EMPREINTES EN PROTHESE FIXEE

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EMPREINTES EN PROTHESE FIXEE

Généralités 

L’empreinte n’est pas un but en soi. Elle n’est qu’un maillon de la chaine d’actes visant à la réalisation d’une prothèse fixée. Elle se définit comme un enregistrement en négatif de la topographie d’une région de la cavité buccale ou d’un modèle (techniques indirectes). Son moulage permet d’obtenir une réplique en positif.Ainsi, elle est le moyen de reproduire une partie de la cavité buccale d’un patient pour observer, étudier ses arcades dentaires. Elle devient dans ce cas un examen complémentaire d’aide au diagnostic, permettant la conceptualisation d’un plan de traitement. On peut alors le qualifier d’empreinte préliminaire ou empreinte d’étude et sa réalisation est relativement simple. Elle pourra, ou non, spatialisée et mise en mouvement afin d’approcher la cinématique mandibulaire réelle du patient grâce à un articulateur, ce qui permettra d’approfondir l’étude du cas clinique. Mais elle peut aussi constituer l’une des séquences d’un processus de fabrication de l’élément prothétique. C’est alors un élément physique ou numérique, d’ordre technique, devant restituer une grande quantité de paramètres. Sa réalisation devient beaucoup plus complexe. Au final, l’empreinte est une source d’information indispensable à l’élaboration de la prothèse. La prise d’empreinte constitue ainsi une étape charnière dans la longue chaine prothétique : sa réussite détermine pour une grande partie le succès du traitement.

Matériaux d’empreintes

Cires et dérivés thermoplastiques Elles ont été beaucoup utilisées. Cependant elles ont perdu leur importance en prothèse fixée même si certaines de leurs caractéristiques restent avantageuses. [27,84] Nous distinguons les cires animales et les cires synthétiques. Ces bases permettent d’obtenir les cires à modeler, les cires dites de fonderie, les cires collantes et les mélanges à empreintes thermoplastiques réversibles (anciens et modernes). Les cires sont, soit employées lors d’une prise d’empreinte directe, soit utilisées à une étape de la réalisation d’une prothèse coulée. Du point de vue dilatométrique, le passage d’une température de 37°C (cavité buccale) à celle de 25°C (température ambiante) se traduit par un pourcentage linéaire de contraction thermique de : 0,3 à 0,4%. De même, leur faible conductibilité thermique entraîne la possibilité d’induction de contraintes internes, susceptibles de se relâcher secondairement [71]. Hydrocolloïdes [34] Les hydrocolloïdes se présentent suivant le cas : soit à l’état de sol, soit à l’état de gel, avec possibilité de passage d’un état à l’autre. Selon la réversibilité de cette transformation (par action d’un gradient de température), nous distinguons les hydrocolloïdes irréversibles et les hydrocolloïdes réversibles.

