RIZICULTURE PERIURBAINE DE L’AGGLOMERATION

RIZICULTURE PERIURBAINE DE L’AGGLOMERATION

 Travaux sur le terrain

Les suivis et les visites sur le terrain ont permis de connaître le milieu d’étude en vue de choisir les sites convenables à sa réalisation, la collecte des informations sur les opérations culturales pratiquées, le déroulement du cycle de croissance et de développement de la culture et l’identification des placettes de prélèvement des échantillons de sols et de plantes pour analyses. Ainsi, pour bien mener l’étude, des visites hebdomadaires ont été effectuées durant tout le cycle du riz. Ces visites ont duré six mois, du mois d’août 2004 jusqu’au mois de février 2005. Elles ont été effectuées seules ou accompagnées par les encadreurs et les chercheurs du projet ADURAA. • Choix de la zone et parcelles d’étude Les critères de choix des sites d’études sont :  leur localisation dans le PIRD 18  l’absence de variations des conditions climatiques et écologiques,  le riz de première saison comme principale activité agricole de la population  pollution des eaux des canaux d’irrigation et de drainage du collecteur C3, et du canal GR par la population riveraine et les usines, Deux sites remplissent ces conditions requises et ont été déjà retenus en 2003 : • la plaine d’Anosivavaka Ambohimanarina qui est surtout proche des zones d’habitation. Trois rizières pouvant subir la pollution urbaine par l’intermédiaire de l’eau du canal C3 ont été retenues. Les trois rizières de ce site sont localisées suivant un gradient de pollution par rapport à la source de pollution : – (R1) est une rizière située à proximité de la source de pollution ; – (R2), rizière sise moyennement loin de la source de pollution, – (R3), la rizière qui se trouve loin de la pollution. • la plaine de Laniera qui est localisée dans une zone industrielle. La production rizicole peut subir les effets de la pollution industrielle. Trois rizières y ont été également retenues. Elles suivent également un gradient de pollution. Pour servir de témoin sans pollution, un troisième site, en dehors du site pollué, sis à Belanitra a été retenu, La première visite sur terrain a pour but de faire la connaissance des exploitants des rizières, de leur expliquer, l’objet et les démarches à suivre pour l’étude et de collecter les données sur les pratiques culturales adoptées par ces exploitants agricoles. • Collecte des informations La collecte des informations a commencé lors de la deuxième visite sur terrain. Des enquêtes sont réalisées auprès des propriétaires des rizières, ils concernent le mode de conduite de la parcelle cultivée. Les enquêtes ont été menées à partir d’un guide d’entretien permettant de canaliser et de conduire la discussion vers l’objet de l’étude. Le guide d’entretien est préalablement établi sous forme de questionnaires et de fiches (cf. annexe 4). Les enquêtes concernent surtout: – la variété cultivée par les paysans de la Plaine, – la date et le mode de semis, – la fumure, – la date probable de repiquage, – la densité de repiquage et le nombre de brin par touffe. A chaque visite du terrain, des entretiens sont menés auprès des paysans choisis au hasard dans la zone. Des enquêtes avec les personnes ressources locales (Président du Fokontany, Président des associations des agriculteurs de la zone) ont été aussi effectués. Il ne s’agit plus ici d’une enquête guidée mais un simple entretien pour avoir plus de renseignements. Ceux-ci sont confrontés avec les informations qu’on a déjà 19 obtenues antérieurement. Ils sont utiles lors de la rédaction du rapport : la présentation des zones d’études, le riz ainsi que l’interprétation des résultats obtenus. • Suivi de la culture Parallèlement à la collecte d’information sur les sites, le suivi des différents stades phénologiques de la plante est réalisé. Il permet de repérer les stades et les passages successifs de la plante d’une phase à une autre. La détermination de cet instant relève d’une bonne connaissance théorique et pratique des différents stades physiologiques du riz. Pour cela, les connaissances scientifiques théoriques ont été confrontées aux perceptions paysannes afin de donner un concept pratique fiable utilisé au cours de l’étude. Cette approche a donc facilité la détermination des différents stades physiologiques de la plante. En plus du suivi des stades phénologiques de la plante, son état sanitaire et les éventuelles attaques par les insectes ou tous autres accidents végétatifs survenant dans la parcelle ont été aussi observés. Tous ces problèmes méritent de l’attention puisqu’ils peuvent expliquer les potentialités et les différences de rendement entre les parcelles (ITCF., 1991). Enfin, lors de la visite hebdomadaire du terrain, la hauteur d’eau dans chaque parcelle est aussi mesurée. Cela permet d’évaluer le degré de la maîtrise de l’eau dans les parcelles. Les mesures se font avec une règle graduée en cm. • Délimitation des placettes de prélèvements La placette est l’unité de prélèvement que nous adoptons : elle est formée par 4 touffes juxtaposées bien entourées. Elle est marquée par un piquet et on a délimité quatre répétitions par rizière. Ces placettes nous servent pour l’observation des stades phénologiques et pour les prélèvements de plantes permettant la mesure des composantes du rendement et des indicateurs de croissance. Figure 3: Unité d’échantillonnage avec la disposition des placettes Source : (MOREAU.,1987). • Prélèvement des échantillons Avant chaque prélèvement, des étiquettes portant les références de chaque échantillon sont préparées à l’avance. Pour les échantillons de sol, les étiquettes munies du nom du site, du numéro de la rizière, du X X x x Placette 1 x x X X Placette 2 x x x x Placette 3 x x x x Placette4 20 stade de prélèvement sont collées sur les sachets en plastique destinés à contenir les prélèvements. Pour les plantes, sur les étiquettes figurent le numéro de la touffe, le numéro de la placette, le numéro de la rizière, le nom du site, le stade de prélèvement. Ces étiquettes sont bottelées avec chaque touffe prélevée.  