Phénotype mixte Asthme-BPCO

Phénotype mixte Asthme-BPCO

RAPPELS SUR L’ASTHME, BPCO ET L’OVERLAP SYNDROM

ASTHME 

Asthme L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires définie principalement par deux caractéristiques : • troubles respiratoires à type de sifflement expiratoire, de dyspnée, d’oppression thoracique et de toux, qui peuvent varier dans le temps et en intensité et • une limitation variable du flux expiratoire due à une bronchoconstriction, remaniement et l’inflammation des parois bronchiques, hypersécrétion muqueuse. C’est une maladie hétérogène qui peut se présenter sous de nombreuses formes ; plusieurs phénotypes ont été identifiés, dont les principaux sont les suivants [3] : Asthme allergique : Il s’agit du phénotype de l’asthme le plus fréquent, qui commence souvent dans l’enfance et est associé à des antécédents personnels et / ou familiaux de maladie atopique tels que l’eczéma, la rhinite allergique ou une allergie alimentaire. L’examen des expectorations induites de ces patients avant le traitement révèle souvent une inflammation des voies Asthme non allergique : certains adultes ont un asthme qui n’est pas associé à une allergie. Le respiratoires à éosinophiles. Les patients présentant ce phénotype d’asthme répondent généralement bien au traitement par corticostéroïde inhalé (CSI). profil cellulaire des expectorations de ces patients peut être neutrophile, éosinophile ou ne contenir que quelques cellules inflammatoires (pauci-granulocytaire). Les patients asthmatiques non allergiques répondent souvent moins bien au CSI. Asthme tardif : certains adultes, en particulier les femmes, présentent un asthme pour la première fois dans la vie adulte. Ces patients ont tendance à être non allergiques et nécessitent souvent des doses plus élevées de CSI ou sont relativement réfractaires au traitement par corticostéroïdes. 

 Hyperréactivité bronchique 

L’hyperréactivité bronchique (HRB) est une propension exagérée de l’arbre trachéo-bronchique à réagir en présence de certains stimuli, physiques, chimiques ou pharmacologiques. Sans en être 5 une caractéristique exclusive, l’HRB est particulièrement importante dans l’asthme où elle joue un rôle essentiel dans la gravité des symptômes (Dyspnée, Sibilants, Toux irritative). Ses mécanismes pourraient associer, notamment, la réduction permanente du calibre bronchique (bronchoconstriction) par hyper-sécrétion, inflammation et œdème de la muqueuse à des anomalies de l’innervation bronchique et/ou de la réactivité des muscles lisses. Sa mesure par des tests de provocation peut être un outil précieux pour la confirmation ou l’exclusion du diagnostic d’asthme ainsi que pour l’appréciation de son contrôle sous traitement.

 Atopie 

 L’atopie est une prédisposition personnelle et/ou familiale se manifestant le plus souvent durant l’enfance ou l’adolescence à devenir sensibilisé et à produire des anticorps IgE spécifiques en réponse à une exposition naturelle à des allergènes, en général des protéines. En conséquence de quoi de tels individus peuvent développer des symptômes typiques d’asthme, de rhino-conjonctivite ou d’eczéma. Les termes « atopie » et « atopique » devraient être réservés pour décrire la prédisposition génétique à devenir sensibilisé par l’intermédiaire d’IgE spécifiques vis-à-vis d’allergènes rencontrés communément dans l’environnement et auxquels chacun est exposé alors que la majorité de la population ne synthétisera pas d’anticorps IgE spécifiques suite à cette exposition. Ainsi, l’atopie est une définition clinique d’une personne prédisposée à synthétiser de grandes quantités d’anticorps IgE. Le terme « atopie » ne doit pas être utilisé à moins qu’une sensibilisation IgE dépendante ait été documentée par la présence d’anticorps IgE spécifique dans le sérum ou par la présence de tests cutanés (Prick-tests) positifs. Les symptômes allergiques d’une personne atopique peuvent être considérés comme « atopiques » c’est-à-dire comme par exemple l’asthme atopique. Cependant, un asthme IgE dépendant ne devrait pas en général être qualifié d’atopique. Ni la présence d’un test cutané positif (Prick-test) ni la présence d’anticorps IgE à des allergènes moins communs et retrouvés à des doses fortes comme les piqûres d’hyménoptères ou une exposition médicamenteuse ne doivent être considérées comme un critère diagnostique d’atopie. L’hypersensibilité provoque des symptômes ou des signes objectivement reproductibles, initiés par l’exposition à un stimulus défini qui est toléré par des sujets normaux et l’hypersensibilité non allergique est le terme préféré pour décrire l’hypersensibilité pour laquelle les mécanismes immunologiques ne peuvent être prouvés. Ainsi, dans rhinoconjonctivite, les symptômes d’une 6 réaction d’hypersensibilité à médiation immunologique dans le nez et la conjonctive doivent être appelés rhinoconjonctivite allergique. La plupart des cas sont à médiation IgE. En fonction de la durée des symptômes, il peut être utile de distinguer la rhinoconjonctivite allergique intermittente de la rhinoconjonctivite allergique persistante. Dans la dermatite, le terme générique pour une inflammation locale de la peau devrait être dermatite. Ce que l’on appelle généralement « eczéma/dermatite atopique » n’est pas une seule maladie, mais plutôt une agrégation de plusieurs maladies ayant certaines caractéristiques en commun. Un terme plus approprié est eczéma. Le sous-groupe lié à l’asthme allergique et à la rhinoconjonctivite, c’est-à-dire l’eczéma chez une personne de constitution atopique, devrait être appelé eczéma atopique. Un contact étroit avec des produits chimiques de faible poids moléculaire peut provoquer une dermatite de contact allergique à médiation lymphocytaire TH1 prédominante. La variété non allergique peut aussi être décrite par des termes comme dermatite de contact irritant/toxique. L’eczéma atopique est souvent le premier signe qu’un enfant à un phénotype atopique, et en grandissant, il peut développer de l’asthme et/ou une rhinite allergique.

