INTERETS DE LA SURVEILLANCE SANITAIRE AUX FRONTIERES EN SANTE PUBLIQUE ET DANS LES ECHANGES INTERNATIONAUX

INTERETS DE LA SURVEILLANCE SANITAIRE AUX FRONTIERES EN SANTE PUBLIQUE ET DANS LES ECHANGES INTERNATIONAUX

 Quelques définitions

« Surveillance sanitaire » La surveillance sanitaire se définit comme le procédé de recueil ou de collecte d’analyse et d’interprétation systématique d’un donné de santé nécessaire à la planification, à l’exécution, à l’évaluation des activités de santé publique et la diffusion intempestive voulue de ces données en ceux qui en ont besoin. « Frontières » : C’est la limite qui sépare deux Etats. « Administration sanitaire »: désigne l’autorité gouvernementale ayant compétence sur l’ensemble du territoire d’un Etat auquel s’applique le Présent Règlement pour y assurer la mise en œuvre des mesures sanitaires qu’il prévoit. « Aéronef » s’entend d’un aéronef effectuant un voyage international. « Aéroport » s’entend d’un aéroport d’arrivée et de départ international. 4 « Affecté », qualifie les moyens de transport, conteneurs, cargaisons, marchandises, ou personnes eux-mêmes infectées ou contaminées, ou qui véhiculent des sources d’infection ou de contamination présentant un risque pour la santé publique. « Arrivée » d’un moyen de transport signifie : a) dans le cas d’un navire de mer, l’arrivée ou le mouillage dans un port ; b) dans le cas d’un aéronef, l’arrivée dans un aéroport ; c) dans le cas d’un bateau de navigation intérieur, l’arrivée soit dans un port, soit à un poste –frontière. « Autorité sanitaire » désigne l’autorité locale ou l’entité directement responsable de l’exécution et de l’application pratique des mesures sanitaires appropriées en vertu du Règlement. « Bagages » désigne des effets personnels d’un voyageur. « Contamination » s’entend d’une contamination pouvant constituer un risque pour la santé publique. « Conteneur » s’entend d’un engin de transport. a) ayant un caractère pérenne et étant, de ce fait, suffisamment résistant pour permettre son usage répété ; b) spécialement conçu pour faciliter le transport des marchandises, sans rupture de charge, par un ou plusieurs modes de transport ; c) muni de dispositifs qui en facilitent la manutention, notamment lors de son transbordement d’un moyen de transport à un autre ; et conçu de façon à être facile à remplir ou à vider « Directeur général » désigne le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. 5 « Événement » désigne une manifestation pathologique ou un fait susceptible d’être à l’origine d’une maladie « Exploitant d’un moyen de transport » désigne la personne ou l’entité responsable d’un moyen de transport, ou son représentant. « Infection » s ‘entend d’une infection pouvant constituer un risque, pour la Santé publique. « Inspection » signifie l’examen des moyens de transport ou l’entité responsable d’un moyen de transport, conteneurs, marchandises, bagages, zones ou installations, ainsi que des informations pertinentes, afin de déterminer s’il existe un risque pour la santé publique. « Isolement » signifie la mise à l’écart des moyens de transport, conteneurs, bagages, marchandises ou personnes, suspects ou affectés, de façon à éviter la propagation de l’infection et/ou de la contamination. « Libre pratique » signifie, pour un navire, l’autorisation d’entrer dans un port, d’y procéder au débarquement et de commencer à opérer ; pour un aéronef, l’autorisation, après atterrissage, de procéder au débarquement et de commencer à opérer ; ou pour un train ou un véhicule routier, l’autorisation, à l’arrivée, de procéder au débarquement et de commencer à opérer. « Maladie » désigne une pathologie d’origine biologique, chimique ou radio nucléaire, pouvant causer des dommages importants aux êtres humains. « Marchandises » désigne les produits tangibles transportés lors d’un voyage international, y compris pour être consommés à bord d’un moyen de transport ; « Moyen de transport » désigne d’un aéronef, un navire, un véhicule routier, un train, ou tout autre moyen de transport, utilisé pour un voyage international. 