Contexte et formes de violences sexuelles

Le terme de violence sexuelle est défini, selon l’OMS, par :

« Tout acte sexuel, tentative pour obtenir un acte sexuel, commentaire ou avances de nature sexuelle, ou actes visant à un trafic ou autrement dirigés contre la sexualité d’une personne en utilisant la coercition, commis par une personne indépendamment de sa relation avec la victime, dans tout contexte, y compris, mais sans s’y limiter, le foyer et le travail. » .

Ces violences regroupent entre autre le viol, la prostitution forcée, le harcèlement sexuel et bien d’autres formes.

REVUE DE LA LITTERATURE SUR LES VIOLENCES SEXUELLES 

Situation dans le monde et à Madagascar

Dans le monde

Les problèmes de violences sexuelles occupent une place importante en Santé Publique partout dans le monde. Elles sont surtout rencontrées chez les adolescentes . La population adolescente est estimée à 1,2 milliards de la population mondiale dont environ 90 % vivent dans les pays en développement et 600 millions sont de sexe féminin .

Selon l’OMS, les seules ressources disponibles sont les cas signalés aux autorités judiciaires. Ceci démontre l’existence du fait, mais ne montre que la « partie émergée de l’iceberg » . Dans le rapport de l’OMS, le pourcentage des femmes déclarant avoir été victime de violence sexuelle varie entre 1 à 8 % dans le monde. Dans les pays industrialisés, les probabilités qu’une femme soit violée est élevée. Six enquêtes menées aux Etats-Unis ont révélé qu’entre 14 – 20 % des femmes seront victimes de viol au moins une fois dans leur vie.

Les causes de ce faible taux de données acquises s’expliquent par la non-dénonciation de l’agression par les victimes. Ceci pour plusieurs raisons telles la honte, le sentiment de culpabilité, le rejet de la société, la crainte de représailles, l’insuffisance de connaissances des services, l’absence de soutien.

A Madagascar

Madagascar n’est pas épargné par le phénomène. Mais comme partout dans le monde, le problème est difficile à cerner car peu de données sont exploitables ou sont insuffisantes d’où l’absence de statistiques nationales sur le sujet (10). Du fait des diverses raisons favorisant la « loi du silence », ces victimes appréhendent de porter plainte. Parmi ces raisons, on peut citer le lien de parenté de l’agresseur, la primauté de la pudeur sur les dommages, la corruption dans les différents milieux, l’ignorance des procédures de plainte à suivre, la difficulté des démarches administratives, la peur des représailles, la méconnaissance des droits de la femme (10). L’ignorance sur la nécessité de consulter rapidement un médecin pour constater les violences constitue aussi un frein dans la prise en charge adéquate des ces victimes.

A Madagascar, en 2010, d’après une enquête du SLMV (Service de lutte contre les Maladies liée au mode de vie) sur 2231 victimes, 0,7 % ont été victimes de violences sexuelles. Une étude menée en 2000 à Antananarivo a montré une fréquence mensuelle de 27 cas de violences sexuelles ; le nombre de cas annuel enregistré auprès de la Brigade des Mœurs Tsaralalàna était de 324 (11). Des études successives en 2006 ont démontré une proportion non négligeable de jeunes filles, scolarisées en secondaire, victimes de violences sexuelles (4, 6) et 200 étudiantes qui ont déclaré avoir déjà eu des rapports sexuels non consentis .

Contextes et formes de violences sexuelles 

Les violences sexuelles peuvent revêtir plusieurs formes et se rencontrer dans diverses situations à la maison, à l’école, au sein de la communauté.

Contextes de survenue des violences sexuelles 

Le viol est rencontré dans diverses situations : le viol commis par un partenaire intime (6 – 59 %), la violence sexuelle à l’encontre des handicapés (13), viol commis par des étrangers dans le cadre du tourisme sexuel exercé sur les enfants (14), viol collectif où il y a au moins deux agresseurs. Les autres contextes sont le viol systématique lors des conflits armés (entre 250 000 et 500 000 femmes lors du génocide de Rwanda en 1994), à l’école (32 %) et le viol en milieu médical (16,8 %) .

