DIGESTIBILITE DU TOURTEAU DE JATROPHA CHEZ LE MOUTON DE RACE PEULH PEULH

DIGESTIBILITE DU TOURTEAU DE JATROPHA CHEZ LE MOUTON DE RACE PEULH PEULH

Etat des connaissances sur Jatropha curcas

Aire de distribution Jatropha curcas est une plante ancienne. Des formes fossiles datant de l’ère tertiaire auraient été découvertes au Pérou. Il semble que la plante fut introduite au 16e siècle aux îles du Cap Vert par les marins portugais, puis en Guinée Bissau pour se répandre ensuite en Afrique et en Asie. On la trouve actuellement dans toutes les régions tropicales et intertropicales ainsi que sur les îles tropicales. Son aire de distribution naturelle se situe principalement dans les zones arides et semi-arides (Jones et Miller, 1992 ; Makkar et al., 1997) mais on la rencontre également dans les régions tropicales humides comme le Guatemala (> 4000 mm/an), ou le Nord du Vietnam et de la Thaïlande. Ainsi, Rijssenbeek et al. (2007) situent son aire de culture entre les latitudes 30°N et 35°S (figure 1).

Description botanique

Jatropha curcas se présente sous la forme d‘un arbre ou arbuste de 2 à plus de 10 m de hauteur. Son écorce grise ou roussâtre est marquée de taches blanches. La feuille, en forme de cœur, est plus ou moins découpée en 3 à 5 lobes. Ses branches contiennent du latex. Souples quand elles sont jeunes, elles deviennent cassantes avec l’âge. Sa floraison est liée au régime des pluies. L‘arbre donne des fruits de couleur jaune qui deviennent marron foncé en séchant. Les fruits contiennent 1, 2 ou 3 graines riches en huile. La multiplication de Jatropha peut être réalisée par graines ou par boutures. Figure 2 : Parties importantes de Jatropha curcas L. a : branche florifère, b : écorce, c : nervures des feuilles, d : fleur femelle, e : fleur mâle, f : coupe d’un fruit vert, g : fruits, h : coupe longitudinale d’un fruit, i : graine Source : Deghan (1994). 6 I.3. Biologie Münch (1986) décrit une germination induite par le changement d‘humidité dans l‘air, à la suite d‘une période de sécheresse. Il faut compter 1 à 4 semaines pour la germination qui est suivie du développement de l‘axe principal, des feuilles et du système racinaire Heller (1996). Dans un environnement favorable (principalement humidité), la plante issue de bouture se développe plus vite que celles issues de graine (Domergue et Pirot, 2008). L’inflorescence est le plus souvent proche de l‘extrémité des jeunes pousses ou à la périphérie de la cime. D’après Vidal et al. (1962), la première fleur d’une plante issue d’une graine se formerait 4 à 5 ans après la germination. Cette observation est surtout valable pour des conditions climatiques arides (Iles du Cap Vert par exemple). Sur le terrain, si les conditions environnementales sont correctes, quelques fleurs peuvent apparaître dès la première année. Cependant, la floraison a toute son ampleur la seconde et troisième année. Les plantes issues de boutures fleurissent plus tôt que celles issues de graines. Adam (1953) a observé des productions 4-5 mois après la plantation (soit une floraison entre 2 et 3 mois). Dans les régions où alternent les saisons sèches et humides, la floraison semble induite par le début de la saison des pluies. Ainsi, Freitas (1906) ; Sukarin et al. (1987) mentionnent que certains arbres fleurissent (et donc produisent) une à deux fois par an, en fonction du site considéré et de l’écotype. Selon Vidal (1962), dans les régions humides en permanence, la floraison peut durer toute l‘année. La pollinisation se fait par les insectes et aboutit à la formation de fruits triloculaires. Selon Münch (1986), la maturité du fruit est atteinte 3 à 4 mois après la fécondation. Le fruit est une capsule presque sphérique, de 4 cm de long et 3 cm d’épaisseur, d’une à trois loges séparées (les carpelles) contenant chacune une graine. Le fruit est vert lorsqu‘il se forme, puis il jaunit et devient rouge-noir ridé et rugueux. Le fruit mûr a un poids moyen de 2,16 g avec un rapport graines sèches / fruits frais d’environ 15 % (Sucher, 1999). 

