Cours science économique les mathématiques

Cours science économique les mathématiques, tutoriel & guide de travaux pratiques en pdf.

Il y a aussi des raisons épistémologiques pour l’utilisation des Mathématiques par l’Économie. Surtout deux raisons qui sont de toute façon liées.
D’abord l’influence de la Physique sur l’Économie. En effet au moment de la formation et de la consolidation de l’Économie comme science, la Physique – une Physique encore déterministe – était la grande science, la référence. La Physique l’a influencée comme limite de scientificité à atteindre25. Sa méthodologie était La Méthodologie. Plusieurs mots de l’Économie ont été importés de la Physique26.
L’influence du positivisme sur l’Économie est immense et avec elle la relevance des rapports de simultanéité, de la quantification, de l’utilisation des Mathématiques. A ce sujet, Pareto27, Friedman, Lipsey, Samuelson28 sont des auteurs à étudier, sans exclusion d’autres29.
Et la possibilité ou non de l’expérimentation est un fantôme toujours présent. On le trouve dans les faux exemples historiques d’Adam Smith, dans la lutte de classes de Marx, dans l’introspection psychologique des utilitaristes, dans école historique, dans « l’économie expérimentale » d’aujourd’hui. Et aussi dans l’utilisation de la Statistique et de l’Économétrie :
“These three accounts of the history of statistics by Porter, Stigler and Klein are all very suggestive, but why should economists want to adopt the new statistical methods ? What was it about the new methods that justified early twentieth-century econometricians’ optimism about their approach? The answer lies in the ability of the new statistical methods to provide a substitute for the experimental method” (MORGAN, 1992, 9).30
Sur ce sujet il faut encore rappeler ce que dit MINGAT & Autres, parce qu’ils font une lecture intelligente « on pourrait dire qu’une estimation économétrique, qui doit être claire et transparente, pour être appréciée par la collectivité des chercheurs, ne produit pas un test de la théorie mais un élément empirique d’appréciation qui, comparé, cumulé, avec de nombreux autres travaux empiriques du même genre, aidera la communauté scientifique à établir le degré de corroboration et les limites de la théorie » (1985, 276)31.

Mais il y a aussi d’autres raisons tout à fait différentes pour l’utilisation des Mathématiques.
D’abord l’utilisation des Mathématiques facilite la conquête d’une position sociale et politique. Les Mathématiques font le sérieux, montrent que leurs utilisateurs sont de « vrais » chercheurs, dominant des connaissances non accessibles à tout le monde. Les lecteurs et les politiques peuvent ne pas comprendre ce qui est écrit, mais c’est mieux de ne pas montrer l’ignorance et accepter la validité de ce qui est présenté. Et pour ces lecteurs la « science », quoique sociale et aussi avec de mauvaises influences, est neutre32 :
“We have also discussed the way in which this technical turn was strongly reinforced by economists’ and patrons’ need for self-defense during the cold war. Here it was not so much what the technical tools would do for you but rather that the language of mathematics and statistics appeared to be more neutral and objective, and more difficult for the layperson and politician, leaving the economists less open to outside attacks and politician, leaving the economist less open to outside attacks about matters of belief. Formalism therefore economists both tools for practical usage and neutral language for expression and for safe professional argument” (MORGAN & RUTHERFORD, 1998, 18).
D’après d’autres auteurs (ALMODOVAR & BRANDÃO) l’institutionnalisation de la profession d’économiste, la reproduction des fonctions et des rôles sociaux des économistes, la conquête d’espace social et politique exigent un langage hermétique, difficile, spécifique de son statut professionnel. Les Mathématiques remplissent cette fonction symbolique et idéologique33.
Comme le dit GALBRAITH34 l’utilisation des Mathématiques peut être aussi une diversion idéologique. Pendant le temps d’utilisation des techniques mathématiques – et il s’agit toujours d’utilisation de techniques et d’un langage spécifique – les étudiants ne pensent pas aux questions sociales, oublient que les nombres représentent des hommes, des rapports sociaux.

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On peut trouver des ouvrages économiques utilisant des Mathématiques dans n’importe quelle école, n’importe quel paradigme, mais dans le dernier quart de siècle les auteurs néoclassiques sont les champions de l’utilisation des Mathématiques.

Quelles sont les raisons les plus importantes pour l’utilisation des Mathématiques que nous avons énoncées ?
Nous ne savons pas le dire et nous ne connaissons pas de quantifications justifiables d’une option. De toute façon, deux choses sont sûres: (1) la possibilité de juxtaposition de plusieurs dynamiques ; (2) leurs poids relatifs dépendent des époques historiques et des contextes sociaux.

Nous parlons de l’interdisciplinarité35 entre Économie et Mathématiques, ce qui pose le problème de savoir de quel type d’interdisciplinarité nous parlons.
Il faut bien le dire : il n’y a pas de constitution d’une nouvelle discipline, moins encore d’une nouvelle science, en résultat de l’articulation de l’Économie et des Mathématiques. Ce qu’on appelle « Économie Mathématique » n’a pas d’objet théorique spécifique (l’Économie Mathématique peut étudier différents sujets économiques !) et elle n’a pas une autonomie épistémologique dans le cadre de l’Économie. L’Économie Mathématique est une désignation pour une pluralité d’ouvrages qui utilisent presque exclusivement le langage et la logique mathématique. Pendant quelques périodes et contextes elle a eu une certaine autonomie institutionnelle, mais conjoncturelle et insuffisante pour la mise en place d’une nouvelle discipline scientifique.
Il n’y a pas de formation d’une nouvelle science mais il y a, bien sûr – nous en avons déjà vu quelques aspects – la formation de nouvelles connaissances. L’Économie profite des découvertes des Mathématiques36 : concepts, problématiques, méthodologies37.
Mais l’interdisciplinarité est, dans presque toutes les situations, bien plus modeste. Les Mathématiques sont un instrument pour la déduction et la quantification, sont un langage, sont une technique pour obtenir des résultats. L’Économie utilise les Mathématiques. Ce n’est que cela et c’est déjà beaucoup.

Le mariage semble bien marcher ! Il y a les attitudes plus idéologiques que scientifiques, plus d’oubli que de connaissance, plus de vanité que de surveillance épistémologique, mais on peut dire, avec une certaine condescendance, que tous les matrimoines ont leurs bisbilles. L’utilisation des Mathématiques pose des questions de diffusion des connaissances, notamment sur des matières fondamentales pour le quotidien des citoyens, mais on peut dire que la Science présente toujours de telles choses.

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