Pesticides et protection des cultures

ANALYSE PAR CHROMATOGRAPHIE EN PHASE LIQUIDE (CPL), SUR COUCHES MINCES (CCM) ET SPECTROSCOPIE DE RESIDUS DE QUATRE PESTICIDES DANS LES FRUITS ET LEGUMES DE LA ZONE DES NIAYES DU SENEGAL

L’agriculture occupe une place de choix dans l’économie des pays africains. Elle contribue à la sécurité alimentaire et constitue aussi une source importante de revenue pour les populations rurales et périurbaines. Cependant, dans les pays du Sahel, l’agriculture est essentiellement du type traditionnel avec un certain nombre de contraintes dont l’irrégularité des pluies, la pauvreté des sols, les pertes de récoltes et de productions qui limitent la productivité. Dans ce contexte, l’agriculture intensive semble constituer l’un des meilleurs palliatifs pour répondre à la demande croissante des populations en denrées alimentaires de première nécessité. Au Sénégal en particulier, l’agriculture périurbaine pratiquée de façon préférentielle dans les Niayes du Sénégal occupe une place importante dans l’approvisionnement des populations en fruits et légumes avec plus de 80% de la production nationale en légumes et 40% en fruits, soit au total une production annuelle de l’ordre de 370 00 0 tonnes (Thiam, 2007). Si la production est actuellement destinée au marché intérieur (plus de 95 % du volume total), le développement de l’horticulture d’exportation, basée essentiellement sur les produits de contre-saison, constitue aujourd’hui un secteur de diversification à très fort potentiel (Ngom et al, 2007). Les exportations horticoles ont connu un développement important avec un volume annuel de l’ordre de 6 000 à 13 300 tonnes entre 1998 et 2006, soit une augmentation de plus de 51 % (Direction de l’horticulture, 2005). Cependant, la zone des Niayes présente l’inconvénient d’être un lieu de prolifération de plusieurs parasites de cultures. Ceci incite les maraîchers à utiliser de plus en plus de pesticides pour lutter contre ces ennemies des cultures. Au total, l’agriculture sénégalaise utilise en moyenne annuellement 598 tonnes de pesticides solides et 1 336 560 litres de pesticides liquides pour une valeur de près de 10 500 000 00 0 de francs CFA (Thiam et al, 2003). Bien qu’ils apportent des bénéfices certains dans le système de production, les pesticides peuvent être à l ’origine d’effets potentiellement préjudiciables pour la santé humaine et pour l’environnement (FAO/OMS, 2001). Les résidus de pesticides, nocifs pour la santé de tous, peuvent subsister dans la nature. Ceux-ci exposent donc, indirectement, les consommateurs aux pesticides habituellement présents en quantités infimes dans les aliments. En effet, les pesticides utilisés dans les étapes de productions alimentaires, peuvent persister dans la nourriture d’où l’importance de détecter et de doser ces résidus. L’objectif de notre travail est d’évaluer l’impact de l’utilisation des pesticides sur la qualité phytosanitaire des fruits et légumes produits dans la zone agroécologique des Niayes de Dakar. La première partie du travail est consacrée à l a synthèse bibliographique sur l’usage des pesticides en agriculture et l’évaluation théorique de leur incidence sur la santé des populations et l’environnement et la deuxième partie rapporte les résultats de l’analyse des résidus de pesticides dans les fruits et légumes produits dans les Niayes de Dakar.

GENERALITES SUR LES PESTICIDES

Un pesticide est défini comme toute substance ou association de substances destinées à repousser, détruire ou combattre les ravageurs, y compris les vecteurs de maladies humaines ou animales et les espèces indésirables de plantes ou d’animaux causant des dommages durant la production, la transformation, le stockage, le transport, ou la commercialisation des denrées alimentaires, des produits agricoles, du bois et des produits ligneux (FAO, 1990 ; Diatta, 1997). Un pesticide est un produit chimique (industriel) composé de : – matière active (ou association de plusieurs matières actives) ; – diluant ou charge (substance neutre destinée à réduire la concentration de la matière active) ; – adjuvants (généralement dépourvus d’activités biologiques) qui peuvent augmenter les effets toxiques du produit (Thiam, 2004).

Pesticides et protection des cultures

La protection des cultures est vitale pour l’homme car, selon l’adage, « l’agriculteur ne reçoit que ce que les parasites veulent bien lui laisser ». Elle est d’autant plus nécessaire que les plantes cultivées sont le plus souvent des variétés sélectionnées en vue d’améliorer leur rendement et la qualité des produits recherchés. Ces modifications de leur patrimoine génétique les rendent plus fragiles aux agressions de leur environnement, qu’il s’agisse des agressions d’organismes parasites ou phytophages, de la concurrence des mauvaises herbes ou d’accidents climatiques (Couteux et al, 2004). La protection des cultures met en œuvre surtout des méthodes chimiques utilisées dans des stratégies à la fois préventives et curatives. Les produits phytosanitaires exercent une action physiologique sur la croissance des végétaux. Plus de 1200 composés chimiques constituent les grandes familles de pesticides utilisés dans la lutte contres les ennemies des cultures et de la production (Schiffers, 1990). I. 3. Classification des pesticides Il y a plusieurs types de classification des pesticides dont les plus importants sont :- Les organochlorés présentent dans leur formule chimique un ou plusieurs atomes de chlore. Ce sont des molécules qui renferment au moins une liaison carbone-chlore. Certains composés organochlorés existent dans la nature, d’autres sont des sous- produits de la combustion et des procédés industriels. Ils sont peu solubles dans l’eau, solubles dans les corps gras, stables à l’air, à la lumière et à la chaleur.

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