L’URBANISATION SAUVAGE FACE AUX RISQUES D’INONDATION

L’URBANISATION SAUVAGE FACE AUX
RISQUES D’INONDATION

Les formes d’occupation du sol à Antohomadinika III G Hangar

Chaque quartier dans la ville a ses caractéristiques imposées par les contraintes naturelles. Les diverses formes d’occupation du sol en dépendent. Le quartier d’Antohomadinika III G Hangar en particulier a ses propres caractéristiques qui ont des impacts sur la population qui occupe ce quartier et également sur le système de drainage. C’est ce qu’on va voir en détail dans le chapitre. I. Occupation anarchique de l’espace Une occupation anarchique de l’espace est caractérisée par la nature et le dynamisme de l’occupation du sol dans le quartier. 1. Nature de l’occupation du sol Le quartier d’Antohomadinika III G Hangar est essentiellement composé par une zone urbaine et une zone marécageuse. Ce quartier est construit en grande partie sur d’anciennes rizières. La nature de l’occupation du sol est constituée par différents types d’utilisation du sol :  Zones bâties : la surface qui représente les milieux occupés par des maisons d’habitation dans le quartier. Elles couvrent la grande partie du quartier.  Zones aménagées : un endroit où la construction est faite avec un aménagement du territoire.  Zones non bâties : les espaces vides en dehors du marécage ; c’est-à-dire, tous les sols nus dans le quartier.  Zones marécageuses : la partie du quartier, caractérisée par une zone humide et à faible altitude, où l’eau est présente en permanence. En général, les zones marécageuses se situent à environ 1248m d’altitude.  Le canal : la superficie occupée par le canal C3 pour drainer l’eau pluviale du quartier  Les voies de communication : ils ont pour rôle d’assurer la circulation interne de la population du quartier. L’urbanisation sauvage face aux risques d’inondation : 31 2. Dynamisme de l’occupation du sol de 2008 à 2017 Du point de vue topographique, les zones à basse altitude sont occupées par les décharges des déchets venant d’en haut, tandis que les constructions sont situées sur les zones en haute altitude. Aujourd’hui, la morphologie urbaine ne suit plus cette logique puisque la zone basse subit de fortes pressions. 

Occupation du sol en 2008

Le tableau (tableau 3) et la carte (carte 5) suivants nous montrent l’analyse globale en l’espace de 10 ans pour mieux comprendre la situation d’occupation du sol dans le quartier. Des types d’occupations du sol ont été vus et enregistrés. Carte 5 : Occupation du sol du quartier en 2008 Source : auteur, 2018 Légende Sol nu Zone marécageuse Canal Zone aménagée Zone bâtie L’urbanisation sauvage face aux risques d’inondation :  Tableau 3 : Occupation du sol en 200851 Source : bureau FKT III G Hangar La zone marécageuse occupe un vaste territoire, dans le quartier Antohomadinika III G Hangar. On la rencontre un peu partout insérée entre le secteur I, le secteur II et le secteur V. Elle occupe une superficie à peu près 25000m2 en 2008, soit environ 14.70%. Les bâtis s’étendent sur une surface environ 90000m2 , occupent 52.94% du territoire. Les sols nus ne représentent qu’une faible proportion car elle n’est que de 16000m2 soit 9.41% du quartier. Ils sont très minimes au profit des autres formes d’occupation du sol. 1.2. Occupation du sol en 2017 Le tableau (tableau 4) et la carte (carte 6) ci- après montrent les changements enregistrés en 2017 sur la forme d’occupation du sol du quartier Antohomadinika III G Hangar. 51Les données sur l’occupation en 2008 sont obtenues à partir d’une approximation de la surface selon la nature d’occupation. Un entretien avec le chef quartier a été faite afin d’estimer ces chiffres. Occupation du sol Superficie en m2 Superficie en % Bâtis 90000 52.94% Canal 9000 5.29% Sols nus 16000 9.41% Zone aménagée 30000 17.64% Zone marécageuse 25000 14.70% Total 170000 100% L’urbanisation sauvage face aux risques d’inondation : 33 Carte 6 : Occupation du sol du quartier en 201752 Source : auteur, 2018 Tableau 4 : Occupation du sol en 2017 Source : auteur, 2018, calcul basé sur l’occupation 2017 52 En utilisant le logiciel Arc Gis, nous pouvons calculer la superficie selon la nature d’occupation du sol du quartier en 2017. Occupation du sol Superficie en m2 Superficie en % Bâtis 116 739,77 65 ,13% Canal 8 768,32 4 ,89% Sols nus 629,44 0 ,36% Zone aménagée 31 421,03 17,53% Zone marécageuse 12 671,4 7 ,06% Total 179 229,96 100% L’urbanisation sauvage face aux risques d’inondation : En 2017, la densification des bâtis est très remarquable d’après la carte 6 et le tableau 4. Les bâtis augmentent d’une superficie de 116 739,77 m2 soit 65,13%. Une réduction de 12 671,4 m2 équivaut à 7,06% en ce qui concerne les marécages. Le sol nu devient exigu au profit des habitations, on enregistre une réduction à 629 ,44 m2 soit 0.36 % de l’agglomération. Selon les deux cartes d’occupation, la construction dans le marécage change l’occupation du sol du quartier. En l’espace de dix ans, c’est-à-dire de 2008 à 2017, la superficie occupée par les bâtis a augmenté de 26739.77m2. La superficie de la zone marécageuse s’est réduite d’environ 12328.60 m2 à cause des constructions dans ces zones. II- Le système de drainage dans le quartier Antohomadinika III G Hangar 1. Eaux usées Les eaux usées sont acheminées soit par des réseaux à système séparatifs ou des réseaux à système unitaire. Pour la majeure partie des maisons individuelles, les usagers ne sont pas branchés à ces réseaux. L’eau s’est dispersée partout. 2. Eaux pluviales Les eaux pluviales sont celles qui tombent sur le quartier ou qui descendent de la ville haute et qui s’écoulent sur son territoire, sur les exutoires avals. Le système mis en place est constitué par des réseaux d’assainissent unitaires, des réseaux séparatifs, des caniveaux, de canal de drainage de fond de vallée. 3. Les drains principaux du quartier Long de 10.700m, le canal C3 est un canal de drainage dans le quartier. Il communique avec le canal Andriantany au niveau du déversoir situé près du quartier. La profondeur maximale du canal C3 amont est de 2m à 67ha avec une envergure de 13m53 . La pente moyenne du canal est de 0.5% qui est la même que celle de la plaine. Et le canal C3 aval dispose d’une profondeur maximale de 0.90 m avec une largeur de canal évacuée à 6 à 9 m. Le canal C3 aval a pour vocation le drainage des périmètres agricoles. Mais lors 53 APIPA, 2018. L’urbanisation sauvage face aux risques d’inondation : 35 d’une urbanisation rapide, tel le cas d’Antohomadinika III G Hangar, elle est devenue un drain mixte, c’est-à-dire en période pluviale, il joue le rôle d’un drain urbain et pendant la saison à faible pluviosité, il sert de drain agricole. 4. La limite du système de drainage L’efficacité du drainage des eaux pluviales s’avère limitée pour les principales raisons suivantes : – L’insuffisance d’un écoulement gravitaire – Un pompage limité – L’absence de curage depuis plusieurs années – Le niveau d’altitude du canal de drainage est supérieur à celui de toutes les zones urbanisées et favorise l’inondation de la plaine d’après la figure ci-après (figure5). Figure 5 : Coupe transversale sur le système hydraulique de la plaine d’Antananarivo Source : APIPA, 2018 D’après la figure ci-dessus, le niveau de la plaine urbanisée ; c’est-à-dire, le niveau où se situe l’habitation de la population est inférieur à celui de l’emplacement des canaux d’irrigation. Ainsi, les zones d’habitation se font envahir par les évacuations d’eaux et une forte augmentation du niveau d’eau sur la zone urbanisée. Pour l’Antohomadinika III G Hangar, en particulier, elle enregistre un taux d’inondation important durant la saison des pluies. Bref, le quartier Antohomadinika III G Hangar enregistre un changement d’occupation du sol sur dix ans. La zone d’habitation évolue rapidement par une occupation anarchique de l’espace, et le système de drainage lié par l’existence du canal C3. L’urbanisation sauvage face aux risques d’inondation : 36 Chapitre 6 : L’aléa inondation dans le quartier Antohomadinika III G Hangar Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’inondation dans le quartier. Parmi ces facteurs, nous allons développer dans ce chapitre les facteurs naturels, physiques et environnementaux de l’inondation du quartier. I- Facteur naturel de l’inondation La pluviométrie et l’intensité des pluies conditionnent l’apparition de l’inondation. On va voir successivement ces deux variables. 1. Intensité des pluies L’intensité statistique des pluies d’Antananarivo est donnée par le tableau ci-après (tableau 5). Il permet de savoir les caractéristiques de l’inondation à Antananarivo. 

Table des matières

Introduction
Partie I: Cadre général de l’étude
Introduction de la première partie
Chapitre 1. Méthodologie de recherche
Chapitre 2 : Présentation de la zone d’étude
Chapitre 3 : Cadre conceptuel de l’étude
Chapitre 4. Cadre contextuel de l’étude
Conclusion de la première partie
Partie II: Implication de l’urbanisation sauvage aux risques d’inondation à Antohomadinika III G Hangar
Introduction de la deuxième partie
Chapitre 5 : Les formes d’occupation du sol à Antohomadinika III G Hangar
Chapitre 6 : L’aléa inondation dans le quartier Antohomadinika III G Hangar
Chapitre 7 : L’urbanisation sauvage dans le quartier
Chapitre 8 : Relation entre l’urbanisation sauvage et l’inondation dans le quartier
Chapitre 9 : Proposition de solutions face à l’inondation
Conclusion de la deuxième partie
Conclusion

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