Prélèvement des échantillons du sol Les prélèvements de sol proprement dits ont été faits en quatre étapes: (1) à la mise en eau, puis (2) à la fin tallage, (3)à la fin floraison, et (4) après la récolte. Ceci permet de suivre l’évolution de la fertilité du sol et la teneur en polluants durant le cycle cultural. Les prélèvements sont effectués sur les sept rizières choisies dans les sites d’études. Deux règles fondamentales doivent être prises en compte lors du prélèvement: – l’échantillon doit se trouver sur des sites ayant le même type de sol. Ceci est valable aussi bien en surface qu’en profondeur. – un échantillon doit résulter du mélange de plusieurs prélèvements pour éviter les erreurs dues à des accidents locaux comme concentration d’engrais en un point, absence de végétation (ELIARD J.,1987). Compte tenu de ces principes, les prélèvements ont été faits à 30 cm de profondeur, profondeur exploitable par les racines de riz et avec une tarière. Pour cela, quatre prélèvements par cheminement en zig zag par parcelle sont effectués. Une centaine de gramme de sol a été collecté pour chaque prélèvement. L’ensemble est ensuite soigneusement homogénéisé dans un récipient et réduit à 1 kg pour l’analyse. L’échantillon est transféré dans un sachet en plastique préalablement préparé mentionné au début.  Prélèvement des échantillons des plantes Quant aux prélèvements des plantes, trois stades sont prises en comptes : (1) stades de fin tallage, (2) fin floraison et (3) maturation. Ceci dans un but de suivre la croissance de la plante, l’évolution des éléments minéraux absorbés et la détermination du rendement. La méthode employée est l’utilisation des placettes. Elle a l’avantage de pouvoir être choisie tout au début de la campagne de mesure, et servir pour plusieurs observations et prélèvement au cours du cycle (MOREAU., 1987). Ainsi, dans chaque parcelle, aux stades de fin tallage et de fin floraison, les prélèvements portent sur une touffe par placette soit 4 touffes par rizière pour le suivi de la croissance de la plante. A la maturation, les prélèvements sont réalisés sur 4 touffes par placette soit 16 plantes par parcelle pour avoir plus de précision lors de l’évaluation du rendement. Le calendrier de réalisation des prélèvements des échantillons (sols, plants) est résumé dans le tableau suivant: 21 Tableau 5 :Calendrier des prélèvements PERIODE MATIERES ELEMENTS A ANALYSER Avant mise en eau Fin tallage Fin floraison Après récolte sol PH, Matière Organique totale, N total, P assimilable, bases échangeables, conductivité, Cu, Zn, ( Pb, Cr pour Laniera), granulométrie pour la rizière 3 et Laniera et belanitra. Mise en eau eau Indicateurs de pollutions, cations, anions (Cl, S, PO4) Fin tallage plants N, P, K, cations, Na. Fin floraison plants N, P, K, cations, Na. Maturation (grain dure rayable à l’ongle) Plants et grains N, P, K, cations, Na. Cu et Zn dans les graines. Source : Auteur.,2005 2.2.3. Travaux de laboratoire Une plus grande partie de l’étude a été concentrée sur les travaux de laboratoire qui sont axés sur la mesure de la croissance et des analyses des constituants minéraux de la plante. Toutes les mesures et les analyses ont été effectuées par l’auteur lui-même au sein du laboratoire de pédologie du FOFIFA sis à Tsimbazaza. • Mesure de la croissance de la plante L’objectif de la mesure consiste à obtenir des données relatives de la hauteur de la plante, la longueur des racines, la biomasse fraîche produite et la matière sèche. Toutes ces mesures se font à chaque stade phénologique de la plante pour suivre leurs évolutions. Deux types de matériels ont été utilisés pour la réalisation les travaux à effectuer sur les échantillons prélevés : une règle graduée pour mesurer la longueur des racines et une balance pour mesurer le poids de la biomasse. Avant ces mesures et pesages, les échantillons sont préalablement lavés. La mesure de la longueur des racines se fait à partir du collet jusqu’à la pointe des racines tandis celle de la partie aérienne se fait à partir du collet jusqu’à la terminaison des feuilles. Les poids frais de la racine et celui de la partie aérienne sont aussi relevés. Pour les prélèvements à la fin floraison et à la récolte, après les mesures de la longueur de la partie aérienne et de la racine, les limbes, les tiges, les panicules sont séparées puis pesés séparément. La séparation des différentes parties de la plante lors du pesage permet d’obtenir leurs poids frais et secs 22 respectifs. Cette opération permet également d’avoir la teneur en éléments minéraux de chaque partie de la plante lors des analyses. Chaque échantillon sera mis dans des emballages bien étiquetés pour éviter tout risque de confusion. Après pesage, les échantillons sont séchés à l’étuve pendant 48 heures à 60°C pour se débarrasser de l’humidité. Après passage à l’étuve, on relève le poids sec des échantillons. La différence entre le poids sec et le poids frais permet de déterminer le taux d’humidité des échantillons. Ils seront ensuite broyés pour constituer les échantillons d’analyses. En ce qui concerne, les prélèvements à la récolte, ils ont aussi servi à une évaluation du rendement à partir des cinq composantes suivantes du rendement: 1. le nombre de pieds par m2 : exprimant le nombre de pieds par placette d’observation, ramené au m2. Le comptage du nombre de pieds a commencé au début du tallage et a été répété, lors du prélèvement à la récolte. Pour ce faire, un carré de 1 m de côté a été délimité à l’aide d’une ficelle maintenue sur les 4 côtés par des piquets. Les pieds compris dans le cadre seront comptés. L’opération est répétée quatre fois pour chaque parcelle et le nombre des pieds s’obtient en faisant la moyenne des quatre comptages. 2. le nombre de panicule par pied : exprimé en nombre de panicule par placette divisé par le nombre de pied dans la même placette. Cette valeur est ensuite ramenée au m2. Les meilleures périodes indiquées pour les prélèvements et le comptage se situent à la fin floraison et au moment de la récolte. 3. le nombre de grains par panicule : est obtenu en faisant le rapport entre le nombre de grain et le celui de la panicule après avoir compté manuellement le nombre de panicules et le nombre de grains par panicules pour chaque placette. 4. le pourcentage de grains pleins : s’obtient par le rapport des grains remplis et des grains vides.

