La salinisation des terres

 La salinisation des terres

Généralités et définition

La salinisation est l’accumulation de sels tels que le sodium, le potassium, le magnésium, le calcium, les chlorures, les sulfates, les carbonates et les bicarbonates dans le sol (FAO, 2015). Elle devient problématique dans la mesure où elle entraine un accroissement de la pression osmotique qui rend l’eau plus difficilement mobilisable par les plantes, une toxicité de certains ions pour les végétaux (Cl- et Na+ ) et une dégradation du sol (modification de l’état structurale, diminution de la conductivité hydraulique etc.) (FAO, 2006). Un sol peut être reconnu comme affecté par le sel lorsque certains changements apparaissent à la surface du sol, comme l’apparition d’une croûte de sel blanche sur un terrain nu et le développement de taches salines dans le sol (Srivastava et al., 2019). Elle est mesurée par la conductivité électrique (CE) de l’eau du sol, qui est une évaluation de la concentration en sel total dissous (Hillel, 2005). Selon Chakraborty et al., (2019) un sol est salin lorsque sa conductivité électrique est supérieure à 4 déci-siemens par mètre (dS/m) à 25°C correspondant à 40 mM de NaCl soit 2,4 g/l (Chakraborty et al., 2019). 2) Les types de salinisation Selon la concentration en sels et le pourcentage de sodium échangeable, certains auteurs ont catégorisé les sols en trois types (salin, sodique ou salin-sodique) (Chen et al., 2017 ; Choudhary et Kharche, 2018). – les sols salins qui ont un pourcentage de sodium échangeable autour de 15, un rapport d’adsorption de sodium inférieur à 13 (à 25 °C), une conductivité électrique supérieure à 4 dS/m et un pH inférieur à 8,5. – les sols sodiques qui ont une conductivité électrique généralement inférieure à 4 dS/m, le sodium échangeable est supérieur à 15, le pH de ces sols se situe entre 8,5 et 10,5. Le cation le plus répandu d’un sol sodique est le sodium et le bicarbonate est le plus complémentaire. – les sols salin-sodiques qui présentent un pourcentage de sodium échangeable supérieur à 15, un rapport d’adsorption de sodium supérieur à 13 (à 25 °C), une conductivité électrique supérieure à 4 dS/m et un pH inférieur à 8,5. Par conséquent, un sol avec des sels solubles excessifs est reconnu comme sol salin ; à haute teneur en sodium échangeable comme sodique et avec excès de sels et de sodium échangeable La salinisation des terres 5 en tant que sol salin-sodique (Srivastava et al., 2019). Le tableau suivant indique la classification des sols en fonction de la conductivité électrique, le pourcentage de sodium échangeable, le pH et le rapport d’absorption du sodium (Choudhary et Kharche, 2018). Tableau 1: la classification des sols en fonction de la conductivité électrique (CE), le pourcentage de sodium échangeable (PSE), le pH et le rapport d’absorption du sodium (Choudhary et Kharche, 2018) Types de sol CE (dS/m) à 25°C pH PSE Rapport d’absorption du Na Salin > 4 < 8 < 15 < 13 Sodique < 4 > 8 ,5 >15 >13 Salin-sodique >4 < 8 ,5 >15 >13 3) Causes La dynamique des terres salées est sous l’influence de plusieurs facteurs. Selon leur source de provenance, les causes de la salinisation des terres sont classées en deux groupes ; celles qui ont une origine naturelle qualifiées de « primaires » et celles d’origine anthropique dites « secondaires » (Bensidhoum et Nabti, 2019). Selon la FAO, près de 80% des terres salinisées ont une origine primaire et 20% sont secondaire (FAO, 2006). a) La salinisation primaire La salinisation primaire ou naturelle résulte de l’accumulation des sels dans le sol à travers un long processus naturel de dégradation des roches salines et des apports éoliens des sels des mers et des océans (Mermoud, 2006). Elle implique l’accumulation de sels par des processus naturels en raison des teneurs en sels élevées dans les matériaux d’origine, les eaux souterraines, ou l’accumulation à long terme des sels contenus dans les précipitations (FAO, 2015). Elle peut être induite par les inondations périodiques par de l’eau de mauvaise qualité ou la remontée d’une nappe phréatique salée près de la zone racinaire (Mermoud, 2006). La migration et le dépôt des sels dissous dans l’eau dépendent des caractéristiques du milieu naturel et des précipitations (Attabi et taiba, 2019). Les sels de l’océan constitués principalement par le chlorure de sodium sont amenés par le vent et déposés par la pluie au niveau continental (Noomene, 2011). Dans les régions arides et semis arides, le lessivage et le transport en profondeur des sels dissous n’existent plus et l’évapotranspiration importante favorise la concentration des sels dans le sol (Jvarlin, 2012). 6 b)

La salinisation secondaire

La salinisation secondaire est le résultat des activités humaines qui modifient l’équilibre hydrologique du sol entre l’eau appliquée (irrigation ou de pluie) et de l’eau utilisée par les cultures (transpiration) (Boukortt, 2016). Elle est causée par diverses activités anthropiques et les plus fréquentes sont : – Le remplacement de la végétation pérenne avec des cultures annuelles : les arbres absorbent plus d’eau que les plantes cultivées de ce fait, si la nappe est salée et peu profonde le déboisement peut provoquer la migration des ions sels dans les horizons supérieurs et inférieurs du sol (Goyal et al., 2019). Le réchauffement climatique pourrait aggraver le problème et rendre beaucoup plus floue la frontière entre la salinisation d’origine naturelle et d’origine humaine (Jvarlin, 2012).

Le défrichement des terres

contrairement à la végétation primitive, les cultures laissent le sol nu durant certaines périodes de l’année et les pluies survenant à ces moments ne seront pas absorbées et provoqueront le même phénomène de diffusion du sel vers la surface. – L’application d’engrais chimiques avec un manque de précipitations ou de drainage appropriés pour lessiver les sels supplémentaires peut également entrainer la salinisation du sol (Srivastava et al., 2019). – l’irrigation avec des eaux de mauvaises qualité : si l’eau d’irrigation appliquée contient des quantités relativement significatives d’ions sodium (Na+ ) par rapport aux quantités présentes d’ions magnésium (Mg2+) et d’ions calcium (Ca2+), et en particulier si l’ion bicarbonate (HCO3 – ) est aussi présent ; les ions sodium peuvent alors saturer la majeure partie des sites d’échanges colloïdaux entrainant la formation de sols sodiques (Choudhary et Kharche, 2018). 

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