Hydrocolloïdes irréversibles

Ils proviennent d’extrait d’algues brunes, c’est un polymère de l’acide hyaluronique. Ce solide se gonfle en présence d’eau par absorption de plusieurs fois son poids et liquide. Généralement la gélification est déterminée par des agents chimiques, par précipitation acide alginique, dont la gélification conduit aux alginates, représente la base chimique des hydrocolloïdes irréversibles. La gélification de cet acide conduit aux alginates dont les plus intéressants pour nous sont les alcalins et les alcalino-terreux. On décrit trois classes :
– Classe A : pour les empreintes d’inlays et de couronnes,
– Classe B : pour les empreintes de pièces dentaires classiques,
– Classe C : pour les modèles d’études et les portes empreintes individuels.
Afin d’obtenir une empreinte de précision nous intéressons surtout aux déformations des gels :
– La déformation peut être mécanique si le porte empreint est retiré de façon maladroite et brutale,
– La déformation peut être hydrocinétique soit :
o Par déshydratation, évaporation, ou par synérèse qui se traduit par une rétraction à la suite d’un long séjour de l’empreinte à l’air ambiant,
o Par imbibition du gel par de la salive, qui se traduit par une expansion.
De ce fait, il est impératif de traiter l’empreinte dans les minutes qui suivent la prise. Les propriétés mécaniques des hydrocolloïdes irréversibles sont supérieures à celles des hydrocolloïdes réversibles mais dépendent du rapport poudre/eau, du temps de spatulation et du temps écoulé après gélification. Elles restent cependant satisfaisantes face aux normes A.D.A. (Association Dentaire Américaine) [16]. La mise en œuvre d’une empreinte aux alginates nécessite un bol de forme parabolique et une spatule large seront nécessaires à une spatulation manuelle qui aplatira vigoureusement et rapidement la poudre et l’eau contre les parois du bol. Des appareils mécaniques peuvent réaliser une spatulation homogène. Dans tous les cas, nous aurons soin de respecter les proportions en poudre et en liquide données par le fournisseur, ceci avec une eau aux alentours de 1°C pour l’alginate du porte empreinte et une eau à 0°C pour la seringue d’après Poggoli [12]. Après une spatulation homogène, un porte-empreinte non perforé, individuel ou de série est chargé suivant la précision désirée du modèle positif. L’emploi d’un porte-empreinte non perforé sera obligatoirement associé à son vernissage par un adhésif approprié aux alginates. L’empreinte sera portée en bouche et maintenue pendant la gélification. Le retrait du porte-empreinte se fera sans hésitation. Le rinçage à l’eau (ou au sulfate de potassium) précède le traitement immédiat de l’empreinte. Le traitement au plâtre semble le plus approprié à ce type d’empreinte. Cet inconvénient est supprimé si nous immersions l’empreinte dans une solution de sulfate de potassium à 2% avant son traitement [23]. Ensuite cette empreinte est rincée avec du lait de plâtre. En effet, l’emprisonnement des germes de gypse par les colloïdes et les borates d’une part et l’exsudat synérétique d’autre part, autorise une meilleure précision de surface (2µm), le lait de plâtre activant la prise de ce dernier [23]. Le matériau n’a pas connu en prothèse fixée le succès qu’il connaît en prothèse adjointe. Peut-être est-ce dû à l’absence de techniques suffisamment détaillés. On met en évidence, par la suite, le rôle important que peut tenir ce matériau économique au sein de technique reconnue.

Hydrocolloïdes réversibles

Ce matériau présente la possibilité de modifier son état de sol à gel. La gélification est déterminée par un agent physique : la température. En présence de gel, si nous élevons la température, nous restaurons l’état de sol du matériau. L’agar-agar est le constituant de base des hydrocolloïdes réversibles. L’agar-agar constitue donc 5 à 15% du poids du matériau tandis que l’eau en représente 70 à 84%. Pour la plupart des produits, les possibilités de travail se situent entre 37 et 42°C. La viscosité des sols évolue avec la température, elle augmente en passant de 37°C à 65 °C.
La Stabilité dimensionnelle dépendra de la déformation des gels qui sont de deux ordres, elles sont:
– Mécanique, si le porte-empreinte est retiré de façon maladroite ou brutale, le fait de désinsérer lentement une empreinte est une cause d’infidélité par création d’une déformation permanente.
– Hydrocinétique, si une faute technique est commise (tout comme pour les hydrocolloïdes irréversibles) elle se traduit par :
o Une expansion par contact salivaire, o Une rétraction par déshydratation. Les phénomènes de synérèse et d’imbibition décrits pour les alginates voient leur importance augmenter lorsque deux portions de matériaux, d’épaisseurs différentes, sont concernées. Il en résulte une déformation. La mise en œuvre nécessite un matériel convenable constitué de bouilloires, d’une seringue, et d’une porte empreinte à circulation d’eau interne. Le porte-empreinte employé sera nécessairement à circulation interne d’eau afin de réfrigérer la substance à empreinte pour la gélifier. Il sera mécaniquement rétentif pour le matériau. Après avoir soigneusement séché la zone de travail, nous insérons la porte empreinte préalablement chargé. La désinsertion sera franche et dans l’axe de la préparation. Au quotidien, il est conseillé de traiter l’empreinte dès sa désinsertion. Pourtant BACHMANN et NALLY préconisent de différer la réalisation des modèles d’une hémi arcade. Si besoin est, une conservation de quelques heures est possible dans un sachet de polyéthylène, d’une manière étanche et sous vide [12].

