Principaux insectes ravageurs du riz

IMPACT DE LA PRESSION PARASITAIRE DE LA CÉCIDOMYIE AFRICAINE DU RIZ, ORSEOLIVORA H. & G. EN RELATION AVEC

Ce présent document est le fruit du stage effectué au CERAAS du Sénégal en collaboration avec l’INERA du Burkina Faso. Son aboutissement a été possible grâce à l’appui de plusieurs personnes que nous tenons à remercier. Nous remercions très sincèrement : Monsieur Ndiaga CISSE, Directeur du CERAAS pour m’avoir accueilli comme stagiaire au sein de son centre. A travers lui, nous remercions l’ensemble du personnel du CERAAS pour l’atmosphère conviviale qui a prévalu au cours de notre stage. Notre profonde gratitude s’adresse à Monsieur Souleymane NACRO, Maître de recherches à l’INERA et notre maître de stage au Burkina Faso. Vous avez guidé notre apprentissage à la recherche. Vous avez initié, suivi et dirigé ce travail à la Vallée du Kou. Nous vous remercions d’avoir soutenu notre candidature pour la bourse DAAD. Monsieur Cheikh THIAW, entomologiste et notre maître de stage au CERAAS. Vos conseils et recommandations ont été d’un apport scientifique certain dans la rédaction de ce mémoire. Nous tenons à vous remercier particulièrement pour la communication fluide qui a été essentielle pour l’avancée de la rédaction du mémoire. Monsieur Mbacké SEMBENE, Professeur titulaire à l’UCAD et notre Directeur de mémoire pour nous avoir assuré un encadrement de qualité. Nous sommes heureux que Monsieur Aboubacry KANE, Coordonnateur du master PPV, ait accepté de participer à ce jury malgré ses nombreuses obligations, merci infiniment pour votre disponibilité. Nous exprimons notre reconnaissance à l’endroit de Monsieur Dona DAKOUO, Directeur de recherches à l’INERA et co-maître de stage au Burkina Faso, pour avoir accepté de nous accueillir dans son laboratoire. A Madame Diariétou Sambakhé DIOP, statisticienne au CERAAS, que nous disons merci pour son implication effective dans l’analyse des données. Nous remercions Monsieur Irénée SOMDA, maître de conférences, pour la confiance indéniable qu’il nous a accordée en recommandant notre candidature pour la bourse DAAD. Nous ne saurions passer sous silence notre reconnaissance envers nos enseignants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar pour la formation reçue. Nos sincères remerciements vont à l’endroit de nos camarades étudiants de la promotion du master PPV pour la solidarité, l’harmonie et les précieux moments d’échanges qui ont prévalu au cours de notre formation. Nous manifestons notre reconnaissance à tous ceux dont les noms n’ont pu être cités et qui nous ont apporté leur soutien.

Le riz est l’une des cultures vivrières les plus importantes dans le monde. Il nourrit plus de la moitié de la population mondiale. Près d’un milliard de ménages en Asie, en Afrique et dans les Amériques dépendent des systèmes de production à base de riz comme principal moyen d’existence (FAO, 2006). En effet, plus de 680 millions de tonnes de cette denrée alimentaire sont produites annuellement dans le monde (FAO, 2010). La consommation du riz en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC) a augmenté sans cesse depuis le milieu des années 1970 avec un taux d’accroissement annuel d’environ 6%. La production a aussi augmenté mais de façon moindre (WARDA, 2008). Au Burkina Faso, le riz est d’une importance économique et sociale considérable. En effet, il occupe la quatrième place parmi les céréales produites après le sorgho, le mil et le maïs (DGPER, 2011). Il est étroitement lié à la culture et à la tradition de nombreuses ethnies et sa production rapporte des revenus aux producteurs. La production nationale de riz ne couvre pas les besoins du pays. Pour satisfaire les besoins des populations, le Burkina Faso importe en moyenne 260000 tonnes de riz par an, soit plus de 30 milliards de francs CFA de sortie de devises. Les prévisions sur les importations en 2015 tablent sur un volume de 355000 tonnes soit une sortie de devises d’environ 94 milliards de FCFA (MAHRH, 2009). La riziculture au Burkina Faso, tout comme la plupart des productions végétales du pays connaît diverses contraintes d’ordre abiotique et biotique qui limitent sa production. En effet, le riz est sujet à d’importants ravages, dont une partie importante est attribuée aux insectes : baisse de 2 à 38% suivant les saisons culturales (DAKOUO et NACRO, 1992). Les diptères endophytes dont la cécidomyie africaine du riz (Orseolia oryzivora H. & G.), les mouches diopsides (Diopsis spp.) et les lépidoptères foreurs de tige tels que le borer blanc (Maliarpha separatella Rag.), le borer rose (Sesamia calamistis Hamp.) et le borer rayé Chilo zacconius Bleszynski, Chilo diffisulineus de Joannis sont les principales espèces d’importance économique au Burkina Faso (BONZI, 1979 ; COULDIATY, 1983 ; NACRO, 1984 ; DAKOUO et al., 1988 ; DAKOUO et al., 1991 ; TANKOANO, 2005 ; BA et al., 2007). Les lépidoptères foreurs de tige du riz constituent un problème récurrent sur le périmètre irrigué de la Vallée du Kou (DAKOUO et al., 1991 ; BA et al., 2007). Depuis le milieu des années 1980, ces insectes compromettent régulièrement la récolte de la saison sèche. La cécidomyie africaine du riz, Orseolia oryzivora, constitue actuellement l’insecte ravageur le plus important au Burkina Faso (BA et al., 2004). L’insecte sévit particulièrement à l’ouest.

