LA CONCILIATION MEDICAMENTEUSE

LA CONCILIATION MEDICAMENTEUSE

Définitions et objectifs 

Définition de la conciliation médicamenteuse Selon la HAS, « la conciliation des traitements médicamenteux est un processus formalisé qui prend en compte, lors d’une nouvelle prescription, tous les médicaments pris et à prendre par le patient. Elle associe le patient et repose sur le partage d’informations et sur une coordination pluriprofessionnelle. Elle prévient ou corrige les erreurs médicamenteuses en favorisant la transmission d’informations complètes et exactes sur les médicaments du patient, entre professionnels de santé aux points de transition que sont l’admission, la sortie et les transferts. » L’usage a également consacré l’expression « conciliation médicamenteuse ». (48) Cette définition, datant de mars 2015, fait suite à l’expérimentation Med’Rec. I.b Définitions des divergences intentionnelles et non intentionnelles Une divergence intentionnelle est définie comme une modification volontaire du traitement par le prescripteur. Une divergence non intentionnelle est définie comme une modification involontaire du traitement par le prescripteur. Cette dernière est susceptible d’engendrer des erreurs médicamenteuses pouvant avoir un impact clinique sur le patient. 46 I.c Objectifs Les objectifs de la conciliation médicamenteuse (CM) sont : – L’identification des divergences éventuelles, intentionnelles ou non intentionnelles, entre le traitement médicamenteux habituellement pris par le patient et la prescription hospitalière – Une meilleure prise en charge médicamenteuse du patient : développement de la pharmacie clinique, analyse pharmaceutique et gestion du traitement personnel – Une meilleure coordination ville-hôpital permettant de diminuer les EIM, notamment les erreurs médicamenteuses telles que l’omission de médicaments, les erreurs de dosage, de rythme, de forme galénique ou la prescription de médicaments inappropriés en favorisant le partage d’informations – Une maîtrise des dépenses de santé : diminution du nombre de ré-hospitalisations et diminution des coûts de prise en charge des évènements indésirables. La CM permet au patient d’être acteur de sa santé en devenant une source informationnelle importante. Il participe à la sécurisation et à la qualité de son parcours de soins. Elle améliore l’information du patient sur ses médicaments et favorise le signalement d’effets indésirables qui sont survenus ou qui auraient pu survenir. Elle est plus particulièrement indiquée chez des patients à risque tels que les personnes âgées, hospitalisées en urgence, polymédiquées, polypathologiques, insuffisantes rénales… (49) 47 Recherche de l’historique médicamenteux Elaboration du bilan médicamenteux Rédaction de la prescription hospitalière intégrant le bilan médicamenteux Vérification de l’absence de divergences Rédaction de la prescription hospitalière Recherche de l’historique médicamenteux Elaboration du bilan médicamenteux Comparaison du bilan médicamenteux à la prescription hospitalière et caractérisation des divergences Correction et actualisation de la prescription 

La conciliation médicamenteuse à l’admission du patient

Il existe deux modes de conciliation : la conciliation proactive et la conciliation rétroactive. (48)  La conciliation proactive consiste à rechercher l’historique médicamenteux du patient, élaborer son bilan médicamenteux, puis, après prescription hospitalière, vérifier l’absence de divergences. Le bilan médicamenteux est donc établi avant la prescription hospitalière.  La conciliation rétroactive consiste à rechercher l’historique médicamenteux du patient, élaborer son bilan médicamenteux et le comparer à la prescription hospitalière afin de caractériser les divergences. Les potentielles erreurs médicamenteuses seront alors corrigées. Le bilan médicamenteux est donc établi après la prescription hospitalière. Figure 17 : Conciliation médicamenteuse proactive Figure 18 : Conciliation médicamenteuse rétroactive 48 Le mode rétroactif permet l’interception des erreurs médicamenteuses tandis que le mode proactif permet leur prévention. Selon Leguelinel-Blache, la CM proactive réduirait le pourcentage de patients ayant au moins une erreur médicamenteuse comparativement à la CM rétroactive (respectivement 2,1% vs 45,8%, p<0,001). (50) Selon Curatolo, le passage d’une CM rétroactive à une combinaison de CM rétroactive et proactive entraînerait la réduction de 72% des erreurs médicamenteuses. (51) Le mode proactif est donc plus efficient mais plus complexe à mettre en œuvre de par les difficultés organisationnelles engendrées. Il exige la disponibilité quasi immédiate du pharmacien afin de réaliser la CM avant la première prescription hospitalière, ce qui est difficile en pratique compte tenu des nombreuses et diverses missions déjà confiées aux pharmaciens

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