Les eucalyptus du genre Eucalyptus

Les eucalyptus du genre Eucalyptus

INTRODUCTION

Les eucalyptus du genre Eucalyptus, de la famille Myrtaceae sont originaires d’Australie. Ils comprennent à peu près 800 espèces, dont plus de 300 espèces produisent des huiles essentielles ; une vingtaine d’espèces d’eucalyptus sont exploités commercialement par les industries pharmaceutiques et cosmétiques pour la production d’huile essentielle caractérisée par la richesse en 1,8-cinéole [1,2]. Les eucalyptus possèdent toute une gamme de mécanismes d’adaptation et ont une croissance rapide [3, 4], ce qui leur permet d’être présents dans de nombreux environnements. Certaines espèces ont été introduites à Madagascar où elles ont été bien acclimatées surtout sur les Hautes Terres centrales [5] ; les espèces Eucalyptus globulus (E. globulus) et Eucalyptus cinerea (E. cinerea) en font partie ; toutes deux sont communément appelées « kininina fotsy » par la population locale vue la couleur gris-bleuté des feuilles alors qu’il s’agit de deux plantes différentes l’une de l’autre [5, 6]. Les eucalyptus sont des plantes aromatiques ; leurs feuilles fournissent une huile essentielle très utilisée en aromathérapie. Sur le marché malgache, l’huile essentielle de « kininina fotsy » fait référence à l’huile essentielle obtenue de la distillation des feuilles de E. globulus alors que par confusion, il pourrait s’agir de l’huile essentielle obtenue de E. cinerea. L’huile essentielle de E. globulus est la principale huile essentielle d’eucalyptus la plus reconnue dans le monde et largement utilisée comme antiseptique, pour traiter la toux, le rhume, les infections respiratoires, et pour apaiser la fièvre [7-9]. Les huiles essentielles sont des extraits végétaux issus de la distillation de l’organe concerné (feuilles, racines, rhizomes, fleurs, fruits, écorce). Cet extrait végétal est un mélange complexe de composés volatiles, odorants. La composition chimique de l’huile essentielle varie d’une espèce végétale à une autre. Elle peut même varier à l’intérieur de la même espèce végétale selon les conditions de culture (humidité, ensoleillement, altitude, caractères du sol…) et selon l’âge de la plante [10, 11]. La composition chimique de l’huile essentielle du même pied de plante diffère selon l’organe végétal utilisé, comme l’huile essentielle de clou, de griffe ou de feuilles de giroflier (Syzygium aromaticum, Myrtaceae) [4, 12]. Cette variation peut être minime, mais si minime qu’elle soit, la présence ou l’absence d’un seul composé dans une huile essentielle pourrait influencer sur ses propriétés thérapeutiques. Les huiles essentielles sont 2 connues pour leurs propriétés pharmacologiques diverses, d’où leur large utilisation en thérapie. Elles ne sont pas pour autant dénuées de toxicité ; certains ouvrages rapportent sur leurs toxicités aigüe et dermique, et leur cancérogénicité, d’autres contre-indiquent les huiles essentielles chez les enfants de bas âges et les femmes enceintes. De plus, les huiles essentielles se dégradent vite sous l’effet de la lumière, de l’oxygène de l’air et de la température [13]. Vu l’utilisation de l’huile essentielle de « kininina fotsy » en aromathérapie et tenant compte de la source de cette huile à Madagascar, soit issue de la distillation des feuilles de E. globulus, soit issue de la distillation des feuilles de E. cinerea, la présente étude a pour objectif de fournir des informations permettant d’assurer la qualité des matières premières utilisables pour la fabrication des produits à base de E. cinerea et de E. globulus. Selon la littérature, l’huile essentielle issue de la distillation des feuilles de E. globulus est caractérisée par sa forte teneur en 1,8-cinéole [14]. Au cours de sa croissance c’est-à-dire du stade juvénile au stade adulte, E. globulus change de morphologie particulièrement au niveau de la forme de ses feuilles. Pour cette partie de l’étude, une analyse chimique de l’huile essentielle obtenue des feuilles de E. globulus et de E. cinerea au stade jeune et à l’âge adulte est faite. Plusieurs huiles essentielles déjà commercialisées sont étudiées pour leurs activités anti-hypertensive et antioxydante, comme les huiles essentielles des feuilles de Eucalyptus gracilis, de Thymus vulgaris, ou des baies de Juniperus communis. Vu la prévalence de l’hypertension à Madagascar, les huiles essentielles de E. globulus et de E. cinerea pourraient avoir leur place comme adjuvant dans le traitement de cette maladie. Ce manuscrit comporte trois parties principales, la première partie est consacrée aux rappels et généralités concernant ces deux espèces d’eucalyptus. La deuxième partie est centrée sur la méthodologie et les résultats concernant l’identification de l’huile essentielle par sa composition chimique et sur la valorisation de l’huile essentielle de E. globulus et de E. cinerea par l’étude de leurs activités antihypertensive et anti-oxydante. La dernière partie traite des résultats suivis de la discussion. 

Historiques

Le genre Eucalyptus est originaire d’Australie, il appartient à la famille Myrtaceae. Les aborigènes utilisent la sève d’eucalyptus ou « gommier » en application directe ou en lavage sur leurs blessures pour accélérer la cicatrisation. Parmi les espèces utilisées, nous citons l’espèce E. globulus, la plus utilisée en pharmacie pour ses multiples vertus. Ses feuilles produisent une huile essentielle à odeur fraîche et camphrée. En aromathérapie, l’huile essentielle d’eucalyptus est un antiseptique général, prescrite très souvent dans les affections des voies respiratoires supérieures (rhume, bronchite, sinusite, grippe) ; quelques gouttes de cette huile essentielle dans un diffuseur désodorisent et purifient l’air en cas d’épidémie et éloignent les insectes. Antiseptique et antirhumatismale, l’huile essentielle d’eucalyptus est également stimulante et tonifiante. En médecine traditionnelle malgache, on utilise E. globulus et E. cinerea. Les deux espèces revendiquent les mêmes indications. Elles sont utilisées en cas de fièvre, de bronchite, et de grippe. Les malgaches les appellent kininina fotsy, quelques fois avec distinction «kininina fotsy lava raviny» pour E. globulus et «kininina fotsy boribory raviny» pour E. cinerea en raison de la morphologie des feuilles. Au niveau des producteurs d’huile essentielle de kininina fotsy, il y a une confusion entre les deux espèces. Les producteurs distillent les feuilles de E cinerea, facile à trouver et abondante, en la prenant pour E. globulus. L’huile essentielle obtenue est présentée comme huile essentielle de E. globulus. Sur le marché mondial, on estime à 16 millions de dollars le chiffre d’affaire généré par la vente des huiles essentielles de E. globulus [15].

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