Principaux insectes ravageurs du riz

Le genre Chilo constitue l’insecte ravageur le plus important en Afrique (TRAORE, 2000). Les éléments de description, de biologie et des dégâts qui suivent se rapportent à Chilo zacconius, à cause de l’importance accordée à cette espèce par les auteurs. Chilo zacconius (Lépidoptère, Pyralidae, Crambinae) fut décrite par RISBEC et DESCAMPS sous le nom de Proceras africana. C’est une pyrale dont l’adulte a des ailes antérieures brun- orange maculées de noir (photo 1). Les papillons femelles présentent une forme plus allongée et une envergure des ailes plus importante soit 22 à 25 mm pour les femelles et 12 à 15 mm pour les mâles. La chenille est longue de 15 à 20 mm traversée par cinq bandes longitudinales dorsales brunes (photo 2) ; la chrysalide est d’abord brune puis noire et présente une saillie en crête transversale sur la tête (BETBEDER–MATIBET, 1986).

pénètre dans la tige. La tige attaquée est totalement détruite que ce soit au tallage ou à l’épiaison donnant respectivement des «cœurs morts» (photo 3) ou des «panicules blanches» (photo 4) (TANKOANO, 2005). C. zacconius peut développer 5 à 6 générations annuelles dont deux successives par saison de culture. Dans une rizière donnée, la première génération est responsable de la formation de «cœurs morts» tandis que la deuxième provoque le blanchissement des panicules (NACRO, 1995). La durée du cycle biologique est de 25 à 50 jours lorsque les conditions sont favorables (POLASZECK et DELVARE, 2000).

Biologie et dégâts

separatella est considérée par DALE (1994) comme le foreur de tige du riz le plus répandu en Afrique et à Madagascar. Cependant, les dégâts occasionnés par M. separatella sont moins spectaculaires que ceux dus aux autres foreurs. En effet, la jeune larve de la pyrale se loge dans les entre-nœuds inférieurs de la plante de riz et la pousse terminale de la talle n’est pas séparée de la base comme cela est le cas des autres foreurs. Si l’attaque est tardive, la plante peut parvenir à former sa panicule malgré la réduction de la circulation de la sève qui se traduit souvent par la perte partielle d’une certaine proportion d’épillets. Dans des conditions de fortes infestations, M. separatella peut induire la formation de panicules blanches (observations personnelles de NACRO, 1995 au Ghana). Les déplacements des adultes s’effectuent essentiellement au crépuscule et au début de la nuit. Ce ravageur est présent sur riz du début de la montaison jusqu’à la récolte et constitue 90% (le plus important des foreurs de tige) de la faune des borers rencontrés sur le riz irrigué en Côte d’Ivoire centrale. Ses populations sont plus importantes au moment de la maturation (POLLET, 1978). Oryza longistaminata est capable d’assurer la survie de M. separatella en hébergeant ses populations pré-imaginales tout le long de l’année (BA et al., 2007).

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