Les soins interculturels versus les soins transculturels

La communication interculturelle

La culture est toujours présente lorsque nous communiquons avec d’autres individus. Elle va se refléter à travers la personnalité, l’interaction entre les individus et l’environnement entourant la personne. En tant qu’institution, l’hôpital se dit porteur d’une culture professionnelle et relationnelle dictée par des codes, des valeurs et des tâches qui lui sont propres. (Gajo, 2004) Selon Myriam Graber (2002), le fait de vivre dans une société multiculturelle a des conséquences au niveau des prises en charges dans les diverses institutions pour deux raisons : les équipes et les patients sont issus de cultures différentes. Cela complexifie les interventions infirmières et exigent aux professionnels de santé d’acquérir de l’aisance dans l’interculturalité. Cela touche de plein fouet l’aspect de la communication. En maternité, le personnel soignant privilégie l’utilisation de la communication non verbale, tels que les gestes, les mimes, la reformulation ou l’utilisation d’une langue véhiculaire. Mais l’idéal serait, selon les dires des soignants, d’avoir un ordinateur, une machine qui traduise, ainsi il n’y aurait pas de filtre même si la machine reste froide (Myriam Graber, 2002, p.115).

Communiquer avec la mère permet d’écouter ses propres besoins et ressentis face à des événements importants englobant la naissance. Le message peut être perçu à travers la voix, les gestes et expressions du visage. Durant notre formation, l’importance de la communication nous a été maintes fois inculquée. Nous connaissons le bénéfice que cela peut apporter au sein de la prise en charge infirmière. La notion de parole permet des échanges constructifs entre les deux acteurs. Cependant, dans la réalité, les évènements ne se déroulent pas forcément de la sorte et la communication au niveau simpliste ne suffit plus. C’est pour cela que nous abordons la notion de communication interculturelle La non-maitrise de la langue reste un handicap majeur à la communication et cela peut engendrer blocage et frustration pour la mère et sa famille. Selon Wikberg, Eriksson, & Bondas (2012), la langue reste l’outil le plus important pour garantir une bonne relation soignant-soignée et reste problématique lorsqu’elle fait défaut.

Des stratégies de communication déficientes conduisent à l’échec de l’enseignement lors de soins post-partum ou pour accompagner le bon fonctionnement de la mère durant l’accouchement. Selon l’étude de Kulwicki, Miller & Schim (2000), un obstacle aux soins se situe au niveau de la langue. Une défaillance communicationnelle peut nuire aux différentes interventions infirmières ? Quelle type de communication peut-être une solution en soi ? En ce qui concerne le service de maternité à l’hôpital de Fribourg la question ne se pose plus. Ils effectuent d’ores et déjà ce genre de prise en charge. Devant une mère migrante, les soignants tentent d’abord de communiquer en français puis en allemand, ou encore en anglais. Si cela ne suffit pas, ils tentent de se comprendre à travers une communication non-verbales (gestes, signes, dessins, chiffres). Il y a même des livres avec des phrases types pouvant aider les mères à comprendre ce que disent les infirmiers. De ce fait, qu’est-ce que la communication interculturelle ? La communication entre des personnes appartenant à des cultures différentes parmi la culture nationale ; mais celle-ci croise et interfère avec d’autres éléments d’identification comme le sexe, l’origine sociale, l’âge, la profession, les appartenances religieuses et idéologiques (Barette et al, 1993, p.135)

Des stratégies de communication déficientes conduisent à l’échec de l’enseignement qui est si important pour le bon fonctionnement de la naissance et des soins (observance du traitement, alimentation et relation mère-enfant) qui suivent le post-partum. Selon l’étude de Kulwicki, Miller & Schim (2000), un obstacle aux soins se situe au niveau de la langue. Une défaillance communicationnelle peut nuire aux différentes interventions infirmières, il arrive trop fréquemment que les personnes soignées ne parlent pas la langue du pays d’accueil ou du professionnel de santé. Selon Plaza Del Pino, Soriano & Higginbottom (2013), cela s’explique par le motif d’immigration des femmes. Effectivement, elles viennent entourées de leurs familles et sont peu à s’intégrer par le biais d’un travail (contrairement aux hommes). De ce fait, l’apprentissage de la langue du pays d’accueil n’est pas l’une de leurs priorités. Parfois, les difficultés de collaboration peuvent provenir d’une attitude infirmière non favorable à la communication : indifférence à leur vécu, froideur. Cela va engendrer une in-satisfaction des malades et de leur famille (Margot Phaneuf, 2009, révision février 2013).

