Etude sérologique de la leptospirose canine

Etude sérologique de la leptospirose canine

La leptospirose est une zoonose causée par des spirochètes. Ce sont des bactéries appelées leptospires qui affectent plusieurs espèces animales. Sa distribution est mondiale mais elle est prédominante dans les régions tropicales où les conditions de transmission sont favorables (Faine et al. 1999 ; Vinetz, 2001). L’espèce pathogène, Leptospira interrogans, comprend plus de 200 sérovars regroupés en vingt sérogroupes (OIE, 2008). La leptospirose est un sujet de préoccupation majeure en santé publique en raison de sa distribution mondiale et de ses taux de létalité potentiellement élevés si elle n’est pas traitée. En effet, cette maladie est responsable de plus de 500.000 cas humains avec une létalité pouvant dépasser 10 %. Dans certaines zones, l’incidence peut atteindre 975 cas pour 100 000 habitants (OMS, 2011). Au Sénégal, 3,1% des 289 donneurs de sang testés ont été positifs à la leptospirose (Kabamba, 1971). Vue sa gravité médicale, la leptospirose est considérée comme une zoonose majeure. Le risque de transmission à l’homme est augmenté par la présence étendue de leptospires dans l’environnement naturel (eau et sol) et chez les animaux domestiques (Desachy, 2005 ; DASS, 2007). L’homme se retrouve comme hôte occasionnel dans un cycle impliquant les animaux sauvages et domestiques. Le réservoir animal, principalement les rongeurs, excrètent les leptospires dans ses urines et contamine ainsi l’environnement hydrique, propageant ainsi la maladie à d’autres animaux ou à l’homme (Aviat et al., 2004 ; Picardeau et al., 2010). L’infection se produit soit de façon direct, par contact avec l’urine d’animaux infectés, soit de façon indirecte par contact avec l’eau, le sol et l’utilisation d’ustensiles souillés par les urines (). Certaines catégories de personnes comme les éleveurs et agriculteurs, les égoutiers, les mineurs, le personnel des abattoirs et les vétérinaires sont les plus exposées (Ristow, 2007). Il en est de même pour les personnes qui ont des activités de loisirs comme la baignade, le canotage, la pêche en eaux douces (Céspedes et al., 2003; Sessions et Greene, 2004 ; Nardone et al., 2000; Goldstein, 2010). Diverses espèces animales sauvages et domestiques (bovins, porcins, ovins, équins, canins, cerfs etc.) sont réceptives à l’agent infectieux; ils constituent, dans la plupart des cas, des réservoirs naturels des leptospires pathogènes (Vinetz, 2001). Les principaux réservoirs sont les rongeurs qui peuvent garder les leptospires sans souffrir de la maladie (Aviat et al, 2004). Le chien agit comme propagateur de la maladie vu qu’il maintient une relation étroite avec l’homme ainsi qu’avec d’autres animaux domestiques. Chez le chien infecté, la leptospirose est fatale si elle n’est pas traitée avec rapidité car l’animal succombe suite aux dommages rénaux et hépatiques provoqués par cette maladie. Cependant, il arrive souvent que le chien 2 récupère de la maladie mais reste un excréteur des leptospires durant toute sa vie (McDonough, 2001). Au Sénégal, on observe la prolifération des chiens errants dont certains, les errants occasionnels, passent leur journée dans la rue ou dans les dépotoirs et rentrent à la maison. Ces chiens sont très dangereux sur le plan épidémiologique car ils peuvent s’infecter plus facilement des zoonoses et, quand ils arrivent à la maison, ils peuvent les transmettre aux propriétaires et surtout aux enfants (Elanga, 1991). Malgré l’importance médicale et sanitaire de la leptospirose et le rôle du chien dans la transmission de cette maladie (McDough, 2001 ; OMS, 2011), cette zoonose reste très peu documentée en Afrique de l’Ouest en général et au Sénégal en particulier. Quelques études ont été menées sur les animaux de rente tels que les bovins, les ovins et les caprins (Konté et al., 1990a ; Konté et al., 1990b ; Konté, 1990) en laissant de côté les animaux de compagnie alors que, comme l’a montré les travaux de Céspedes et al. (2007), ces derniers constituent l’une des principales sources d’infection pour l’homme.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE SUR LA LEPTOSPIROSE