Ecologie et pratiques culturales

Températures

L‘aire d‘expansion de la plante montre que Jatropha curcas aime la chaleur. L‘arbre tolère une température moyenne annuelle de 11 à 28 °C, mais sa température optimale se situe entre 20 et 28 °C (Ullenberg, 2007). 7 B . Eau La pluviométrie est un important facteur du rendement. Des études montrent que Jatropha curcas donne une production faible avec un régime pluviométrique minimal de 500 à 600 mm/an, mais le rendement de cette plante devient optimal avec un niveau de précipitations de 1 200 à 1 500 mm (Euler et Gorriz, 2004). C . Sols Même si, d‘après l‘ensemble des auteurs, Jatropha s‘accommode bien de la plupart des conditions édaphiques, l’espèce préfère les sols profonds, de texture sableuse, à structure grumeleuse, où son système racinaire peut se développer de manière optimale. Elle est également capable de croître entre les rochers sous lesquels il y a un peu de terre, et on peut la cultiver sur des sols secs et caillouteux (Godin et Spensley, 1971). En outre, la plante est adaptée aux sols marginaux, c‘est-à-dire peu fertiles et impropres à la culture, avec une faible teneur en éléments nutritifs (Heller, 1996). Son système racinaire développé lui permet en effet de mobiliser les éléments des couches profondes du sol. Ce système racinaire, grâce à sa croissance rapide et sa forte ramification, semble également intéressant pour lutter contre l‘érosion (Achten et al., 2007) D . Densité de plantation et productivité individuelle de l‘arbre En Inde, dans la zone semi-aride de Gujarat (540 mm/an, 31 °C en été et 22,8 °C en hiver), une expérience a comparé la productivité individuelle du Jatropha à différentes densités de plantation (Chikara et al., 2007) : – 1 m x 1 m (10 000 plants/ha) – 2 m x 1 m (5000 plants/ha) – 1,5 m x 1,5 m (4 444 plants/ha) – 2 m x 2 m (2 500 plants/ha) – 3 m x 2 m (1 666 plants/ha). Le résultat a montré que le rendement individuel le plus élevé a été obtenu pour la densité la plus faible (1 666 pieds/ha) avec 94,23 g de graines sèches par plante. La densité 1 m x 1 m n‘a donné qu‘un rendement de 31,87 g par plante. Toutefois, si l‘on ramène ce rendement à l‘hectare, c‘est cette densité qui donne la plus haute production : 318,7 kg de graines sèches à l‘hectare, contre 156 kg pour les 1 666 pieds. Les auteurs reconnaissent ne pas pouvoir tirer de recommandation de densité optimale à partir de cette expérience puisque les observations 8 ont été faites sur des plantations de 1 an et demi. Selon eux, les densités les plus fortes connaîtront une sévère compétition qui sera défavorable au rendement individuel. Toutefois, une autre expérience menée au Brésil par Ungaro et al. (2007) semble montrer que les fortes densités n’affectent pas significativement la productivité individuelle tout en maintenant un rendement à l’hectare plus élevé. En effet, ces auteurs ont comparé 4 densités de plantation : 2 m x 1 m, 3 m x 1 m, 2 m x 2 m, et 3 m x 2 m pour des plantations de 4 ans (plants issus de pépinières). Aucune différence significative de la productivité individuelle n‘a été observée. Les rendements les plus élevés ont été obtenus pour les densités les plus fortes : 4,08 t/ha pour la densité 2 m x 1 m et 2,8 t/ha pour la densité 3 m x 1 m. 

