STRATÉGIE(S) POUR LA SERL EN MATIÈRE D’HABITAT PARTICIPATIF

STRATÉGIE(S) POUR LA SERL EN MATIÈRE D’HABITAT PARTICIPATIF

L’HABITAT PARTICIPATIF QUELLES CONSÉQUENCES SUR UN PROJET URBAIN ?

’innovation de l’habitat participatif concerne essentiellement les processus et les rapports entre les acteurs. C’est pourquoi les phases de la programmation et de la conception sont profondément modifiées par la présence des futurs usagers44. Il est important dans l’éventualité pour la SERL de développer ce type de projet d’avoir une connaissance large des caractéristiques d’un montage opérationnel d’habitat participatif. En effet, comme nous avons pu le voir dans la partie précédente, la notion de risque est particulièrement importante dans le fonctionnement d’un aménageur qui doit donc les anticiper de la meilleure des manières afin de tenir un bilan financier le plus constant possible. À travers cette partie, nous allons aborder les différentes caractéristiques induites par l’intégration d’un projet d’habitat participatif dans le montage opérationnel d’un projet urbain. Nous avons identifié trois types de conséquences propres à l’intégration d’un projet d’habitat participatif : • Conséquences sur l’accession au logement, • Conséquences sur le coût d’un projet, • Conséquences sur la durée d’un projet.

L’habitat participatif, quelles conséquences sur l’accession au logement ?

« L’habitat participatif est un bon outil de démocratisation de l’accès aux logements » ? (Réunion publique, Habicoop, 2016). On est en droit de s’interroger sur cette affirmation qui est un des arguments utilisés par les défenseurs de ce type de projet. Au vu de notre analyse, ce type d’habitat est aujourd’hui encore réservé à une certaine catégorie sociale qui s’inscrit dans une démarche militante issu des Professions et Catégorie Socioprofessionnelles supérieurs (professions intermédiaires, professions intellectuelles supérieures…). On va ainsi retrouver le plus souvent dans ces groupements des architectes, des instituteurs, des retraités de la fonction publique, des personnes issues du secteur associatif voire du militantisme. Cette constitution des groupes trouve sa raison dans le caractère même de l’habitat participatif. En effet, comme nous avons pu le voir depuis le début de cette étude, ces projets sont complexes et défendent le plus souvent des valeurs telles que la non spéculation, la non propriété et le partage. Il semble donc légitime de trouver dans ces groupes des personnes prêtes à s’engager dans ce type d’habitat qui va dans une direction différente des modèles classiques. Véronique Biau45 en 2012 s’interrogeait déjà sur le futur de l’habitat participatif selon elle ce mouvement était à un « point critique ». Soit ces projets, pour l’instant diffus et réservés à une certaine catégorie sociale s’installeront, réussiront et enclencheront, un processus d’amplification ; soit ils conserveront cette échelle expérimentale et n’existeront jamais à une plus grande envergure. 

L’habitat participatif vecteur de mixité sociale ?

La notion de mixité sociale est aujourd’hui primordiale en aménagement. Recherchée dans les projets urbains, elle est au cœur du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) et participe à la notion de vivre ensemble ainsi qu’à la création de la ville durable. L’habitat participatif peut être un vecteur de mixité sociale pas seulement à la macroéchelle du quartier, mais également à la micro-échelle du bâtiment. Cependant, elle être atteinte que si l’on intègre un bailleur social au projet. En effet, incorporer cet acteur permet de développer de la mixité via la construction de logements sociaux au sein du projet participatif. Deux formes d’intégration de logements sociaux nous semblent pouvoir alors être mises en place : • Sous la forme de lots séparés C’est le modèle qu’on retrouve sur l’opération du Village Vertical, où le bâtiment le Jardin de Jules est divisé entre les logements du bailleur HLM (24 logements) et la coopérative d’habitants (15 logements). Les deux groupements partagent les coursives communes et ont accès aux espaces communs du Village Vertical (buanderie, pièce commune) moyennant une adhésion à l’association. • Sous la forme de lots mixés Intégrer le logement social de manière mixée dans un bâtiment participatif est pour le moment un choix assez peu répandu. Il s’agit de disposer les logements sociaux sans distinction dans le bâtiment. C’est sur ce modèle que souhaite se développer la coopérative du 4 Mars à Lyon qui s’associe avec Alliade, entreprise sociale pour l’habitat, qui assurera la location des logements sociaux à des locataires qui devront adhérer à la charte des valeurs de la coopérative. L’habitat participatif, nous venons de le voir est une opportunité pour introduire de la mixité sociale à l’échelle du bâti, mixité particulièrement intéressante puisqu’elle n’est pas subie mais choisie, ici le voisin n’est pas ressenti comme une menace qu’il faut tenir à distance, mais au contraire intégré au quotidien. Afin d’atteindre cet objectif de mixité sociale, il apparaît primordial d’intégrer un bailleur social dans l’opération, ce qui va permettre d’inclure au projet des logements sociaux et va participer à la démocratisation de l’habitat participatif, jusque-là réservé à une certaine population.

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