6 « Navire » désigne un navire de mer ou un bateau de navigation intérieur, qui effectue un voyage international. « Point d’entrée » désigne un port de mer ou un port intérieur. « Point focal national RSI » signifie le centre national désigné par chaque Etat comme ayant la responsabilité et l’autorité de communiquer directement avec l’Organisation mondiale de la Santé concernant l’application et la mise en œuvre du présent Règlement. « Port » désigne un port intérieur ou un port de mer. « Recommandation » et « recommandé » s’appliquent à toute recommandation temporaire ou permanente émise en vertu du présent règlement. « Recommandation permanente » désigne l’avis émis par l’OMS aux termes de l’article 12 du présent Règlement concernant l’application systématique ou périodique de mesures sanitaires appropriées face à certains risques persistants pour la santé publique ou de réduire la propagation internationale des maladies en créant le minimum d’entraves au trafic international. « Recommandation temporaire » désigne l’avis émis par l’OMS aux termes du présent Règlement à des fins d’application sur une base, limitée dans le temps et fonction du risque, en présence d’une urgence de santé publique de portée internationale des maladies en créant le minimum d’entraves international. « Risque pour la santé publique » désigne un événement représentant une menace sérieuse et directe pour la santé des populations humaines. « Suspect » qualifie les moyens de transport, conteneurs, cargaisons, marchandises, bagages, ou personnes que l’autorité sanitaire considère comme ayant été exposés à un risque de santé publique et pouvant constituer une source de propagation de maladies. 7 « Quarantaine » désigne l’état ou la situation d’un navire, aéronef, ou train, véhicule routier, autre moyen de transport ou conteneur, pendant la période ou une autorité sanitaire lui applique des mesures visant à prévenir la dissémination des maladies, des réservoirs de maladies. « Vecteur » désigne un insecte ou tout autre animal susceptible de transmettre une maladie visée par ce Règlement ou par les recommandations émises en vertu de celui-ci. « Visite médicale » signifie l’examen préliminaire d’une personne afin de déterminer si son état de santé présente un risque potentiel pour la santé d’autrui ; et la vérification des documents sanitaires ; le cas échéant, elle peut comprendre un examen clinique si les circonstances le justifient en l’espèce. « Vol » (en cours de vol) désigne le laps de temps s’écoulant entre la fermeture des portes et avant le décollage et leur ouverture à l’arrivée. « Voyage international » signifie : a) dans le cas d’un moyen de transport, un voyage effectué entre des points d’entrée situés sur les territoires de plus d’un Etat ; si le voyage a eu lieu entre des points d’entrée sur le ou les territoires d’un même Etat, ne sont considérés comme « voyage international » que les parties du trajet pendant lesquelles le moyen de transport est en contact avec le territoire de toute autre Etat ; b) dans le cas d’un voyageur, un voyage comportant l’entrée sur le territoire d’un Etat autre que celui d’où le voyageur est parti. « Voyageur » s’entend d’une personne effectuant un voyage international. « Zone affectée » désigne un lieu ou une zone géographique d’un Etat, pour lesquels des mesures ont été recommandées par l’OMS en vertu du Règlement. « Zone de chargement des conteneurs » désigne un lieu ou une installation réservé au chargement des conteneurs utilisés dans le trafic international.