Les soins interculturels versus les soins transculturels

Le terme d’interculturalité peut être divisé par le préfixe « inter » qui indique une prise en relation et une prise en considération entre les interactions des groupes, des individus et des identités. Les soins interculturels nécessitent un travail supplémentaire de la part des soignants car ils doivent comprendre les croyances, représentations, rites, coutumes et valeurs du soigné afin d’introduire le patient au sein de l’équipe soignante sans qu’il y ait une problématique éthique. Nous désirons développer ce sujet de façon plus profonde et plus pertinente en y intégrant notre future théorie de soin (qui sera précisé dans le prochain chapitre), nous pouvons alors sans autre mettre en avant le concept de soin « transculturels ». Mais qu’est ce qui sépare ces deux préfixes ? Les soins infirmiers transculturels sont considérés comme un domaine de pratique compétent sur le plan culturel. Leur but est de recueillir à propos de chaque client des renseignements qui peuvent permettre de lui offrir des soins adéquats et compétents sur le plan culturel. Chaque infirmière doit déployer tous les efforts nécessaires pour prodiguer des soins adaptés à la culture du client et exempts de préjugés inhérents fondés sur le sexe, la race, la religion (Potter et al., 2005, p.76). En d’autres mots, la connaissance de l’autre culture (interculturalité) ne met pas forcément en avant un concept d’échange permettant d’aborder des soins congruents à la prise en charge. La transculturalité contrairement à l’autre terme, prône la reconnaissance et l’existence d’autres cultures en y développant un dialogue entre eux (communication interculturelle). Chaque acteur de la prise en charge maintient son identité culturelle tout en permet-tant de s’ouvrir à l’autre et donc d’optimiser les soins. Lorsqu’on est installée dans « la transculturalité », on est simultané-ment dans un principe d’expansion, un espace de rencontres et de plu-ralisme, mais inévitablement aussi un espace de conflit des valeurs, que celles-ci soient locales, communautaire ou nationales (C. Forestal, 2008, p. 451).

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La culture

Il existe bons nombres de définitions qui peuvent englober ce mot parfois vaste, mais nous décidons de nous orienter sur celle-ci : La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. (Unesco, Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico City, 1982. s.p) Cette définition nous fait comprendre que la culture ne touche pas simplement une perception de la santé, de la maladie ou de la mort. Elle intègre également d’autres disciplines comme la linguistique, la communication, la psychologie, la sociologie, l’économie, l’histoire et la politique. Elle provient d’habitudes de vie de la société qui l’entoure. Elle représente un ensemble d’attitudes, de représentations, et de comportements qui se manifestent au quotidien. La culture fait partie intégrante de l’individu et se manifeste au singulier comme au pluriel (au sein d’un groupe). L’individu a des droits qui doivent être respectés. La culture doit être observée et prise en compte, même si elle ne sera pas forcement comprise. Cette observation peut s’effectuer à travers un iceberg qui illustre les parties explicites de la culture qui peuvent être visibles lors des prises en charge dans un concept de maternité. On observe également celles qui sont implicites, qui peuvent être heurtées quand la partie supérieure de l’iceberg est confrontée à une autre culture. Les normes, les valeurs et les états mentaux font partie des individus mais ne sont pas au front lors d’interactions entre des personnes.

Table des matières

1. Introduction
2. Problématique
2.1 Expériences personnelles
2.2 Augmentation de la population résidente en Suisse
2.2.1 Qu’en est-il des femmes en migration ?
2.2.2 Intérêt pour la pratique
2.3 La communication interculturelle
2.4 Les soins interculturels versus les soins transculturels
2.5 La culture
2.6 Le choc culturel
2.7 Les valeurs culturelles
2.8 Soins et cultures dans le domaine de la naissance
2.9 Conclusion de notre revue exploratoire
3. Lien entre notre problématique et la discipline infirmière
3.1 L’ancrage dans la discipline infirmière selon l’école du « caring » et la théorie de soin « transculturelle « de Madeleine Leininger
3.1.1 Le métaparadigme infirmiers
3.1.2 La personne
3.1.3 L’environnement
3.1.4 La santé
3.1.5 Conclusion
4. Définir les concepts retenus
4.1 Choix du cadre théorique
4.3 Soins culturels d’accommodation et de négociation
4.4 Conclusion
5. Les concepts retenus
5.1 La communication interculturelle
5.2 Lien avec notre théorie de soin
5.3 Les valeurs culturelles
5.3.1 Lien avec notre théorie de soin
5.4 Les soins infirmiers transculturels
5.4.1 Lien avec notre théorie de soin
5.5 Conclusion
6. Méthode
6.1 Option méthodologique
6.2 Elaboration du type de question de recherche
6.3 Utilisation de la méthode PICOT et mots-clefs
6.4 Les mots-clefs utilisés
6.5 Critères de sélection
6.6 Critères d’inclusion
6.7 Critères d’exclusion
6.8 Choix des articles et stratégies
6.8.1 Stratégie 1
6.8.2 Stratégie 2
6.8.3 Stratégie 3
6.8.4 Stratégie 4
6.8.5 Stratégie 5
6.8.6 Stratégie 6
6.8.7 Stratégie 7
6.8.8 Stratégie 8
6.8.9 Stratégie 9
6.8.10 Stratégie 10
7. Synthèse des résultats/discussion
7.1 Les interprètes et médiateurs culturels
7.2 La communication interculturelle
7.3 La formation interculturelle
7.4 Le « caring interculturel »
7.5 Les compétences interculturelles
7.6 Discussion en lien avec le cadre théorique et nos concepts
7.6.1 La communication interculturelle
7.6.2 Le « caring interculturel »
7.6.3 Les compétences interculturelles
7.6.4 La formation interculturelle
7.6.5 Les interprètes et médiateurs culturels
7.7 Développement des résultats en lien avec la question PICOT
7.8 Perspectives/Propositions pour la pratique
8. Conclusion

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