L’ALOPECIE CICATRICIELLE CENTRALE CENTRIFUGE

L’ALOPECIE CICATRICIELLE CENTRALE CENTRIFUGE

PRATIQUES CAPILLAIRES DES FEMMES AFRICAINES 

Défrisage par la chaleur 

Inventé en 1800 en France et commercialisé aux Etats-Unis en 1900 par madame CJ Walker, le peigne chaud (Figure 2 et 3) est la première méthode utilisée par les femmes africaines pour lisser leurs cheveux [10]. Cette technique fait appel à un peigne métallique chauffé entre 150 et 250 °C, puis passé dans la chevelure préalablement enduite de vaseline. Au Sénégal, il est largement abandonné au profit du défrisage «à froid». Les risques du défrisage à chaud sont essentiellement les brûlures directes de la peau et des cheveux, la fragilité capillaire et la trichorrhexie noueuse .

 Défrisage chimique ou défrisage «à froid» 

Cette alternative au défrisage par la chaleur fait appel à des produits chimiques dont les premiers sont apparus à la fin des années 1960. Il existe deux principaux groupes de défrisants chimiques : – Les « lye relaxer », très agressifs, contiennent de l’hydroxyde de sodium (la soude) qui est un puissant alcalin dont le pH peut s’élever à 14. – Les « no-lye relaxer » sont des produits qui contiennent de l’hydroxyde de guanidine, des sulfites ou des thioglycolates d’ammonium. Ces deux derniers sont moins agressifs et conservent un léger frisage. Les modes d’emploi varient selon les produits, mais d’une manière générale, le défrisant doit être appliqué pendant 10 à 20 minutes, puis rincé et enfin neutralisé à l’aide d’un shampooing pour récupérer un pH normal .Le défrisage doit être répété après 6 à 12 semaines sur les premiers centimètres des cheveux. Au Sénégal, certaines femmes ont recours à un autre type de défrisage appelé communément « Gaz ». Ce mélange caustique dont la composition exacte est gardée secrète par le vendeur contient essentiellement de l’hydroxyde de sodium de moindre qualité connu sous le nom de « Xémé ». Il se prépare, se vend et s’applique dans les marchés et les rues à un prix de 0,96 dollars. En vogue ces dernières années, les « lissage brésilien » ou « lissage japonais », consistent à lisser le cheveu après application d’un mélange de kératine végétale et de silicone fixé par la chaleur (plaques chauffantes). La première complication du défrisage à froid est la fragilisation des tiges pilaires avec des altérations de la cuticule. Ceci est lié à une baisse des teneurs en cystine (cruciale pour la résistance du cheveu), en citrulline (associée à l’inflammation), en arginine et une augmentation de la glutamine (anomalies similaires à celles de la Trichothiodystrophie). La trichorrhexie noueuse acquise et la trichoptilose « fourches » sont d’autres conséquences des agressions chimiques répétées. Des brûlures chimiques sont possibles, ainsi que des dermites de contact irritatives.

Coiffures

 En Afrique, on n’a pas de prétexte pour se coiffer et les tresses sont le type de coiffure qui symbolise le mieux la culture africaine. On se tresse aux salons, dans la rue ou au marché. Le tressage dure plusieurs heures et constitue un élément essentiel de la vie sociale. Il existe plusieurs types de tresses : – Les tresses avec des cheveux naturels : Elles sont relâchées (« megue » au Sénégal) ou couchées « renversées ». Elles peuvent servir de support pour les tissages (greffages fixés à l’aide d’un fil) (Figure 4). – Les tresses avec rajouts : Des mèches de cheveux naturelles ou synthétiques peuvent être mêlées aux tresses pour augmenter la densité et la longueur des cheveux (Rastas, écailles, vanilles, tresses sénégalaises ou allumettes…). – Les dreadlocks: Ce sont des mèches de cheveux emmêlées naturellement. Appelés « Ndiagne » au Sénégal, ils sont surtout portés par certains adeptes de la confrérie mouride; les « Baye Fall » ou certains artistes. Les tresses sont généralement associées à une traction excessive (Figure 5) qui peut être exagérée par le poids de certains éléments de fantaisie. La traction pourrait être responsable d’une folliculite chronique compliquée d’une alopécie cicatricielle. Par ailleurs, des cas d’allergie de contact aux mèches synthétiques sont aussi possibles.

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Nettoyage et entretien des cheveux

 Les femmes africaines utilisent moins fréquemment les shampoings que les femmes européennes [1]. Ceci s’explique par la nature des coiffures qui sont Figure 5: Tension excessive à la racine des cheveux par des tresses Figure 4: Greffage tissé sur des cheveux préalablement tressés 8 parfois gardées pendant des mois. Les shampoings aggravent la cassure des cheveux en diminuant relativement le taux de sébum à la surface des tiges pilaires. Les gels et les laques, souvent laissés longtemps sur les cheveux, peuvent également entrainer une sécheresse et une fragilité [11]. Au Sénégal, d’autres produits sont couramment utilisés pour leur effet trichogène comme le chanvre indien « yamba », les protéines du placenta en sérum, les ampoules de cholestérol, la quinine et l’aloe vera. Ils sont utilisés en masques mélangés aux huiles essentielles ou au beurre de Karité.

Table des matières

PREMIERE PARTIE : REVUE DE LA LITTERATURE
INTRODUCTION
RAPPELS
1. Cheveu crépu et pratiques capillaires des femmes africaine
1.1 Particularités du cheveu crépu
1.2 Pratiques capillaires des femmes africaines
1.2.1 Défrisages
1.2.1.1 Défrisage par la chaleur
1.2.1.2 Défrisage chimique ou défrisage « à froid »
1.2.2 Coiffures.
1.2.3 Nettoyage et entretien des cheveux
2. Alopécie cicatricielle centrale centrifuge
2.1 Historique
2.2 Aspects cliniques
2.3 Aspects histologiques
2.4 Aspects éthiopathogéniques
2.4.1 Rôle des pratiques capillaires
2.4.2 Rôle des facteurs génétiques
2.4.3 Théorie de l’alopécie androgénétique féminine
2.4.4 Rôle de l’inflammation chronique et des micro-organismes
2.4.5 Autres facteurs étiologiques
TABLE DES MATIERES
2.5 Traitement de l’ACCC
2.5.2 Stade tardif
DEUXIEME PARTIE : NOTRE ETUDE
MATERIEL ET METHODE
1. TYPE D’ETUDE
2. CADRE DE L’ETUDE
3. POPULATION D’ETUDE
3.1 Critères d’inclusion
3.1.1 Pour le groupe « Cas »
3.1.2 Pour le groupe « Témoins »
3.2 Critères d’exclusion
4. METHODE DE COLLECTE DES DONNEES
5. TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNEES
RESULTAT .
1. Etude descriptive
1.1 Profil général des patiente
1.1.1 Lieu de recrutement.
1.1.2 Caractéristiques sociodémographiques
1.1.3 Antécédents personnels et familiaux
1.2.1 Prévalence de l’ACCC
1.2.2 Age de début de l’ACCC
1.2.3 Délai de consultation
1.2.4 Mode d’installation de l’ACCC
1.2.5 Présence de signes fonctionnel
1.2.6 Présentation clinique
1.2.7 Examens complémentaires
1.3 Exposition des femmes aux différentes pratiques capillaires
1.3.1 Défrisage
1.3.2 Coiffures
1.3.3 Autres pratiques capillaires
1.3.4 Coût mensuel des pratiques cosmétiques capillaires .
1.4 Vécu psychologique de l’ACCC
1.5 Résultats de l’enquête génétique
2. Etude analytique
2.1. Caractéristiques socio-démographiques
2.2 Antécédents personnels et familiaux
2.3 Exposition des femmes aux différentes pratiques capillaires
2.4 Association à une alopécie de traction
2.5 Délai de consultation et stade de l’ACCC
2.6 Signes inflammatoires et douleur
DISCUSSION
1 Prévalence et caractéristiques sociodémographiques
2 Caractéristiques cliniques
3 Caractéristiques anatomopathologiques
4 Retentissement psychologique
5 Facteurs de risque
5.1 Antécédents et pathologies sous- jacentes
5.2 Pratiques cosmétiques capillaires
5.3 Facteurs génétiques
CONCLUSION
REFERENCES
ANNEXES

 

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