LES MALADIES DITES « URGENCES DE SANTE PUBLIQUE DE PORTEE INTERNATIONALE » ou USPPI

Avant d’entamer l’épidémiologie proprement dite, citons d’abord les maladies dites « Urgence de Santé Publique de Portée Internationale ou USPPI » : la peste, la fièvre jaune, le choléra, la pneumonie atypique ou Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS).

La peste

Historiques

 Il est classique de décrire trois grandes pandémies dans l’histoire de peste : la première, la peste Justinien, au VI et VII siècles de notre ère ; la seconde, ou peste noire du XIV au XVIII è siècle (plus de 50 000 000 de morts) ; la troisième, actuelle, qui a débuté à Canton (Chine) en1894. Elle atteint actuellement l’Afrique, l’Amérique et l’Asie. L’épidémie de peste en Inde en 1994 (pays indemne depuis 1966) a rappelé que la peste a toujours d’actualité. A Madagascar, la peste est entrée en 1898 par le port de Toamasina (Tamatave) (escale d’un bateau venant de l’Inde), puis a touché Antsiranana (Diégo Suarez) en1899 et Mahajanga 1902 à 1907. L’épidémie de peste a atteint la Capitale, Antananarivo, en 1921. A partir de la capitale, la peste s’est installée très rapidement à l’ensemble des Hautes Terres où il a persisté jusqu’à nos jours. Une recrudescence des cas a été constatée depuis une vingtaine d’années au cours desquelles, la peste a ré émergé à Antananarivo et dans le port de Mahajanga après 28 et 63 ans de silence. De 1990 à 1999, 28 7 cas de peste ont été notifiés à l’0MS avec1978 décès par 24 pays. Le chiffre moyen annuel est de 2821 cas et de 198 décès (7,0 %) dont 83,9 % des décès en Afrique. De 1980 à 2001, 16928 des cas de peste ont été notifiés par Madagascar (dont 3500 confirmés).

Définition 

 Maladies des rongeurs, transmises par leurs puces, (SIMOND, 1898, Karachi), due au développement dans l’organisme d’une entérobactérie gram négatif Yersinia pestis (YERSIN, 1894, Hong Kong), la peste. 

Epidémiologie

Mode de transmission

 La peste se transmet à l’homme par la piqûre des puces des rongeurs infectés. Le réservoir de virus : le sol, les rongeurs, les puces. Trois foyers : – foyers ruraux (Hautes Terres) : Rattus Rattus – foyers urbains (Hautes Terres, Antananarivo) Rattus norvegicus (le rôle d’une musaraigne, Suncusmurinus n’a pas été confirmé). Prévalence des porteurs d’anticorps IgG anti-F1 à Mahajanga : 7,6 pour 1000. Les vecteurs sont les puces : Xenopsylla chéopis (maisons : 95 %), Synopsyllus fonquerniei (à l’extérieur 86 à 95 %). 

 Aspects cliniques 

Après une incubation de 3 à 7 jours, la fièvre débute brutalement, accompagnée de céphalées, douleurs, asthénie, nausées. Trois formes cliniques sont décrites : – la peste bubonique ou peste fermée : la plus fréquente, est secondaire à une piqûre de puce infectante. Le bacille, après avoir pénétré la peau, gagne le ganglion lymphatique le plus proche par voie lymphatique. Le ganglion atteint est tuméfié : c’est une adénopathie de siège inguinal (ou) axillaire très douloureuse, le bubon pesteux. Il peut suppurer et s’ulcérer

– la peste pulmonaire ou peste ouverte secondaire : a la propagation d’une infection avancée, initialement sous forme bubonique, puis transmission directe inter humaine d’une extrême contagiosité. Elle réalise une broncho-pneumopathie suraiguë. Son taux de létalité est très élevé. – la peste septicémique : elle est due soit à une infection directe par la circulation sanguine sans bubon, soit, plus souvent, secondaire à une peste bubonique. La mortalité reste élevée. 

La fièvre jaune 

Définition 

La fièvre jaune est une maladie virale aiguë, de durée limitée, qui peut atteindre divers niveau de gravité. La maladie se présente sous deux formes : la fièvre urbaine et la fièvre jaune de la jungle. Le même virus, membre de la famille des flavivirus, cause les deux formes de la maladie. 

Transmission 

La fièvre jaune est transmise par la piqûre de diverses espèces de moustiques infectés, notamment les moustiques des espèces Aedes et Haemagogus, qui piquent le jour. 

