APPROCHES DE LA SMART CITY

APPROCHES DE LA SMART CITY

Evolution de la définition de la Smart City a. La Smart City est avant tout l’intégration de nouvelles technologies dans la ville L’intelligence des villes est une notion plutôt récente qui représente une nouvelle approche de développement urbain en mettant en avant l’intégration de nouvelles technologies d’information et de communication (TIC) dans la gestion de la ville dans le but de répondre aux nécessités de celle-ci de façon efficiente. L’idée de l’intelligence d’une ville est donc de mettre en place un développement de ladite ville en utilisant les nouvelles technologies dans le but d’améliorer la qualité, la performance et l’interactivité des services urbains tout en réduisant au maximum les coûts en argent, temps et ressources ainsi qu’en améliorant les relations entre les citoyens et la gouvernance. De même, Hollands (2008) affirme que les infrastructures de réseaux digitaux sont un moyen pour favoriser le développement social, culturel et urbain.

PROBLEMATISATION THEORIQUE

En effet, certains auteurs considèrent que l’intégration de nouvelles technologies dans la ville est la clé de l’intelligence de la ville. Mahizhnan affirme que plus une ville est numérisée, plus elle sera « smart » car même si l’intelligence ne se réduit pas seulement à la numérisation des infrastructures et des services, le « degré de numérisation » est un indicateur de la ville à se transformer en un « territoire de qualité » (1999, p.13). Il ajoute que cela sera particulièrement vrai lorsque ce type d’intelligence est intégré dans toutes les strates de la vie économique d’un territoire (Mahizhnan, 1999). D’autre part, Attour et Rallet (2014) affirment que l’intelligence d’une ville se mesure à sa capacité { se développer tout en limitant les effets négatifs qu’entraînent la croissance de la ville sur les coûts financiers et sur le bien être des habitants. Selon eux, cette intelligence doit se former autour du développement des réseaux urbains qui sont considérés comme « l’épine dorsale de l’intelligence » en tant qu’infrastructures réceptives aux nouvelles technologies et dont l’amélioration permet de rendre la ville « plus fluide et, de là, plus habitable » (Attour et Rallet, 2014, p.253). En effet, Attour et Rallet considèrent que la Smart City est une ville qui développe ses infrastructures et services urbains qui « ont comme condition de possibilité la pervasiveness de l’information (sa propension { envahir de nombreux objets les rendant ainsi « intelligents ») et la connectivité des réseaux (de télécoms mais aussi d’électricité, d’eau, de transport…) et comme objectif d’assurer la compatibilité du développement urbain, des contraintes énergétiques et environnementales et de l’accroissement du bien-être de la population. » (Attour et Rallet, 2014, p. 260). De même, Komninos déclare qu’une ville devient plus intelligente lorsque la ville et les communautés utilisent de façon intégrée de nombreuses technologies électroniques et digitales transformant ainsi la qualité de vie et l’emploi sur le territoire concerné. L’intelligence d’une ville serait alors sa capacité à la territorialisation de ces pratiques de façon à lier les TIC et les habitants, afin d’encourager une approche innovante, basée sur l’apprentissage et le savoir mais également créative pour résoudre les enjeux de la ville (Komninos, 2002). Cette importance du développement des réseaux de transport et de communication pour une croissance équilibrée sont confirmées par d’autres auteurs tels que Glaeser et Shapiro (2003). Dans leur rapport, Damon et al. estiment que le potentiel du marché des Smart Cities dans les secteurs des infrastructures, de la technologie, de l’énergie et des services de sécurité atteindra les 3 300 milliards de dollars d’ici 2025, dont 15 milliards d’euros pour le secteur des technologies seulement (2013, p.252). De plus, Damon et al. affirment que : « la part des technologies dans les investissements étrangers dans les métropoles mondiales s’accroît : en 2012, 36 % des investissements internationaux à Paris étaient concentrés sur le secteur des IT (technologies de l’information) & télécom. Ces investissements surpassent depuis quelques années l’ensemble des autres types d’investissements dans ces métropoles, { commencer par les services ou le textile » (Damon et al., 2013, p. 252). Cependant, Hollands fait remarquer que les villes qui se focalisent sur le simple développement de nouvelles technologies et infrastructures de réseaux pour être intelligente risquent d’omettre les effets négatifs plausibles d’un développement de ce type (Hollands, 2008). Ainsi, de nouveaux auteurs parlent de la place centrale de l’humain dans la notion de la Smart City

