« TRAITEMENT DES EAUX USÉES DOMESTIQUES PAR FILTRE IMMERGÉ Á GRAVIER NU COMPARAISON DE L’EFFICACITÉ DES SYSTÈMES Á YOFF-TONGHOR (DAKAR) ET Á LA STATION EXPÉRIMENTALE DE L’IFAN »

« TRAITEMENT DES EAUX USÉES DOMESTIQUES PAR FILTRE IMMERGÉ Á GRAVIER NU COMPARAISON DE L’EFFICACITÉ DES SYSTÈMES Á YOFF-TONGHOR (DAKAR) ET Á LA STATION EXPÉRIMENTALE DE L’IFAN »

Suite à la sécheresse, le Sénégal est aujourd’hui confronté à de réelles difficultés socio-mer sans traitement. Ceci constitue non seulement une perte d’eaux parce qu’elles pourraient être recyclées, et réutilisées notamment pour le maraîchage, le reboisement, le développement de la pisciculture, mais aussi une source de pollution des eaux marines où le rejet est fait sans traitement préalable (anonyme 1, 2001). En observant le trajet des réseaux d’évacuation des eaux usées de Dakar, nous nous rendons compte que les destinations de toutes les eaux drainées est la mer. En effet les principaux canaux tels que le canal Hann, Fann, le canal IV, rejettent tous des eaux usées non traitées au niveau des baies de Dakar : Hann, Soubédioune. Des études menées par Niang (1995) ont montré que les poissons ont été contaminés par des métaux lourds (Pb, Cd, Mg…) et par des bactéries. Des difficultés de reproduction des poissons et des phénomènes d’eutrophisation ont également été notées dans ces zones.

Au niveau de la contamination des nappes phréatiques, déjà, en 1989, une étude de COLLIN et SALEM (ENDA/RUP, 1998) avait signalé des contaminations en nitrates très fortes dans les nappes de Pikine. Plus récemment une étude de Diop et Tandian en 1997 (ENDA/RUP, 1998) montre des taux de 360 mg/l de nitrates dans les nappes de Yeumbeul. Pour ces auteurs, l’origine de cette contamination serait liée d’une part aux latrines familiales non étanches et d’autre part par la minéralisation de la matière organique du sol. Il faut rappeler que la pollution des nappes en nitrates est très dangereuse car elle est à l’origine de la maladie des bébés bleus dite méthémoglobinémie. Par ailleurs, ces auteurs ont noté au niveau de certains puits de Yeumbeul la présence de CF, indicateurs de contamination fécale. Ceci est très alarmant quand on sait que la plupart de la population de cette zone s’alimente en eau de boisson à partir de ces puits.

Dés que la nécessité du traitement des eaux avant rejet c’est posé alors qu’il n’existait encore aucun procédé physico-chimique ou biologique de traitement intensif, le sol est apparu comme une alternative intéressante (Bechac et al, 1984). En effet les premiers centimètres du sol constituent une milieu biologiquement très actif, extrêmement riche en micro-organismes de toutes sortes (bactéries, protozoaires, champignons, microfaunes..). En plus la présence d’une végétation supérieure dont l’essentiel du système radiculaire se développe dans cette zone augmente considérablement le potentiel d’épuration du sol. Ensuite apparurent les techniques collectives intensives d’épuration dites techniques classiques qui assurent un traitement biologique des eaux usées (traitement secondaire). Ces techniques sont coûteuses pour les pays en voie de développement. A coté des techniques collectives intensives, se sont développés d’autres procédés, les techniques collectives extensives ou techniques rustiques qui sont basées surtout sur la capacité épuratrice des milieux naturels (ENDA/RUP, 1998).

Les terres arables représentent seulement 19% de la superficie du pays, soit 3.8 millions d’hectares. Ces terres sont réparties dans les zones éco-géographiques dans les proportions qui suivent : 57% au bassin arachidier, 20% en Casamance, 10% au Sénégal oriental, 8% au fleuve Sénégal, 4% dans la zone Sylvo-pastorale et 1% dans les niayes. Annuellement, les mises en valeur agricoles ne portent que sur 65% de ces terres, soient 2.5 millions d’hectares environ. En outre, l’essentiel de ces terres est cultivé sous pluie, de sorte que l’activité agricole est exposée aux aléas climatiques. Seulement 2% sont mises en valeur grâce à l’irrigation (anonyme 5, 2000).

PRÉSENTATION DE LA ZONE D’ÉTUDE

La moyenne d’age du chef de ménage est de 55 ans et celle de la femme gestionnaire de ménage est de 43 ans. 36% des membres du ménage sont des enfants de moins de 15 ans. Ce nombre croissant avec le niveau de dépense du ménage est 26% pour la femme contre 38% pour les hommes chefs de ménage, et représente 34% pour Tonghor traditionnel contre 43% pour les sous quartiers modernes (CRESP, 1998). 1.4.1. Contraintes liées à la situation géographique et topographique Le site de Yoff-Tonghor se trouve en bordure de mer et l’étude topographique faite a montré que les pentes sont toutes dirigées vers la mer. Ainsi l’ouvrage de traitement qui doit recueillir toutes les eaux de la zone doit obligatoirement se trouver à proximité de la plage si on veut un drainage gravitaire. Le procédé à mettre en place doit donc tenir compte des embruns marins qui bloquent, par la présence du sel, le développement des plantes flottantes comme Pistia stratiotes (Laitue d’eaux). De plus le programme d’assainissement étant proposé pour accompagner la mise en place d’un débarcadère, il n’est pas indiqué de proposer un procédé où les eaux à traiter sont en contact avec l’air libre ceci pour éviter le développement de mouches et moustiques dans la zone. Aussi les lagunages à microphytes et macrophytes seront proscrits pour ce programme (ENDA/RUP, 1998).

La caractérisation des eaux usées domestiques

Les eaux usées domestiques proviennent de différents usages domestiques de l’eau. Elles renferment essentiellement des matières organiques solubles, colloïdales et en suspension (Eckenfelder W.W., 1982). Ces eaux sont composées de 99,9% d’eau et de 0,1% d’autres matières – matières solides en suspension, à l’état colloïdal ou en solution – (Valiron, 1985). argé de flocons de boues, d’excréments, de résidus de végétaux ainsi que de lambeaux de papier et de matières synthétiques. Les matières polluantes se décomposent et deviennent d’autant plus fines que le rejet d’écoulement est long et turbulent (Radoux, sd). Elles comprennent : • Les eaux vannes : issues des toilettes (W.C.), elles sont constituées par les matières fécales Les eaux usées domestiques comportent différentes formes de pollution qu’il importe de déterminer pour une évaluation correcte des performances épuratoires de systèmes d’épuration. Cette pollution est globalement répartie en trois catégories marquent généralement bien le degré de pollution d’un effluent urbain ou même industriel. Le suivi de ce paramètre renseigne sur les possibilités épuratoires de certains ouvrages de traitement (décanteur). Elles sont composées essentiellement des matières organiques ou minérales. Leur origine résulte des déchets désagrégés en provenance des W.C., de la cuisine, de la buanderie, et des salles de bains (Diop S., 2002). La concentration en MES des eaux usées domestiques rejetées à Dakar est toujours très élevée et dépassent régulièrement 500 mg/l (Niang, 1995). Ce paramètre est exprimé en mg de matières sèches insolubles par litre.

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