Répartition géographique

La fièvre jaune est endémique (c’est-à-dire toujours présente) dans bon nombre de pays tropicaux d’Amérique du Sud et de l’Afrique. De temps à autre, dans ces zones endémiques, le nombre de cas de fièvre jaune peut augmenter considérablement jusqu’à un niveau épidémique. Dans la plupart des cas la transmission de la fièvre jaune se limite aux zones de jungles et aux régions rurales. 

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE
1. GENERALITES SUR LE REGLEMENT SANITAIRE INTERNATIONAL 
1.1 Historiques
1.2 Quelques définitions
2. Les maladies dites « Urgences de Santé Publique de Portée Internationale »
2.1.La peste
2.1.1 Historique
2.1.2 Définition
2.1.3 Epidémiologie
2.1.4 Aspects cliniques
2.2. La fièvre jaune
2.2.1 Définition
2.2.2 Mode de transmission
2.2.3 Répartition géographique
2.2.4 Symptômes
2.3 Le choléra.
2.3.1 Définition
2.3.2 Epidémiologie
2.3.3 Clinique
2.4 La pneumonie atypique
2.4.1 Définition
2.4.2 Historique
2.4.3.Epidémiologie
3. Evaluation de programme de santé
3.1 Définition
3.2 Types d’évaluation
3.2.1 Les 3 axes de l’évaluation .
3.2.2 Evaluation des composantes de programme de santé
3.3 Validité de l’évaluation
3.3.1 Validité des instruments et de la stratégie de mesures .
3.3.2 Validité interne.
3.3.3 Validité externe
3.3.4 Validité de la conclusion statistique
3.3.5 Evaluation du système de surveillance
3.3.5.1 Suivi et évaluation de peste à Madagascar
4. Les nouvelles dispositions de l’OMS sur les maladies de nouvelles recrudescences
4.1 La politique de l’OMS
4.2 Les points essentiels du nouveau RSI
DEUXIEME PARTIE :
ANALYSE DES ACTIVITES DE SURVEILLANCE AU CENTRE DE SANTE AUX
FRONTIERES DE L’AEROPORT INTERNATIONAL IVATO
1. CADRE D’ETUDE31
1.1 Le Centre de Santé aux Frontières à l’Aéroport International IVATO31
1.1.1 Situation géographique
1.1.2 Organigramme du Service Sanitaire aux Frontières
1.1.3 Situation du personnel
1.1.4 Rôle du Service Sanitaire aux Frontières
1.1.4.1 Activités de personnels du CSF pour la prévention de la
peste
1.1.4.2 Activités des autorités sanitaires à propos de la fièvre
jaune
1.1.4.3 Activités de prévention des autorités sanitaires lors de la flambée du choléra
1.1.4.4 Les mesures de prévention lors de la flambée de SRAS
1.1.5 Rôle des autorités sanitaires
selon les réglementations existantes
1.1.5.1 Au niveau communautaire
1.1.5.2 Au premier niveau intermédiaire de santé publique
1.1.5.3 Au niveau national.
1.1.5.4 En cas de USPPI
2. METHODOLOGIE
21 Méthode d’étude
2.2. Objectifs méthodologiques
3.RESULTATS
3.1 Analyses des activités et conséquences 2004
3.1.1 Activités de surveillance sanitaire en 2000.
3.1.2 Activités de surveillance sanitaire en 2001
3.1.3 Activités de surveillance sanitaire en 2002
3.1.4. Activités de surveillance sanitaire en 2003
3.1.5 Activités de surveillance sanitaire de 2000 à 2003
TROISIEME PARTIE :
COMMENTAIRES, DISCUSSIONS ET SUGGESTIONS
1. COMMMENTAIRES ET SUGGESTIONS
1.1 La méthodologie
1.2 Les résultats de notre étude
1.2.1 Cas de la peste
1.2.2 Cas de la fièvre jaune
1.2.3 Cas de SRAS
1.2.4 Cas du choléra
1.3 Problèmes posés lors de la surveillance sanitaire
2. SUGGESTIONS
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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