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Le harcèlement sexuel se rencontre surtout dans le milieu du travail (40 – 50 % des femmes de l’Union Européenne) et dans le milieu scolaire (Malawi avec 50 % des écolières) .

Différentes formes de violences sexuelles 

Les violences sexuelles peuvent être divisées en 3 catégories :
– Les abus sexuels sans contact physique (harcèlement, la prostitution forcée)
– Les abus sexuels avec contact corporel (attouchements, les caresses,…)
– Les viols définis par un « acte de pénétration, même légère, de la vulve ou de l’anus imposé notamment par la force physique en utilisant un pénis, d’autres parties du corps ou un objet » (1) ou les tentatives de viol.

D’autres aspects de ces violences sexuelles sont les mutilations génitales féminines, l’avortement forcé, la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle,…

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : REVUE DE LA LITTERATURE SUR LES VIOLENCES SEXUELLES
I – Situation dans le monde et à Madagascar
II – Contexte et formes de violences sexuelles
III – Facteurs de risque
IV – Conséquences
V – Examen médical
V.1 – Rôles du prestataire et objectifs de l’examen
V.2 – Anamnèse
V.3 – Examen physique
V.3.1 – Victime se présentant 72 heures après l’agression
V.3.2 – Victime se présentant plus de 72 heures après l’agression
V.3.3 – Examen physique et génital chez l’enfant victime de viol
V.3.4 – Collecte de preuves médico-légales
VI – Prescription du traitement
VI.1 – Agression de moins de 72 heures
VI.2 – Agression de plus de 72 heures
VI.3 – Traitement de l’enfant victime de viol
VI.4 – Continuité et suivi de prise en charge
VI.5 – Orientations possibles d’une victime de violences sexuelles
VII – Incapacités temporaires de travail et permanente partielle
VIII – Certificat médical ou rapport d’expertise médico-légale
IX – Prévention des violences sexuelles
DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE
I – Cadre de l’étude
II – Types de l’étude
III – Durée de l’étude
IV – Période de l’étude
V – Populations d’étude
VI – Modes d’échantillonnage
VII – Tailles de l’échantillon
VII – Variables étudiées
VIII – Méthodes de collecte des données
IX – Mode de saisie et d’analyses des données
X – Tests statistiques
TROISIEME PARTIE
A – RESULTATS
I – Etude quantitative : les caractéristiques des violences sexuelles
I.1 – Au niveau des formations sanitaires publiques
I.1.1 – Le nombre de cas recueillis
I.1.2 – Le profil des victimes
I.2 – Au niveau de la Police Judiciaire à Tsaralalàn
I.2.1 – Le nombre de cas recueillis
I.2.2 – Les différents types de violences sexuelles rencontrés
I.2.3 – Le profil des agresseurs
II –Etude qualitative : la prise en charge médico-psychosociale
II.1 – Les prestataires ayant fait une expertise
II.2 – Le degré de prise en charge médico-psychosociale
II.3 – L’anamnèse, les plaintes et la description des lésions
II.4 – La collecte de preuves médico-légales
II.5 – Les dépistages sérologiques et toxiques
II.6 – La conduite à tenir
II.7 – La prise en charge psychologique
II.8 – Les facteurs favorisant une prise en charge correcte
II.9 – Le suivi des victimes
B – COMMENTAIRES
1 – Les caractéristiques des violences sexuelles
2 – La prise en charge médico-psychosociale
3 – L’absence de module sur la prise en charge dans la formation initiale médicale et paramédicale
4 – La disponibilité des services de prise en charge médico-psychosociale
C – SUGGESTIONS – RECOMMANDATIONS
CONCLUSION
ANNEXES
BIBLIOGRAPHIE

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