-économiques et environnementaux. L’émergence de quartiers spontanés insalubres comme conséquence de cette immigration échappait à toute planification. Ce phénomène a généré le problème de manque d’eau potable, des mesures d’hygiène précaires, des problèmes d’assainissement du fait de l’occupation rapide de zones non aedificandi (sebkha). La croissance urbaine chaotique de Nouakchott a rapidement rendue inopérant les efforts de planification et d’équipement des autorités urbaines. Au moment où était élaboré le premier 32 plan d’urbanisme (adopté en 1983, puis révisé en 1987), il y avait déjà un grand nombre d’habitants installés dans des conditions précaires. Les quartiers pauvres encerclaient le noyau urbain dans la partie Sud et Est. Après l’adoption du SDAU de 1987, la situation n’a guère changé et l’application du plan s’est révélée rapidement inefficace. L’extension de la ville de Nouakchott a dépassé largement les prévisions qui auraient été faites dans les années 60 et 70. A cet égard, la capitale a été planifiée pour accueillir 8000 habitants en 1970. En réalité, la population de la ville a atteint cet effectif depuis 1963. Une autre estimation avait prévu 100 000 habitants en 1980 ; en fait il y en avait plus de 200 000 à cette date. La ville était envisagée comme devant s’étendre vers le nord et l’ouest, mais dans les faits, elle s’est développée au Sud-Ouest, vers la sebkha et à l’est vers les dunes ogoliens (Caruba R. et Ould Sidaty M., 1996). Ces imprévus se sont traduits par une occupation systématique de dépressions inondables.

Evolution spatiale de la dépression salée de la Sebkha (1980-2002)

L’évolution de la ville n’est pas seulement démographique. On peut noter dans la zone étudiée que l’occupation du sol a subi de profondes mutations remarquables dans le bâti, dans les zones d’exploitation des ressources naturelles et dépotoirs d’ordures. Selon diverses sources, ces mutations de l’occupation du sol se sont accentuées depuis les années 1970. La comparaison des données aériennes de 1980 et de l’imagerie Spot de 2002, par le biais de la cartographie et du calcul de surfaces, fournit des indications sur les profonds changements observés au sein de l’unité géomorphologique de la sebkha et du bâti à Nouakchott. En 1980, le bâti dans la zone étudiée et l’unité géomorphologique de la sebkha occupaient respectivement une superficie de 869 ha et 15584 ha. Des différences notables sont constatées avec un accroissement considérable du bâti (9139 ha en 2002) et un grignotage de la sebkha qui ne s’étend plus que sur 6368 ha en 2002. 33 34 Carte 2 : Occupation du sol à Nouakchott en 2002 35 En comparant les cartes 2 et 3, nous notons que l’occupation du sol a beaucoup changé. En termes relatifs la sebkha couvrait en 1980, 61,33 % de la zone d’étude et 29 % de la surface totale de Nouakchott. Cette dépression salée n’occupait plus en 2002 que 25 % de la superficie étudiée et 12 % de la ville. Par contre, l’espace bâti qui ne couvrait que 3,64 % de la superficie en 1980, a atteint 36 % en 2002, soit une augmentation supérieure à plus de dix fois l’étendue initiale en 1980. Cependant, si en 1980 la sebkha qui est une zone non aedificandi (ou impropre à l’habitat) abritait 38 % des habitations de Nouakchott, ce pourcentage a relativement diminué en 2002 (33 %). Cette baisse, malgré l’extension effective du bâti dans la sebkha, est liée à l’agrandissement de la ville de Nouakchott le long des grands axes routiers et la mise en place de nouveaux quartiers. En effet, l’extension actuelle du bâti se fait principalement vers l’est, le long de la route de l’Espoir, le sud, vers Rosso et le nord, vers Akjoujite.

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