Le plus grand marché de gros au monde

Le plus grand marché de gros au monde

Le transfert physique du marché, c’est-à-dire le déplacement des commerçants, des produits en stock, du matériel, des administrations, fut à l’image de l’ensemble du projet du marché Rungis, titanesque. Il fut possible grâce à la collaboration d’entités nombreuses et diverses : le ministère de l’Intérieur, les syndicats de grossistes, les syndicats de transporteurs, la SNCF, la RATP, la SEMMARIS… Le choix de la date a été décidé après de longues réunions entre tous les acteurs. La SEMMARIS a souhaité ouvrir le MIN de Rungis à la période la plus propice au transport des grossistes et des marchandises, afin d’éviter que l’approvisionnement alimentaire de la région parisienne soit trop impacté par ce déménagement historique. Le choix de cette date était soumis à de nombreuses contraintes. Dans un document interne daté du 19 septembre 1968, la SEMMARIS recensa les impératifs préalables à toute ouverture du site198. Tout d’abord, pour que les acteurs du marché puissent travailler correctement, il était impératif que les travaux de base soient achevés, mais également que les aménagements intérieurs et les équipements des locaux aient été réalisés.

Cependant, les mouvements sociaux de mai et juin 1968 vont considérablement retarder la fin du chantier et donc repousser la date d’ouverture du Marché d’Intérêt National de Rungis. Toute l’économie française est alors paralysée par les grèves. De plus, la période des congés d’été est peu propice à la relance de l’activité économique, car de nombreuses entreprises ferment leurs portes pendant les premières semaines d’août. La SEMMARIS s’inquiète de ce retard : « La conjonction des évènements du mois de mai dernier et de la période des congés annuels a eu des conséquences particulièrement critiques sur le planning des travaux du marché de Rungis. La mise en place de certains aménagements subit un retard de 3 mois. Il en résulte que certains travaux qui devraient être exécutés avant les intempéries vont se situer dans une période d’hiver ce qui allongera encore les délais. Par conséquent, le retard qui pourra d’une manière générale être limité à deux mois, par rapport à l’échéance primitive du 15 novembre 1968, pourra atteindre pour certains aménagements une durée pouvant aller jusqu’à trois voire quatre mois ». Si les bâtiments sont presque tous terminés ou sur le point de l’être, les évènements du printemps 1968 vont retarder l’aménagement intérieur des bâtiments.

Par conséquent, les grossistes ne pourront pas s’installer sur le marché avant le 15 janvier 1969 sous réserve que ces travaux d’aménagement commencent dès le 1er octobre 1968 et que les entreprises chargées de ces travaux puissent se fournir en matériaux et que la main-d’œuvre soit disponible en nombre suffisant. Outre l’aménagement intérieur, il est également nécessaire que le marché de Rungis soit correctement raccordé au réseau routier et que les travaux d’aménagement des voies entourant le site soient bien avancés. La mise en Voie-Express de la RN 186 au début de l’année 1969 et l’amélioration de la RN 20 sont en cours, mais le retard pris sur ces deux chantiers n’est pas bloquant pour l’ouverture du marché, selon la SEMMARIS. De plus, le raccordement du marché avec l’autoroute A6 est déjà effectif ce qui est un élément indispensable pour le fonctionnement du MIN. Les infrastructures routières ne sont donc pas un frein à une ouverture du marché. Le troisième critère indispensable pour que le déménagement se passe dans de bonnes conditions, c’est que le trafic du marché des Halles soit à un niveau relativement faible.

En effet, il serait inconcevable de transférer plusieurs milliers de tonnes de produits, ainsi que plusieurs milliers d’usagers des Halles Centrales de Paris, en plein mois de décembre, au moment où l’activité des commerçants et des grossistes est la plus importante de l’année à cause de la période des fêtes. C’est pourquoi la SEMMARIS s’est employée à déterminer la période la plus creuse pour chaque secteur d’activité. Concernant les fruits et légumes, l’activité est stable entre les mois de janvier, février et mars. Le secteur des B.O.F. voit son activité augmenter progressivement entre les 3 premiers mois de l’année. À l’inverse, le secteur de la marée voit son tonnage baissé de 10 % chaque mois après les fêtes. Enfin, concernant les fleurs, l’arrivée du printemps provoque une hausse du tonnage des ventes du secteur. La SEMMARIS conclut son étude en remarquant que le trafic du marché ne fait pas apparaitre de différences considérables entre les mois de janvier, février et mars. L’entreprise émet cependant l’idée qu’il serait plus judicieux d’ouvrir le marché à une période où les produits sont nombreux et variés afin d’attirer les acheteurs potentiels.

 

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