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : RAPPELS SUR LA FLORE BUCCALE ET LES EMPREINTES EN PROTHESE FIXEE
I. FLORE BUCCALE
1. Bactéries
1.1. Bactéries à gram positif
1.1.1. Cocci
1.1.1.1. Genre Streptococcus
1.1.1.2. Genre Staphylococcus
1.1.1.3. Genre Enterococcus
1.1.1.4. Genre Gémella
1.1.2. Bacilles
1.1.2.1. Genre Actinomyces
1.1.2.2. Genre Corynebacterium
1.2. Bactéries à gram négatif
1.2.1. Cocci
1.2.2. Bacilles à gram négatif
1.2.2.1. Genre Prevotella
1.2.2.2. Genre Capnocytophaga
1.2.2.3. Genre Aggregatibacter
1.3. Spirochètes
2. Techniques de mise en évidence
2.1. Milieux de culture
2.1.1. Préparation des milieux
2.1.2. Types de milieux
2.2. Micro-méthodes
II. EMPREINTES EN PROTHESE FIXEE
1. Généralités
2. Matériaux d’empreintes
Cires et dérivés thermoplastiques
Hydrocolloïdes
2.2.1. Hydrocolloïdes irréversibles
2.2.2. Hydrocolloïdes réversibles Elastomères
2.3.1. Polysulfures
2.3.2. Polyéthers
2.3.3. Organo-siloxanes
3. Techniques d’empreinte
3.1. Empreintes conventionnelles
3.2. Empreinte optique
III. RISQUE INFECTIEUX
1. Evaluation du risque infectieux en odontologie
2. Evaluation du risque infectieux en prothèse fixée
2.1. Empreintes
2.2. Pièces prothétiques
IV. DECONTAMINATION
1. Définition
2. Méthodes de décontamination
2.1. Physique
2.2. Chimique à froid
3. Moyens de décontamination
3.1. Critères de choix
3.2. Solutions de décontamination
3.2.1. Dérivés chlorés
3.2.2. Dérivés iodés
3.2.3. Dérivés phénoliques
3.2.4. Alcools
3.2.5. Chlorhexidine
3.2.6. Dérivés aldéhydes
3.2.7. Ammoniums quaternaires
DEUXIEME PARTIE : ÉVALUATION MICROBIOLOGIQUE DES EMPREINTES RÉALISÉES DANS LES CABINETS DENTAIRES DE DAKAR
I. JUSTIFICATIONS
II. OBJECTIF
III. MATERIELS ET METHODES
1. Type et période d’étude
2. Cadre d’étude
3. Population d’étude
3.1. Echantillonnage
3.2. Critères d’inclusion.
3.3. Critères de non inclusion
4. Description des variables
4.1. Variables liées aux chirurgiens-dentistes
4.2. Variables liées aux empreintes
4.3. Variables liées aux prélèvements effectués
5. Instruments de mesure
6. Procédure de collecte et analyse microbiologique des empreintes
6.1. Collecte de données
6.2. Technique de prélèvements
6.3. Analyse microbiologique
7. Analyse des données
8. Considérations éthiques
IV. RESULTATS
1. Statistiques descriptives
1.1. Caractéristiques sociodémographiques des chirurgiens-dentistes
1.1.1. Genre
1.1.2. Type d’exercice
1.1.3. Site d’exercice
1.1.4. Années d’expérience
1.2. Caractéristiques des empreintes sélectionnées
1.2.1. Matériaux à empreintes utilisés
1.2.2. Traitement des empreintes
1.2.2.1. Rinçage des empreintes après désinsertion
1.2.2.2. Décontamination des empreintes
1.2.2.3. Solutions de décontamination
1.2.2.4. Facteur guidant le choix de la solution de décontamination
2. Caractéristiques des prélèvements analysés
2.1. Traitement des prélèvements
2.2. Présence de germes sur les prélèvements analysés
2.3. Germes isolés sur les prélèvements analysés
3. Analyse bi-variée
3.1. Rinçage et années d’expérience
3.2. Décontamination et années d’expérience
3.3. Matériaux d’empreinte et décontamination
3.4. Matériaux d’empreintes et présence de germes
3.5. Matériaux d’empreinte et germes isolés.
V. DISCUSSION
1. Limites de l’étude
2. Caractéristiques sociodémographiques des praticiens
3. Caractéristiques des empreintes
4. Caractéristiques des prélèvements analysés
5. Evaluation des types de microorganismes sur les prélèvements analysés
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

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