 La leptospirose est une zoonose cosmopolite, causée par des bactéries spirochètes appelées leptospires. Elle attaque aussi bien les animaux domestiques que sauvages ainsi que l’homme. La leptospirose a une symptomatologie variée (Glynn et al., 2008) ; chez le chien, c’est une maladie principalement caractérisée par de l’ictère, de l’hémorragie, de la fièvre, des myalgies des membres postérieurs, la conjonctivite, les dysfonctionnements rénaux et hépatiques (Jones et al., 2006). L’importance de cette maladie chez le chien est principalement hygiénique et sanitaire du fait qu’il s’agit d’une zoonose.

Bref historique de la maladie

La leptospirose est une maladie connue depuis 1886, année durant laquelle le médecin allemand Adolf Weil l’a décrit comme une maladie infectieuse caractérisée par la splénomégalie, la néphrite et l’ictère. Il avait observé ces symptômes chez les travailleurs agricoles à Heidelberg en Allemagne (Weil, 1886; Van der Hoeden, 1958 cités par Sandow et Ramírez, 2005). En 1907, Stimson a observé pour la première fois les leptospires sur des coupes histologiques de rein provenant d’un patient chez lequel avait été diagnostiquée par erreur la fièvre jaune (Faine et al., 1999). Une équipe de scientifiques japonais conduite par Inada et Ido a été la première à isoler sur milieu de culture l’agent pathogène qui cause « la maladie de Weil » au début de l’année 1915 (Faine et al. 1999). L’année suivante, cette même équipe a isolé la bactérie chez les rats gris (Rattus noruegicus) non malades (Sandow et Ramirez, 2005). Les premières informations sur la leptospirose chez les animaux datent de 1852, quand une maladie appelée « Maladie Stuttgard » a été décrite chez les chiens (Sandow et Ramirez, 2005). Dans le continent africain, les premiers diagnostiques de la leptospirose datent de la deuxième moitié du XXe siècle. Entre 1930 et 1960, cette maladie fut successivement rapportée en Algérie, Tunisie et Somalie. Au Sénégal, un chien originaire de Dakar a été diagnostiqué de leptospirose par Dalasse et Tidori en 1956. Le sérovar L. icterohemorragiae était à l’origine de l’infection. Dix ans plus tard (en 1966), Payet et ses collaborateurs ont rapporté un cas humain. Les études réalisées par Kabamba (1971) ont montré que les animaux domestiques et les rongeurs étaient infectés par différents sérovars de leptospires.

 Classification

Les leptospires sont des bactéries qui appartiennent à l’ordre des Spirochètes (Spirochaetales), famille Leptospiraceae, genre Leptospira. Le genre Leptospira est divisé en deux espèces (Dutta et Christopher, 2005 ; Jones et al. 2006 ; DASS, 2007) : – Leptospira interrogans comprenant approximativement 230 sérovars pathogènes pour l’homme et les animaux rassemblés selon certaines homologies antigéniques en 23 sérogroupes. – Leptospira biflexa, ne comportant que des saprophytes non pathogènes. Il est reparti en 28 sérogroupes comprenant environ 63 sérovars. La distinction entre les souches L. interrogans et L. biflexa est essentiellement basée sur leur aptitude à infecter l’animal, leur résistance relative à l’action des ions cuivre bivalents, leurs caractéristiques serologiques et leur condition de culture (OMS, 1967). Dans la classification phénotypique, le taxon de base du genre Leptospira est le serovar (DASS, 2007). La taxonomie et la classification des leptospires restent encore incomplètes ; actuellement, grâce à l’utilisation de nouveaux outils et méthodes de classification, cette taxonomie est entrain de changer et il existerait jusqu’ à dix espèces au sein du genre Leptospira (Holt et al., 1994).

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