L’avènement des motos ‘‘JAKARTA’’ dans le transport Public de passagers

L’avènement des motos ‘‘JAKARTA’’ dans le transport Public de passagers

 Evolution démographique et spatiale de la ville de Thiès

Population 

L‟évolution démographique de la ville de Thiès est le résultat d‟une croissance naturelle dynamique et de mouvements migratoires relativement modérés. Ainsi l‟étude de la population donne l‟occasion d‟analyser son accroissement, sa structure, sa composition et sa répartition qui peuvent déterminer l‟implantation d‟un équipement dans une zone déterminée. 1- Accroissement : De simple village en 1860, la ville de Thiès s‟est très vite agrandie pendant l‟époque coloniale et actuellement, elle est un important carrefour. En effet, en dépit de l‟attraction caractéristique de la capitale Dakar sur l‟ensemble du pays, la ville de Thiès est une zone d‟attraction des migrations urbaines et inter-urbaines, dont le potentiel d‟accroissement de la population reste élevé du fait d‟une fécondité encore forte. Selon les données de la Direction de la Prévision et de la Statistique, la population de la ville s‟est accrue considérablement passant de 115.245 habitants en 1976 à 175.866 habitants en 1988, soit un taux de croissance moyen annuel de 3,6%. Ce taux tendanciel correspond à l‟hypothèse de croissance forte de la population retenue par le PUD de 1981-2000. Selon toujours la Direction de la Prévision et de la Statistique, la population de la ville de Thiès était estimée à 240.320 habitants en 2003 et en 2007 elle est à 268.190 habitants ce qui en fait la quatrième ville la plus peuplée de Sénégal après l‟agglomération que constitue Dakar, Pikine, Guèdiawaye. Sur la base du taux de croissance tendanciel, la population de la ville atteint aujourd‟hui environ 298.209 habitants. La population additionnelle qui s‟installerait à Thiès entre 2003 et 2010 est donc estimée à 57.889 habitants.

Répartition par sexe et par âge 

Pour résumer les résultats de l‟analyse de la répartition par sexe et par âge de la population de Thiès fait par la Direction de la Prévision et de la Statistique [DPS], les ~ 29 ~ caractéristiques suivantes méritent d‟être dégagées. La population est très jeune, la proportion des moins de 20 ans étant de 57,2%. L‟indice synthétique de fécondité est de 6,8%, les femmes représentent 53,2% de la population. La tranche d‟âge 20-34 ans est marquée par une forte émigration surtout du côté des hommes, d‟où une forte baisse du rapport de masculinité pour cette population. Cette tendance se maintien jusqu‟au niveau de la tranche des plus de 54 ans. Les vielles personnes, sont faiblement représentées, la proportion des plus de 60 ans faisant seulement 6%. Ainsi la population thièssoise est caractérisée par sa jeunesse mais également par sa grande mobilité.

Répartition par ethnie

A coté des mouvements migratoires auxquels fait face la ville, il faut noter que Thiès est caractérisée par une grande diversité ethnique. En effet, la population thièssoise se définit par son caractère hétérogène, elle comprend quatre grandes composantes ethniques : les wolof et les lébou, les sérère, le groupe poular et le groupe mandingue. Les wolof sont largement majoritaires avec 55% de la population. Cette prédominance de l‟ethnie wolof s‟explique par la situation de Thiès par rapport aux régions traditionnelles que sont le Cayor, le Baol et le Ndiambour fiéfs de cette ethnie. Les sérère viennent en seconde position avec 30.01%. A la situation de carrefour qu‟occupe la ville de Thiès, s‟ajoute le fait que le groupe sérère et sans doute le plus hétérogène des ethnies du pays. L‟un des sous groupes les plus représentatifs dans la ville de Thiès est celui des nones qui en sont d‟ailleurs les fondateurs. Le groupe poular qui comprend les toucouleur et les peul, se place en troisième position avec 11,09%. La présence de ce groupe peut être attribuée au fait que les halpoularéne sont l‟une des ethnies les plus mobiles du pays. En quatrième position, vient le groupe mandingue défini par l‟agrégation des ethnies bambara, Sarakolé, mandingue proprement dit, malinké, socé, khassonké et soninké ; il représente 1,5% de la population de Thiès. La forte présence à Thiès de ce groupe s‟explique par la position qu‟occupait la ville sur la voie ferrée Dakar-Niger. Enfin nous avons les autres ethnies qui représentent 2,4%. La présence des autres groupes moins représentatifs est à mettre en rapport avec la diversité des activités commerciales dans la ville (peulh fouta de la guinée et les maures). ~ 30 ~ Ainsi à l‟image du Sénégal, Thiès est peuplée de diverses ethnies, dont certaines sont d‟origines étrangères.

Les mouvements migratoires

La population thièssoise à l‟instar des autres populations urbaines est soumise à divers mouvements migratoires allant de la migration intérieure (rurale, intra-urbaine mais également inter-urbaine) à la migration internationale. S‟agissant de la migration intérieure, il faut noter que la ville de Thiès est un carrefour qui reçoit les populations intérieures du pays. Les zones rurales les plus proches du fait des difficultés résultantes des décennies successives de sécheresse connue du pays fournissant l‟essentiel des migrants. Ainsi, du fait de sa position de carrefour, la « cité du rail » constitue un véritable pôle d‟immigration. La ville connait également une migration urbaine dite migration pendulaire. En effet, la population urbaine particulièrement celle des quartiers périphériques effectue des mouvements quotidiens entre leur lieu de résidence et le centre ville qui concentre l‟essentiel des activités et services de la ville, notamment les commerces, les services administratifs, les services de santé, etc. S‟agissant de la migration inter-urbaine, il faut noter que la région de Dakar accueille plus de la moitié des départs de Thiès, ce qui s‟explique aisément par l‟offre d‟emplois que recèle la capitale. En effet l‟émigration inter-urbaine est le fait des jeunes à la recherche d‟occupation. Cette migration est également relative au fait que Dakar concentre l‟essentiel des écoles de formation professionnelles mais également la plus grande université du pays. L‟émigration dans la ville de Thiès se pose également sous sa forme internationale. Les destinations France, Italie et de plus en plus les Etats Unis sont prisées par les jeunes pour faire face à la crise économique que connait le pays. En somme, la population de Thiès à l‟image des villes d‟autres pays en voie de développement est caractérisée par une croissance démographique rapide, une jeunesse de sa structure, mais également une grande diversité ethnique. Cependant, cette croissance accélérée de la population n‟est pas corrélative au niveau de développement des équipements et infrastructures de la ville, ce qui suppose de ~ 31 ~ nombreux problèmes relatifs à la densité d‟occupation de l‟espace, mais également à l‟accès aux équipements et infrastructures de base. Ainsi nous avons vue que Thiès, comme c‟est le cas en général des villes moyennes en développement, a connu une croissance démographique très rapide. Cette situation va beaucoup influencer l‟implantation des équipements au sein de la ville et plus particulièrement les équipements marchands. 

Evolution spatiale de la ville de Thiès 

Le développement de la ville de Thiès s‟illustre à travers l‟absorption des villages traditionnels et par la création de nouveaux quartiers. Selon le Plan Directeur d‟Urbanisme [PDU] de Thiès horizon 2000-2025, l‟évolution de la ville s‟est faite suivant ces différentes phases : Jusqu‟en 1864, l‟occupation du site se limitait au poste colonial. Vers 1900, les villages déplacés par les nouvelles installations et la base militaire se fixent autour du noyau de base pour former les quartiers de Diakhao et Nguinth. Les quartiers périphériques se sont développés à proximité des installations des ateliers de réparation des chemins de fer. La croissance démographique, consécutive à l‟implantation des ateliers des chemins de fer a donné lieu à la naissance des quartiers périphériques tels que Nguinth, Takhikao, Médina Fall, Mbambara et Randouléne. En 1935, le premier lotissement fut réalisé de part et d‟autre de la gare de chemin de fer. Aussi la ville était-elle constituée du quartier commercial de la zone résidentielle, du centre administratif et du camp militaire. Vers 1940, le développement spatial a principalement porté au Sud-Est et au NordEst, le long des grands axes de communication. Seul le quartier de Takhikao demeure séparé de la ville. La création de la base militaire et de l‟aéroport va définitivement orienter le développement urbain vers le Nord-Ouest. La superficie occupée passe à 50 ha en 1940. C‟est ainsi qu‟en cette même année que le premier plan directeur d‟urbanisme fut élaboré. Ce plan avait bien classé le secteur Nord et Ouest seul le quartier Diakhao a pu s‟élaboré comme zone résidentielle. De 1947 à 1952, la ville se transforme en profondeur. De vastes avenues furent ouvertes à travers les quartiers périphériques (Diakhao, Takhikao, Randouléne, Grand Thiès et M‟bambara). Les constructions en dure commencent à remplacer les cases en paille ou en banco. Le revêtement de la route Dakar-Thiès en 1952 a non seulement  contribué à structurer la ville, mais a augmenté son attractivité. C‟est ainsi qu‟entre 1952 et 1956 on a assisté au développement des anciens quartiers et la création de Grand Thiès au Sud et Médina Fall à l‟Est. Le développement spatial rapide de la ville de Thiès a également occasionné le déplacement et l‟intégration de villages traditionnels tels que Thiabi, Ouango et Nguinth. La superficie de la ville atteint 1350 ha en 1956, soit une augmentation moyenne annuelle de 56 ha. A partir de 1970, l‟extension urbaine s‟est accélérée avec la sécheresse qui a attiré beaucoup de personnes dans la ville. Aussi les autorités urbaines devaient-elles procéder à une extension des limites communales pour y intégrer quelques villages périphériques. La superficie occupée passa en 1980 à 1933 ha. En 1981 avec la célébration des fêtes de l‟indépendance à Thiès, le besoin de mieux organiser l‟espace urbaine s‟est fait sentir ; la Société Nouvelle des Etudes de Développement en Afrique [SONED-Afrique] fut chargée d‟étudier le Plan Directeur d‟Urbanisme l‟horizon 1981-2000. La ville comptait en 1981 ,132.000 habitants, plus de 7,3 fois la population de 1938. Le rééquilibre de l‟occupation du sol prôné par le PDU de 1981 n‟a pu s‟opéré. La tendance du développement de Thiès vers le Sud s‟est poursuivie. En effet les principaux lotissements réalisés entre 1981 et 1996 sont situés dans le secteur Sud, Sud-Est et Est. Ils concernent près de 286 ha. L‟occupation de la partie Nord de la ville n‟est envisagée qu‟à partir de 2004 avec la réalisation d‟une Zone d‟Aménagement Concertée [ZAC] de 100 ha au Nord de Nguinth. En résumé, la base militaire, l‟aéroport, le camp ainsi que les cultures créent une ceinture à l‟Ouest et au Nord empêchant un développement continu dans ces directions où seul le quartier Diakhao avait pu s‟installé. Il est à noter cependant que les PDU de 1949 et 1981 avaient classé les secteurs Ouest et Nord comme zones résidentielles. L‟urbanisation vers l‟Ouest a été favorisée par les voies de communication et les installations ferroviaires. Cependant la partie Est de la cité Balabey bien que proche n‟a jamais été occupé du fait de la coupure créée par les installations des chemins de fer. En somme, nous pouvons retenir que la ville de Thiès à l‟image des villes africaines connait une expansion instantanée en intégrant certains villages traditionnels.  En effet, l‟urbanisation a fini par atteindre les villages satellites dont la plupart ont été intégré à la Commune. Il s‟agit principalement de Keur Modou Ndiaye, Keur Mbaye Diakhaté, Diassape, Poniène, Keur Saib, Thilman, Thiapong, Thiès None et Keur Issa. Toutefois, cette extension est bloquée au Nord-Ouest par la zone militaire et la zone industrielle. Cette partie de la ville à l‟inconvénient d‟être dans un site accidenté. Ainsi la ville s‟est développée beaucoup plus au Sud le long de la route de Mbour, au delà des quartiers de Cité Lamy et Hersent. Cette extension pose souvent des problèmes d‟accessibilité aux équipements de base, mais également crée des difficultés de déplacement notamment au niveau des zones d‟extension souvent démunies d‟infrastructures.

Table des matières

 Avant-propos
Acronymes et sigles
Introduction générale
Problématique
Méthodologie
Première partie La croissance urbaine de la ville de Thiès effet sur le transport
Chapitre I Présentation de la ville de Thiès
Chapitre II évolution démographique et spatiale de la ville de Thiès
Chapitre III la demande de transport dans la ville de Thiès
Deuxième partie La réponse des motos «Jakarta»
à la demande d‟emploi et de service à Thiès
Chapitre I Insertion spatiale des motos «Jakarta»
Chapitre II Acteurs et modes d‟exploitation des motos «Jakarta»
Chapitre III Usagers des motos «Jakarta»
Troisième partie Bilan et perspectives
Chapitre I Conséquences liées au développement des «Jakarta»
Chapitre II Problèmes liés à l‟exploitation des motos «Jakarta»
Chapitre III perspectives
Conclusion générale
Bibliographie
Tables des illustrations
Table des matières

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