Rhinite allergique

La rhinite allergique est l’allergie respiratoire la plus courante dans le monde avec une fréquence plus élevée chez les adolescents et jeunes adultes. Il s’agit d’une atteinte inflammatoire chronique, non mécanique ni infectieuse, des structures nasales et sinusiennes (muqueuse et éléments associés) initiée par une réponse allergique IgE médiée (atopique), à des allergènes spécifiques chez les individus sensibilisés. Elle se manifeste par les symptômes suivants dans un degré de gravité variable : congestion nasale/obstruction, rhinorrhée, démangeaisons du nez et /ou les yeux, et /ou les éternuements. Des signes généraux comme la fatigue, trouble de la concentration et réduction de la productivité sont souvent associées à la rhinite allergique. On ne pas parler d’asthme sans parler de rhinite allergique. Asthme et rhinite allergique coexistent souvent bien que cette dernière ne soit pas toujours reconnue cliniquement. Leurs muqueuses sont similaires et montrent les mêmes types d’inflammation cellulaire après exposition aux allergènes. La rhinite allergique est présente chez environ 75% des asthmatiques ; l’asthme est présent chez environ 50% des personnes avec une rhinite allergique. Traiter la rhinite améliore le contrôle de l’asthme, il est important de la reconnaître chez asthmatique et la traité de manière appropriée. 

Epidemiologie

 C’est un problème sanitaire mondial majeur, qui concerne toutes les classes d’âge, avec une prévalence croissante dans de nombreux pays en voie de développement. L’asthme continue à faire peser une charge intolérable sur les systèmes de santé et sur la société du fait de la perte de productivité au travail et, en particulier pour l’asthme infantile, des perturbations générées dans les familles 

Epidémiologie dans le monde

L’asthme est une pathologie fréquente qui touche plus de 350 millions de personnes dans le monde. Il existe d’importantes disparités géographiques entre les pays, avec des prévalences estimées entre 1 et 21%, et à l’intérieur des pays .

 En France 

La prévalence de l’asthme est estimée entre 7 et 10% pour l’adulte, soit environ 4 millions de personnes. Chez l’enfant, l’asthme est la maladie chronique la plus fréquente et sa prévalence en France est évaluée entre 10 et 16%. L’asthme se manifeste dans 10% des cas après l’âge de 60 ans [6]. 2.3 Aux Etats-Unis Les statistiques épidémiologiques les plus récentes du Center for Disease Control (CDC) sur l’asthme ont été publiées en 2012 pour la décennie 2001-2010. Une constatation majeure a été que le nombre de personnes asthmatiques a augmenté de 2,9 % chaque année, avec 20,3 millions de personnes ayant reçu un diagnostic d’asthme en 2001 et 25,7 millions de personnes ayant reçu ce diagnostic en 2010. Ce rapport national de surveillance a estimé la prévalence de l’asthme dans la population des États-Unis à 8,4 % en 2010, contre 4,3 % de la population mondiale, et les deux chiffres sont à la hausse. La prévalence annuelle moyenne de l’asthme est plus élevée chez les enfants (9,5 %) que chez les adultes (7,7 %). La prévalence actuelle de l’asthme est plus élevée chez les sujets noirs (11,2 %) que chez les blancs (7,7 %) et est le plus élevé dans la population portoricaine (17,0%) et le plus faible dans la population américano-mexicaine (3,9 %). Il y a une prédominance masculine dans le diagnostic de l’asthme avant la puberté, mais une plus grande prédominance chez les femmes à l’âge adulte, ainsi que des cas plus graves d’asthme chez les femmes que chez les hommes. Il a été démontré que la prévalence de l’asthme est plus élevée à chaque groupe de faible niveau de pauvreté successif, et il existe des disparités avec le diagnostic et le traitement de l’asthme fondés sur la race, l’origine ethnique et le revenu. