L’ALTERNANCE CODIQUE, LE MÉLANGE CODIQUE, ET L’EMPRUNT DANS LA PUBLICITÉ RADIOPHONIQUE

L’ALTERNANCE CODIQUE, LE MÉLANGE CODIQUE,
ET L’EMPRUNT DANS LA PUBLICITÉ RADIOPHONIQUE

Définition des Concepts

 Comme nous l’avons constaté dans la vie de tous les jours, les gens, ont tendance à user deux codes différents, plus particulièrement les animateurs qui passent très souvent d’une langue à l’autre ; ou mélangent les deux langues. Ces derniers trouvent en situation contact entre le wolof et le français

 Définition de l’alternance codique

 On parle de l’alternance codique lorsqu’un individu est confronté à deux langues, qu’il utilise tour à tour, il arrive qu’elles se mélangent dans son discours et qu’il produise des énoncés (bilingues) il ne s’agit pas ici d’interférence mais nous pourrions dire de collage, du passage en un point du discours d’une langue à l’autre que l’on appelle mélange de code. On peut donner un exemple le spot n°6 pour appuyer les propos de J. Gumperz. (M) : Yen bacheliers yi étudiants professionnel, da ngueen bëgeu bokk ci leader yii↗ ngueen xam ne↓ dinañu tabaax ay édifice et infrastructure fi ci douane Afrique// yu gueneu xaragn buleen xa :ar be sonu waay ↓ l’école supérieure des travaux publiques sub TP leader et pionnière du génie civile au Sénégal moleen di proposer kon ay formations complètes innovent dans le secteur public UPTP, Sub TP vous avez tout les compétences requises à la conception, au dimensionnement et à la réalisation des villas et tous les ouvrages d’arts Sub TP, c’est une licence professionnel en génie civil la plus complète de l’Afrique. Waaw ay master spécialisée quelques structures hydrauliques assainissements routes et ouvrages d’arts SUB TP njangalémou ay professionnel UPTP et ay universitaire you xaragn J. Gumperz définit « l’alternance codique dans une conversation comme la juxtaposition à l’intérieur d’un même échange verbal de passage ou le discours appartient à deux systèmes ou sous-systèmes grammaticaux différents ». Il distingue deux types d’alternance codique (conversationnelle–situationnelle)8 , l’une spécifique aux « circonstances de la communication » : alternance liée au changement d’interlocuteur, de lieu, de sujet, etc. et l’autre concernant les changements qui interviennent dans « une même séquence avec le même interlocuteur et parfois sur le même thème ». Les sociolinguistes pensent que le code switching désigne un changement ou une alternance de langues ou variétés de langues dans un discours (le discours publicitaire) par exemple, ou une conversation. En effet plusieurs définitions peuvent être prises en considération dans le cadre de notre travail. Comme celle de P. Gardner Chloros : « Il y a code switching parce que la majorité des populations emploie plus qu’une seule langue et que chacune de ces langues a ses structures propres, de plus chacune peut comporter des dialectes régionaux ,des variétés et des registres distincts dans un discours ou une conversation ». Nous pouvons définir l’alternance codique (français / wolof) (wolof/français) comme une stratégie de communication, un mode, un style de parler dans le but de « persuader, charmer le public, voir plaire aux gens qui écoutent » montrer qu’ils sont cultivés ; donc ils peuvent alterner ou mélanger ou voir même emprunter sans aucun souci. En conclusion, nous pouvons dire que l’alternance codique et le mélange codique sont des stratégies de communication spécifique à l’oral, elles permettent d’exprimer leurs intentions, de parler librement, car ces phénomènes sont très fréquents et lisibles au Sénégal surtout chez les animateurs. Car dans notre corpus, nous constatons des cas de figures, où le français dominant, et quelques mots ou expressions en wolof sont insérés. Aussi des spots publicitaires où il y a le wolof dominant et quelques mots où des expressions en français insérer. D’autres parts nous avons des spots publicitaires Ou il y a l’absence du wolof ; mais plutôt le français et l’anglais. Il y a aussi certains mots qui n’existent pas en wolof et qui sont repris en français : comme le mot « tombola » dans n°3 et « compte bancaire… » n°12… En définitive quelle est la différence que nous pouvons faire entre les trois concepts indiqués. 

 Les emprunts au français

 La situation de bilinguisme dans laquelle se trouve le Sénégal donne lieu à l’apparition de différents phénomènes linguistiques qui surgissent dans les échanges verbaux des animateurs, notamment l’emprunt, le mélange codique (code mixing) et de l’alternance codique (code switching). C’est dans ce sens que Hamers définit l’emprunt comme « un mot, un morphème ou une expression qu’un locuteur ou une communauté emprunte à une autre langue, sans le traduire » (Hamers, in Moreau, 1997 : 136), dans cette définition Hamers explique les différentes formes d’un emprunt. Selon elle, les segments empruntés sont souvent limités au lexique et peuvent être un morphème, un mot « tombola » par exemple, et même une expression « compte bancaire » à condition que ce segment ne soit pas traduit, c’està-dire qu’il soit pris tel qu’il est. Et aussi ce sont essentiellement des mots qui, là où ils sont placés, remplissent une fonction bien déterminée, c’est – à dire ils utilisent ces mots ou ces expressions dans la publicité pour combler leur déficit ou là où ils ignorent un mot wolof, ou un mot qui n’existe en wolof dans ce cas, ils utilisent les mots en français. Là, nous pouvons constater que le wolof est dominant. Nous pouvons relever ou considérer la traduction du syntagme dont le mot tombola est repris tel qu’il est : n°3 « – Eh oui ↗kuleen di ndi loon tombola bu ko jaar deuggeu nak ? 

 Les emprunts à l’anglais

 A notre avis, l’anglais parait être une langue à la mode au Sénégal, notamment dans la région dakaroise. Ou nous avons entendu la génération d’aujourd’hui, plus particulièrement les animateurs mettent l’anglais dans leurs spots publicitaires, par exemple le mot comme « happiness », « gold » p. 28, n°19… etc. peut-être tout simplement une manière de se mettre en valeur ou bien s’agit t-il d’un signe d’ouverture sur le modernisme. Car il ne faut pas oublier que maintenant la langue la plus parlée au monde, à part le chinois, c’est l’anglais, ce qui fait que les animateurs sont influencés sur le comportement langagier n’est pas à négliger. Voir ; n°19 exemple : Ludeess ? xanaa happiness kesse. 

 Distinction entre alternance codique / code mixing /emprunt /interférence 

Hammer et M. Blanc nous le rappellent en définissant le code mixing : « Qu’il est caractérisé par le transfert d’éléments d’une langue l y dans la langue de base l x, dans l’énoncé mixte qui en résulte on peut distinguer des segments unilingues de l x alternant avec les éléments de 1y qui font appel à des règles des deux codes. A la différence de l’emprunt généralement limité à des unités lexicales, le mélange de code transfère des éléments à des unités appartenant à tous les niveaux linguistiques et pouvant aller de l’Item lexical à la phrase entière : si bien qu’a la limite il n’est pas toujours facile de distinguer le code mixing du code switching. Comme l’alternance de code, le code mixing est une stratégie de bilingue, alors que l’emprunt n’en est pas nécessairement, mais peut être pratiqué par des monolingues en situation de contact de langues.»10 10 J. Hammer et M. Blanc cité par madame Safia Asselah in « pratique linguistique, trilingue (arabe – kabyle-français) chez les locuteurs Algériens, université d’Alger91994, p 89. 21 Dans le code switching, le changement de variétés s’associe à une attitude, à l’intensité des émotions et aux différents types d’identité, voir ; n°9 alors que dans le code mixing les unités linguistiques sont transférées d’un code à un autre, exemple : n°19. Mais toujours en suivant des règles fonctionnelles et formelles (un locuteur de la variété en question) seraient donc en mesure de juger une phrase contenant du « code mixing » comme étant plus ou moins acceptable. Tandis que l’emprunt est défini comme un mot ou expression provenant dans une langue à l’autre langue sans le traduit mais en l’écrivant tel qu’il est. 1.6. Les types d’alternances codiques En s’intéressant à l’alternance codique espagnol/anglais dans les pratiques linguistiques de la communauté portoricaine résidant à New York, Poplack (1980) a distingué trois types d’alternance codiques utilisés par les Portoricains. Il s’agit de l’alternance codique inter-phrastique, intra-phrastique et extra-phrastique. Et nous, nous allons nous inspirer de ces trois alternances codiques afin de pouvoir sortir la transformation morphosyntaxique trouvant dans notre corpus du wolof-français. A côté des typologies citées, d’autres chercheurs ont dégagé de nouvelles formes et types d’alternance codique à partir de leurs corpus de données, entres autres, Dabène et Billiez (1988), Py et Lüdi (1986). Dans notre analyse, nous nous appuyons sur les deux modèles de Poplack et de Gumperz, qui serviront à la description de notre corpus. 

Modèle de Poplack 

 L’alternance codique intra-phrastique 

Cette forme se caractérise par l’existence de deux structures syntaxique des deux langues différentes dans une même phrase. C’est-à-dire que le changement de langue s’effectue à l’intérieur d’une même phrase. Poplack note que « Des structures syntaxiques appartenant à deux langues coexistent à l’intérieur d’une même phrase » (Poplack1988 : p. 23). Ce type d’alternance est très fréquent dans les pratiques langagières des locuteurs bilingues et plusieurs chercheurs lui ont accordé de l’importance dans la mesure où ils cherchaient à « savoir exactement où, dans la phrase, une alternance d’une langue à l’autre peut s’effectuer » (Poplack op, cit)(cf n°6) 

 L’alternance codique inter-phrastique 

L’alternance codique inter-phrastique dite aussi (phrastique) : correspond à l’usage alternatif au niveau d’unités plus longues, de phrases ou de fragments de discours, dans les productions d’un même locuteur ou dans les prises de parole entre interlocuteurs.) : voir spot pub n°6 : [Yen bacheliers yi étudiants professionnel, da nguen beugeu bok ci leader yi↗ nguen xam né↓ dina -nu tabax-ay édifice et infrastructure fi ci douane Afrique// yu gueneu xaragn boulen xa :ar be sonu waay ↓ l’école supérieure des travaux publiques sub TP leader et pionnière du génie civile au Sénégal molen] di voir spot pub n°6 

L’alternance codique extra-phrastique 

 Elle apparait lorsque les segments alternés sont des expressions idiomatiques, des proverbes et dictons. Ces derniers sont insérés dans des segments monolingues. Ils 23 servent à ponctuer le discours. Nous reviendrons avec plus de détails et des exemples tirés de notre corpus pour les trois types d’alternance codique, proposés par Poplack dans la partie pratique. 

 La typologie de Gumperz 

En s’intéressant à l’alternance codique en Inde et en Norvège, dans la petite ville de Hemnes Berget, Gumperz et Bloom, remarquent que les alternances de codes sont systématiques et prédictibles. En effet, ils distinguent entre alternance codique situationnelle liées au changement de situation de communication et l’alternance codique conversationnelle dite aussi métaphorique et stylistique qui se produit sans changement d’aucun paramètre de la situation. 

Table des matières

REMERCIEMENTS
TABLE DES MATIÈRES
LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
0. INTRODUCTION GÉNÉRALE
0.1. Situation linguistique, sociolinguistique et sociopolitique du Sénégal
0.1. 1. Situation linguistique et sociolinguistique
0.1. 2. Situation sociopolitique
0.1. Problématique
0.2. Intérêt et /ou motivations du choix du sujet
0.3. Revue de la littérature
0.4. Hypothèses
0.4.1. Hypothèse 1
0.4. 2. Hypothèse 2
0.5. Organisation du travail
0.5.1. Méthodologie
0.5.2. Collecte des données
0.5.3. Présentation du travail et résultats obtenus
1. PARTIE THEORIQUE
1.1. Définition des Concepts
1.2. Définition de l’alternance codique
1.3. Les emprunts au français
1.4. Les emprunts à l’anglais
1.5. Distinction entre alternance codique / code mixing /emprunt /interférence
1.6. Les types d’alternances codiques
1.6.1. Modèle de Poplack
1.6.1.1. L’alternance codique inter-phrastique
1.6.1.2. L’alternance codique intra-phrastique
1.6.1.3. L’alternance codique extra-phrastique
1.6.2. La typologie de Gumperz
1.6.2.1. L’alternance codique situationnelle
1.6.2.2. L’alternance codique conversationnelle
1.7. La Publicité
1.8. Le contact des deux langues : le wolof et le français
2. ANALYSE GENERALE
2.1. Présentation du corpus
2.2. Les conventions de transcription
2.3. Corpus
2.4. Analyse des enregistrements
2.5. Les langues en présence dans la publicité
2.5.1. Les langues alternées par les animateurs dans la publicité
2.5.1.1. Le français langue matrice
2.5.1.2. Le français langue enchâssée
2.5.1.3. Paramètres et grille d’analyse
2.5.3. L’alternance codique intra-phrastique
2.5.4. L’alternance codique inter-phrastique
2.6 Aspect morphosyntaxique de l’alternance
2.7. Groupe nominal
2.7.1. Nom précédé d’un article défini français
2.8. Groupe verbal
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE.

 

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