L’étude de l’activité de conception et concepteurs

L’étude de l’activité de conception

    Aujourd’hui, nous voyons que beaucoup d’études ont été menées autour du sujet de l’activité de conception et les concepteurs. Cross, par exemple a mis en évidence la co-évolution entre le problème et la solution pour expliquer la dynamique et les mécanismes créatifs pendant une activité de conception. [DORST et CROSS 2001] Or, on voit que si bien ces analyses permettent de décortiquer assez profondément cette activité, les efforts pour les contextualiser et exploiter sur le terrain industriel les sont moins. Le résultat, les entreprises ne disposent pas aujourd’hui des outils support pour s’engager dans un processus de conception. Cela est d’autant plus flagrant lorsque les objectifs industriels visent vers une conception innovante (en opposition avec la conception routinière, voir plus bas). Notre objet de recherche vise donc de revoir l’activité de conception en intégrant l’aspect stratégique de l’entreprise en y impliquant évidemment les acteurs concernés. Nous faisons cette remarque car, comme l’on dit plus haut, dans la littérature on trouve souvent des approches visant l’étude de l’activité de conception en soi et non pas l’ensemble processus- entreprise. Donc, nous nous intéressons plutôt aux effets de l’activité de conception sur l’entreprise et vice-versa. Cela est d’autant plus patent quand la taille (et donc « l’inertie ») de l’entreprise est relativement faible, donc l’influence du déroulement du processus de la méthodologie de conception est l’étude des principes, pratiques et procédures de conception. Son objet d’étude est la conception et la manière dont une démarche de conception doit être conduite. Elle inclut : l’étude des façons de travailler et de penser des concepteurs ; la mise en place de structures appropriées pour le processus de conception ; le développement et l’application de nouvelles méthodes, techniques et procédures ; des réflexions sur la nature et les domaines d’applications des connaissances de conception et leurs applications à la résolution de problèmes de conception. » [PERRIN 2001]

Conception innovante, conception routinière

Plusieurs auteurs présentent des typologies de processus de conception de produits (Blanco, Ullman, Denneux, Brown,…). La plus répandue et la plus utile pour notre recherche différentie conception routinière et conception innovante, puis d’autres variantes comme la conception créative, la conception paramétrée, etc. Nous positionnons notre objet de recherche clairement dans la conception innovante et la conception créative. Nous y reviendrons. distribution de l’innovation » au long du processus. Nous constatons que même dans des processus de conception innovante, on peut avoir des phases de caractère plutôt routinier. Si l’on reconnaît que le processus d’innovation est bien un phénomène global et systémique, on peut pourtant faire ces observations. En utilisant la définition évoquée par Bocquet d’après la norme ANSI EIA-632 (ANSI/EIA 1998) sur l’ingénierie de systèmes (voir figure 14), trois strates sont identifiées. A savoir une dimension management (planification, processus d’évaluation, processus de contrôle) ; une dimension liée au cycle de vie du produit, donc du processus de conception même (acquisition de matières, conception, réalisation) ; puis la dimension liée aux supports techniques et les ressources d’appui). Sur ces trois dimensions de l’ingénierie de systèmes, le caractère innovant d’un processus peut se placer dans l’axe temps à certaines phases et de manière spécifique à une dimension donnée.

L’innovation doit être vue comme un processus d’apprentissage et de production de connaissances nouvelles, tant sur la technologie du produit et sur le rôle des objets intermédiaires qui les problématisent et les capitalisent que sur le processus de conception et sur le rôle des différents acteurs. Il montre ainsi que l’innovation ne s’inscrit pas nécessairement dans un modèle diffusionniste, où son succès serait attribué principalement aux qualités intrinsèques de connaissances nouvelles appliquées dans un contexte particulier. Au contraire, l’intérêt par exemple pour une nouvelle technologie va poser nombre de problèmes qui ne seront vaincus que par l’intéressement et la volonté d’un nombre croissant d’acteurs de la conception. Ce qui conduira à construire des connaissances sur cette nouvelle technologie, à enrôler de nouveaux acteurs, à concevoir de manière coopérative un dispositif de coordination dans lequel se déroulera la conception.

 

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