Table des matières

 INTRODUCTION
SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
CHAPITRE I : Etat des connaissances sur Jatropha curca
I.1. Aire de distribution
I.2. Description botanique
I.3. Biologie
I.4. Ecologie et pratiques culturales
A. Températures
B . Eau
C . Sols
D . Densité de plantation et productivité individuelle de l‘arbre
I.5. Description de la graine
I.6. Extraction de l’huile
I.7. Utilisations de Jatropha curcas (figure 3)
I.7.1. Utilisation de l’huile
A. Utilisation de l’huile de Jatropha en tant que carburant
B. Utilisation de l’huile en savonnerie
C. Eclairage avec de l’huile de Jatropha
I.7.2. Valorisation des coproduits de la récolte
I.7.3. Composés toxiques de la graine de jatropha
I.7.4. Possibilités d’utilisation du tourteau de Jatropha
I.7.4.1. Valorisation en alimentation animale
I.7.4.2. Utilisation comme engrais organique
I.7.4.3. Production de biogaz
I.7.4.4. Utilisation comme biocombustible
I.7.4.5. Valorisation des principes actifs de la plante
I.8. Toxicité de jatropha Curcas chez la chèvre et le mouton
CHAPITRE II : Digestibilité des aliments
II.1. Digestibilité des aliments chez les ruminants
II.1.1. Méthodes de mesure de la digestibilité
A. Méthode « in vivo »
A.1. Réalisation de la mesure
A.2. Aliments expérimentés
II.1.2. Digestibilité des aliments
A. Composition chimique et digestibilité de la fane d’arachide
B. Composition chimique et digestibilité des tourteaux
ETUDE EXPERIMENTALE
CHAPITRE III : MATERIEL ET METHODE
III.1. Matériel
III. 1. 1. Présentation du lieu et du contexte de l’étude
III. 1.2. Animaux
III. 1. 3. Aliments expérimentés
III. 1. 4. Cages à métabolisme
III. 1. 5. Matériel de laboratoire
III. 2. Méthode
III. 2. 1. Protocole expérimental
III. 2. 1. 1. Mise en œuvre des bilans alimentaires
A. Fane d’arachide
B. Ration à base de tourteau de jatropha et de fane d’arachide
III. 2 .1 .2. Prélèvement d’échantillons
III. 2. 1. 3. Codification des échantillons
III. 2. 2. Analyses bromatologiques
III. 2. 2. 2. Traitement des échantillons destinés aux analyses
A. Séchage et mouture
B. Détermination du taux de MSA (matière sèche analysée)
III. 2. 2. 3. Détermination de la matière organique (MO) et des cendres totales
III. 2. 2. 4. Dosage des protéines brutes PB
III. 2. 2. 5. Dosage de la matière grasse (MG) sur le Rafatec
III. 2. 2.6. Dosage de la cellulose brute par la méthode de Wendee
III.2.3. Etude de la toxicité
III.2.4. Traitement statistique des résultats
CHAPITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION
IV.1. Résultats
IV.1.1. Composition chimique des aliments et des refus
IV.1.2. Digestibilité de la fane et du tourteau de jatropha
IV.1.3. Toxicité du tourteau de jatropha chez les moutons
IV.1.3.1. Signes cliniques
IV.1.3.2. Aspects anatomo-pathologiques de l’intoxication au tourteau de Jatropha
IV.1.3.3. Examens de laboratoire
IV.2. Discussion
IV.2.1. Composition chimique de la fane d’arachide
IV.2.2. Composition chimique du tourteau de Jatropha
IV.2.3. Digestibilité des aliments
A. Digestibilité de la matière sèche (DMS) de la fane d’arachide
B. Digestibilité de la matière organique des aliments
C. Digestibilité des protéines brutes de la fane d’arachide
D. Digestibilité de la cellulose brute de la fane d’arachide
E. Digestibilité des extractifs non azotés(ENA) de la fane d’arachide
IV.2.4. Signes cliniques d’intoxication
IV.2.5. Aspects anatomopathologiques de l’intoxication au tourteau de Jatropha
IV.4.3. Examens de laboratoire
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

 

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