ÉTAYAGE-SOUTIEN En psychanalyse

ÉTAYAGE-SOUTIEN En psychanalyse

« Seul, je ne sais ce que je serais devenu dans la défaillance entière de mes forces et de mon courage, mais Dieu, comme par précaution, a rangé autour de mon âme chancelante des amis qui la soutiennent, l’étayent, la maintiennent en elle-même avec la plus touchante sollicitude. » Mr de Guérin, Corresp.,1834, p. 162. Le mot étayage est la traduction en français des mots allemand sich anhelen et Anhelung qui signifient respectivement : prendre appui sur et appui. Ces termes, comme le souligne Le Guen (2008), appartiennent à la langue commune. Le terme étayage rend compte d’un phénomène d’appui d’un élément sur un autre qui lui sert de support. Nous reprendrons ici la définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexical (CNRTL) : Le mot étai est utilisé dans le champ lexical de la navigation : « Gros cordage ou câble métallique servant à soutenir un mât de navire du côté de l’avant et l’empêchant de se renverser vers l’arrière. ». Il est aussi utilisé dans le champ lexical de la construction : « Grosse pièce de charpente en bois ou en métal dressée obliquement ou verticalement pour servir provisoirement d’appui, de support à une construction ou une partie de construction (mur, voûte, toit, etc.) ». Par extension : Tout ce qui sert de support, de point d’appui pour assurer l’équilibre de quelque chose. Figure littér. Aide, appui, soutien (d’ordre matériel, moral, affectif ou spirituel, etc.).

La notion d’étayage dans l’œuvre freudienne est principalement associée à la théorie des pulsions. Pourtant comme nous le verrons, Freud, sans utiliser explicitement le mot étayage, y fait référence, aux prémices de l’histoire de la psychanalyse, en 1895 dans L’Esquisse. Il est le premier à mettre en évidence le rôle d’étai de la mère auprès de son bébé. Ayant délaissé cette idée au profit de la théorie des pulsions, ce sont les psychanalystes post-freudiens qui ont mis indirectement en évidence la place centrale de l’étayage à travers les théories des relations d’objet. L’étayage dans la réalité permet la constitution des objets externes et internes, qui ont un rôle fondamental dans le développement psychoaffectif du bébé. Nous proposons ici de faire une synthèse de ces travaux. compte de la relation entre les pulsions sexuelles et les fonctions d’auto-conservation. Par ce terme, Freud a pu distinguer et décrire la relation primitive et étroite des pulsions sexuelles aux pulsions d’auto-conservation. Les pulsions sexuelles, avant de devenir autonomes, ont besoin des fonctions vitales car elles fournissent aux pulsions sexuelles une source organique, une direction et un objet. Les pulsions sexuelles s’étayent sur les fonctions corporelles et vitales. Cette relation est visible dans l’activité orale du nourrisson. La succion du sein procure un plaisir qui n’est pas réductible à l’assouvissement pur et simple de la faim, une sorte de prime de plaisir qui s’étaye sur l’acte de s’alimenter : « […] la satisfaction de la zone érogène était au début étroitement associée à la satisfaction du besoin de nourriture » (1 a). Puis, dans l’expérience de la répétition, « […] le besoin de répéter la satisfaction sexuelle se séparera du besoin de nutrition » (1 b). La sexualité ne devient donc autonome que secondairement et, une fois abandonné l’objet extérieur, fonctionne sur le mode auto-érotique.

CLiCours.com :  Mémoire Online: Amélioration de la performance de la maintenance des installations de l’éclairage public en se basant sur les outils de Lean management

Freud reprend le terme étayage en 1905 dans le chapitre sur la « découverte de l’objet ». La genèse du choix d’objet telle que la décrit Freud, est celle-là même qu’il qualifiera plus tard de « type de choix d’objet par étayage » (1 d). Le choix d’objet par étayage se réalise sur le modèle d’une des personnes importantes de la petite enfance qui a assuré sa survie. Dans Pour introduire le narcissisme (1914), Freud distingue et oppose ce choix d’objet par étayage au choix d’objet narcissique qui s’effectue sur le modèle du moi propre. Ces deux choix d’objets coexistent chez chaque individu, dans des proportions variables. Dans le choix d’objet narcissique : on aime ce que l’on est soi-même, ce que l’on a été soi-même, ce que l’on voudrait être soi-même et la personne qui a été une partie du propre soi. Dans le choix d’objet par étayage on retrouve selon Freud, la femme qui nourrit et l’homme qui protège.

 Cours gratuitTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *