PLACE DES TESTS SEROLOGIQUES DANS LE DIAGNOSTIC D’HEPATITE B

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PLACE DES TESTS SEROLOGIQUES DANS LE DIAGNOSTIC D’HEPATITE B

Définitions-Interet [42]

Le test de dépistage d’une hépatite B se fait sur une simple prise de sang. Cet examen est réalisé, sur prescription médicale, dans l’ensemble des laboratoires d’analyses biologiques.
Après la contamination, rien n’apparait dans les analyses pendant une période de dix jours à un mois : c’est ce qu’on appelle la « fenêtre sérologique ». Le délai de fiabilité du dépistage est de 3 mois après la prise de risque.
Les premiers marqueurs à apparaître concernent le virus lui-même, soit l’«antigène ». Ces marqueurs sont l’AgHBs et l’AgHBe.
Ensuite apparait une succession d’anticorps dirigés contre différentes parties du virus : anticorps anti-HBc, anticorps anti-HBe, anticorps anti-HBs.
Les anticorps dirigés contre les antigènes de surface (anti-HBs) sont l’examen le plus usuel. En cas de positivité, il indique une exposition ancienne au virus mais le virus n’est plus présent et la personne ne peut pas en contaminer une autre. Les anticorps protègent aussi contre une infection future. En plus de l’exposition contre le virus, les anticorps peuvent aussi être acquis au cours d’une vaccination efficace. Cet examen permet donc de vérifier l’efficacité de la vaccination ou de suivre l’évolution d’une infection et sa guérison.
Les marqueurs permettent de définir le stade d’évolution de l’infection en fonction du moment où le prélèvement sanguin est effectué et des différents marqueurs qui sont apparus.

Les différents tests sérologiques [43]

La stratégie de dépistage de l’hépatite B repose actuellement sur la détection systématique des 3 marqueurs d’infection du VHB (AgHBs, anticorps anti-HBC et anti-HBs) par méthode immunoenzymatique à l’aide d’un prélèvement veineux. Il s’agit d’une stratégie simple, efficace et documentée en terme d’orientation. En cas de positivité, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une nouvelle détermination sur un deuxième prélèvement, comme le prévoit la NABM (nomenclature des actes de biologie médicale)

ELISA [43]

Le test ELISA a été, à l’origine développé pour détecter les anticorps circulants. Il s’agit d’un procédé (immuno absorption enzymatique) qui permet de doser les antigènes (corps considéré comme étranger par l’organisme) et les anticorps grâce à l’utilisation d’un marqueur (molécule dont la détection permet d’identifier ces éléments). Dans la méthode Elisa, ces marqueurs sont des enzymes.
Les tests ELISA sont réalisés sur des plaques de microtitration, en polystyrène ou en polychlorure de vinyle. Ces plaques sont translucides et comportent de nombreuses micro cavités dans lesquelles sont déposés les échantillons. En premier lieu, les antigènes sont déposés dans les cavités qui sont ensuite rincées pour éliminer les Ag en excès, une fraction de ces Ag est restée fixée aux parois des cupules par liaisons hydrophobes. Successivement l’opération est réitérée avec un anticorps primaire puis secondaire, qui lui est liés de façon covalent à la peroxydase oxyde différentes molécules qui, en fonction de leur degré d’oxydation vont présenter des couleurs différentes.
Figure 13: Réaction colorée implique la présence de l’enzyme et donc de la fixation sur le support recherché. [43]
Figure 14: Résultat coloré sera synonyme de positivité. Comme sur la plaque ci-dessus pour les cupules B1, B2, B3, D1, D2 et D3 [43]

RIA [44]

La technique de radio-immunoessais (RIA) repose sur le principe de tous les immuno-essais qui est la reconnaissance d’un antigène présent dans un échantillon par des anticorps dirigés contre cet antigène. Le principe des radio-immunoessais est très proche de celui des tests ELISA compétitifs et permet de quantifier des petites molécules, des peptides et des protéines dans des échantillons biologiques.
La technique de radio-immunoessais (RIA) est une technique in vitro très sensible utilisée pour mesurer la concentration d’antigènes grâce à l’utilisation d’anticorps dirigés contre ces antigènes. Dans un radio-immunoessai, une quantité connue d’antigène est marquée par un élément radioactif et mélangée à une quantité connue d’anticorps dirigé contre cet antigène. Lorsque l’échantillon contenant l’antigène d’intérêt est ajouté, les antigènes non radioactifs se substituent aux antigènes radioactifs. Après élimination des antigènes non fixés par lavage, il est possible de mesurer le ratio entre la radioactivité présente dans le surnageant et celle des standards. Il est ainsi possible de déterminer la quantité d’antigène présent dans l’échantillon.

Immunochromatographie [48]

Les TDR basés sur le principe de l’immunochromatographie sont actuellement les plus utilisés car ils allient une simplicité d’exécution à la présence de contrôles positifs et négatifs inclus dans le test même. A une spécificité et à une sensibilité très satisfaisantes, s’ajoutent les facilités de transport, de conservation et d’utilisation. Un contrôle de qualité est intégré. Par ailleurs, le temps de formation du personnel est réduit à quelques minutes. Sur le terrain dans l’urgence, sans équipement spécial, les TDR permettent de parvenir à un diagnostic biologique de certitude ou de quasi-certitude en quelques minutes. Pratiqués au lit du malade par un médecin ou par un infirmier, ils sont communément appelés les Doctor tests. Cependant, les utilisateurs doivent en connaître les limites en termes de sensibilité et de spécificité. Un résultat positif n’exclut pas la présence d’autres agents pathogènes. Un résultat négatif n’exclut pas la présence de l’agent pathogène (précocité de la réalisation, variabilité interindividuelle). Il convient de respecter le type de prélèvement préconisé par le test (urines, sang, selles). La détection rapide d’antigènes viraux par immunochromatographie sur membrane consiste à déposer l’échantillon à tester à l’une des extrémités d’une membrane de nitrocellulose fixée sur un support plastique ou carton. Si l’antigène recherché est présent, il se lie avec un anticorps marqué. Sous l’effet d’un tampon, les complexes antigènes-anticorps migrent par capillarité et sont arrêtés par des anticorps de capture fixés sur la membrane. Un résultat positif se traduit par l’apparition d’une ligne colorée. L’excès de complexe conjugué continue à migrer et est immobilisé par un anticorps, l’accumulation des complexes colorés entraîne l’apparition d’une ligne colorée, cette seconde ligne ou ligne de contrôle valide le bon fonctionnement de la réaction. En cas de réaction négative, seule la ligne contrôle est colorée. L’apparition des bandes est rapide en 15 à 20 mn. Le principe de la détection rapide d’anticorps par immunochromatographie sur bandelette est identique. Mais, alors que les tests détectant des antigènes ne nécessitent aucun traitement préalable de l’échantillon, les tests recherchant des anticorps imposent une centrifugation préalable des tubes de sang. Mieux vaut travailler sur du sérum que sur du sang total.

Chimiluminescence [49]

Principe de la Chimiluminescence
 Test immunologique microparticulaire par chimiluminescence (CMIA)
Le dosage par l’automate ARCHITECT (Abbott) est un dosage immunologique Microparticulaire par chimiluminescence (CMIA) pour la détection des antigènes ou des anticorps dans le sérum.
Figure 15 : Automate Architect (Abbott)
Les méthodes CMIA permettent d’identifier les antigènes et les anticorps associés aux infections hépatiques virales. Dans la réaction finale, les conjugués antigène-anticorps liés marqués à l’acridinium sont utilisés pour générer un signal chimiluminescent.
Le principe de la chimiluminescence est le marquage des anticorps par des composés chimiluminescents, capables, en présence du carboxamide d’acridinium, de produire de la lumière proportionnellement à la concentration en antigène (figure 16).
Figure 16: Principe de test Immunologique par Chimiluminescence [49]
En pratique, des anticorps monoclonaux, dirigés contre l’AgHBs, sont fixés sur des microparticules magnétiques, et mis en incubation avec le sérum du patient. Des anticorps monoclonaux dirigés contre l’AgHBs marqués au carboxamide d’acridinium sont rajoutés au milieu réactionnel. Les puits de la microplaque sont exposés à un champ magnétique, qui sépare les microparticules des anticorps. La solution est ensuite alcalinisée, ce qui induit l’émission de lumière par le composé chimiluminescent. La lumière mesurée est proportionnelle à la concentration de l’AgHBs dans la solution.

Prélevements [45]

Diagnostic biologique systématique en cas d’hépatite virale et en sécurité virale.
Sang (sérum ou plasma) : recherche d’anticorps, d’antigènes, et de l’ADN viral.

Indications des tests sérologiques [47]

• Obligatoire :
– Donneurs de sang, d’organes, de tissus ou de cellules
– Femmes enceintes
• Recommandé :
– Sujets contacts d’un malade ayant une hépatite B
– Sujets ayant une augmentation des transaminases
– Sujets ayant des facteurs de risque d’infection
• Transfusion sanguine
• Toxicomanie
• Exposition nosocomiale
• Prisonnier
• Migrant, zone d’endémie
• Partenaires sexuels multiples
• VIH

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LE VHB
1.1. Définition
1.2. Classification
1.3. Structure
1.4. Organisation génomique
1.5. Caractères antigéniques
1.5.1. Capside
1.5.2. Enveloppe
1.5.3. Autres protéines
1.5.3.1. Protéine de l’AgHBe
1.5.3.2. La polymérase virale
1.5.3.3. La protéine X
1.5.3.4. Les protéines codées par des ARN épissés
1.6. Caractères physico-chimiques
1.7. Multiplication virale
1.8. Physiopathologie [39]
1.9. Épidémiologie de l’infection par le VHB
1.10. Diagnostic Biologique
CHAPITRE 2 : PLACE DES TESTS SEROLOGIQUES DANS LE DIAGNOSTIC D’HEPATITE B
2.1. Définitions-Interet
2.2. Les différents tests sérologiques
2.2.1. ELISA
2.2.2. RIA
2.2.3. Immunochromatographie
2.2.4. Chimiluminescence
2.3. Prélevements
2.4. Interpretations
2.5. Indications des tests sérologiques
DEUXIEME PARTIE : TRAVAIL PERSONNEL
1. Matériels et Méthodes
1.1. Type et cadre d’étude
1.2. Population d’étude
1.3. Recueil et analyse des données
1.4. Paramètres étudiés
1.5. Échantillonnage
1.6. Méthodes utilisées
2. Résultats
2.1. Résultats globaux
2.1.1. Patientes incluses dans l’étude
2.1.2. Répartition selon les tranches d’âge
2.1.3. Proportion des patients sans information sur leur âge
2.1.4. Répartition selon le statut des patientes
2.1.5. Répartition des patientes selon le service d’origine
2.1.6. Répartition en fonction des antécédents
2.1.7. Répartition selon le motif de diagnostic renseigné
2.1.8. Prévalence hépatique chez les femmes enceintes
2.2. Résultats spécifiques (sérologiques)
2.2.1. Prévalence hépatique
2.2.2. Prévalence hépatique selon tranches d’âges
2.2.3. Prévalence des patientes porteuses des Ac anti-Hbs :
2.2.4. Prévalence des patientes porteuses de l’AgHbe
2.2.5. Prévalence des patientes porteuses les Ac anti-Hbe :
3. Discussion
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
REFERENCES BIBLOGRAPHIQUES
ANNEXES

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