Technologies et innovation ne sont pas suffisantes pour créer une Smart City

intégration du social au concept Hillier et al. (2004), affirment que c’est au cours des trente dernières années que la vision de l’innovation, tout d’abord purement technologique, est devenue également sociale et organisationnelle. Selon eux, « Schumpeter était le premier à souligner la nécessité de l’innovation sociale afin de garantir l’efficacité au moins partielle d’une innovation technologique (Schumpeter, 1942) » (Hillier et al., 2004, p.10). Cependant, Hemment et Townsend soulignent que jusqu’{ nos jours l’intelligence des villes se repose bien trop sur le rôle des grandes compagnies technologiques et des gouvernements pour l’intégration des nouvelles technologies dans la ville et, en conséquence, il en résulte que les solutions aux enjeux de la ville sont proposées de manière majoritairement top-down et restent concentrées uniquement sur l’efficience, l‘innovation et la transparence. Cependant, les auteurs soutiennent qu’il manque { cette approche des aspects plus humains qui sont ceux des individus, des communautés et petits commerces telles que leurs aspirations, anxiétés et compétences. (Hemment et Townsend, 2013, p.iii). De plus, Caragliu et al. (2011) affirment que pour que les individus puissent bénéficier des technologies, il est nécessaire qu’ils puissent l’utiliser en un premier lieu. Ils ajoutent que : « when social and relational issues are not properly taken into account, social polarization may arise as a result. This last issue is also linked to economic, spatial, and cultural polarization » 1 (Caragliu et al., 2011, p.68). En effet, beaucoup de problèmes liés au développement d’agglomérations urbaines sont généralement résolus grâce à des moyens créatifs, du capital humain, la coopération des acteurs concernés et de l’innovation ou technologies, ce qui représente finalement, pour Caragliu et al., des solutions intelligentes (Caragliu et al., 2011). Shapiro par exemple prouve par ses calculs que le capital humain dans les villes contribue au développement urbain (croissance démographique, salaires et immobilier) en améliorant la productivité et l’économie mais également en incitant { aménager le territoire (équipements et autres infrastructures), ce qui contribue à améliorer l’attractivité des villes, notamment aux yeux de la classe créative2 (Shapiro, 2006). Ainsi, intégrer l’aspect humain dans la notion de l’intelligence des villes semble être une nécessité pour un bon développement de la ville en tant que Smart City. De nombreux acteurs soulignent alors le rôle central des habitants dans la ville intelligente. Komninos définit les Smart Cities comme des territoires « with high capacity for learning and innovation, which is built-in the creativity of their population, their institutions of knowledge management and their digital infrastructure for communication and knowledge management » 3 (2006, p.6). Kourtit et Nijkamp affirment quant à eux que des structures de gouvernance de confiance ainsi que des habitants créatifs et ouverts d’esprit sont la base d’une Smart City grâce à leurs efforts pour augmenter la productivité de la ville ; ainsi dans une Smart City la productivité croît plus rapidement que les problèmes de développement local (Kourtit et Nijkamp, 2012). Plusieurs auteurs et acteurs de la ville insistent sur le fait que la ville est quelque chose qui s’adapte et qui devrait s’adapter { ses habitants. Ainsi, Cointe et Virilli justifient que « la Smart City est bien un concept protéiforme, qui s’adapte { la ville, dont il est question » (Cointe et Virilli, 2014). Ils citent alors Missika qui qualifie la ville intelligente de « poumon qui vit au rythme de ses habitants » et Moreno qui affirme que « la Smart City n’est pas un logiciel mais doit être une méthode qui vise { faire de la ville un lieu de vie et de rencontre » (Cointe et Virilli, 2014). Ainsi, il semble nécessaire d’inclure l’humain lors de la création de la Smart City ; cependant ceci soulève beaucoup de questions notamment pour ce qui est de la gouvernance : qui crée la Smart City et comment la crée-t-on ?

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