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : LE MILIEU D’ETUDE ET LE RIZ
1.1. le milieu d’étude
1.1.1. Situation géographique
1.1.2. Milieu physique
1.1.3. Environnement socio-économique
1.2. Le riz
1.2.1. Historique
1.2.2. Importance
1.2.3. Description botanique de la plante
1.2.4. Ecologie
1.2.5. Technique culturale
1.3. Conclusion partielle
DEUXIEME PARTIE : PROBLEMATIQUE ET METHODOLOGIE
2.1. Problématique
2.2. Méthodologie de travail
2.2 1. Documentation.
2.2.2 Travaux sur le terrain
2.2.3. Travaux de laboratoire
2.2.4. Traitement des données
2.2.5. Schéma récapitulatif de la démarche méthodologiqu
2.3. Limites du travail
PARTIE III : RESULTATS ET INTERPRETATIONS
3.1. Les caractéristiques du milieu de culture
3.1.1. Les pratiques culturales .
3.1.2 Le sol
3.1.3 La hauteur de l’eau
3.1.4.Conclusion partielle
3.2. Les expressions des réactions de la plante au sein de ces milieux de culture
3.2.1. Longueur des plants
3.2.2. Longueur des racines
3.2.3.Production de biomasse
3.2.4.Indice de développement
3.2.5. Conclusion partielle
3.3. Réactions de la plante à l’état du milieu
3.3.1.Analyse du rendement
3.3.2 Évaluation du taux de satisfaction des besoins en azote du riz dans chaque site
3.3.3.Evaluation de la qualité des grains
3.3.4. Profondeur racinaire en fonction de la hauteur d’eau
3.3.5. Conclusion partielle
3.4. Recommandations sur la viabilité de la riziculture périurbaine dans l’agglomération d’Antananarivo
CONCLUSION GENERALE

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