Les conséquences d´une formation insuffisante de médecins en nutrition

Les conséquences d´une formation insuffisante de médecins en nutrition

L’enseignement façonne le jugement et la décision médicale. En tenant compte de notre analyse initiale sur la formation, l’attitude et la pratique de la nutrition des médecins, mais aussi de notre expérience comme médecin, nous pouvons conclure que la pratique de la nutrition aujourd’hui est le fait de médecins qui : En effet, n’étant pas formé pour reconnaître ni aborder les problématiques propres à la nutrition, le médecin les rend du coup invisible, augmentant ainsi la vulnérabilité des patients. Cette vulnérabilité renforcée par les médecins va s’ajouter à la vulnérabilité induite par la pathologie de la dénutrition, qui se caractérise par l’atteinte multi- organique et l’impact psychique et social de cet état. C’est ce que nous avons appelé la double vulnérabilité particulière du patient dénutri2. Les conséquences pour les patients, au-delà des effets biologiques et cliniques démontrés (risques d’augmenter la mobilité, la mortalité, les coûts de dépense de santé et la détérioration de la qualité de vie des patients), compromettent l’engagement moral qu’implique le « pacte de soins » qui est fondé sur la confiance mutuelle et la confidentialité. Pour ces raisons, il est à présent pertinent d’interroger les conséquences de l’absence de formation des médecins en nutrition au premier niveau du jugement médical appelé « niveau prudentiel ».

Cela implique, pour le médecin, un exercice de sa profession conforme aux données acquises de la science. Cela suppose également un savoir aussi large que possible et une bonne adaptation à l’exercice de l’activité médicale2. Le médecin a ainsi l’obligation de s’informer des progrès nécessaires à sa pratique. La complexité croissante et l’avancée rapide de la recherche médicale fait de cette obligation un impératif de plus en plus difficile et exigeant. Pour cela, le médecin doit toujours être conscient de ses limites et de ses lacunes et doit recourir aux confrères si nécessaire. Le médecin est également dans l’obligation de structurer sa décision par une réflexion et une analyse méthodique Malgré un cadre politique en matière de santé et des obligations de connaissance, force est de constater que les médecins en générale, ne sont pas attentifs aux inquiétudes et aux interrogations du patient. Parmi ces derniers, on cite en priorité les suivantes : Quel est mon régime ? Puis-je manger ? Quelle sera mon alimentation lors de mon hospitalisation ? Aurai-je faim ? Si je ne mange pas, comment je pourrais être nourri ?

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A ce sujet, l’éthique du care nous a permis d’identifier les dispositions morales, dont la compétence2 qui sont nécessaires pour réaliser un bon soins nutritionnel. Nous avons montré dans la deuxième partie comment les soins nutritionnels peuvent s’intégrer aux quatre étapes du care définis par Tronto. (Voir figure 6). Les éléments de l’éthique du care comme l’attention, la responsabilité, la compétence et la capacité de réponse sont essentiels pour delivrer des soins nutritionnels adéquats. En effet, parmi ces étapes, la troisième étape, le care giving exige un élément décisif : la compétence. Selon J. Tronto :  savoirs et ils donnent une défiions s’appuient sur trois notions2. La première se réfère a que la compétence est proche d’un système intégré de savoirs au sens large (savoir, savoir-faire, savoir-être,), la deuxième considère que la compétence permet d’aboutir à une performance, (sa part observable ou mesurable) et cela dans plusieurs contextes ou situations professionnels et troisième une compétence nécessite que le professionnel soit en mesure de mener une activité réflexive au cours même de sa réalisation. Cela implique que pour assurer un bon care nutritionnel, il est nécessaire d’intégrer le médecin aux soins nutritionnels en tenant compte de ses compétences et non de sa seule bonne volonté.

Ainsi, la compétence relève de la vertu. Cette approche relative à l’éthique des vertus qui fait porter l’accent sur les dispositions morales à acquérir pour bien agir, intègre comme toute éthique de la responsabilité, une attention aux conséquences de ses actions. Elle est donc également conséquentialiste. Avoir l’intention de répondre aux besoins nutritionnels du patient ou prendre conscience de la responsabilité de nourrir les malades mais sans y parvenir réellement, ne suffit pas pour délivrer des soins nutritionnels de qualité. Dans ce domaine particulier de la nutrition clinique, il est évident que la disponibilité des ressources comme les produits de NP, NE, est indispensable pour mener un soin nutritionnel adapté et de qualité, mais il est également nécessaire de mener les soins avec compétence. De ce fait, serait-il possible de considérer le médecin comme moralement responsable de cette incompétence ?

 

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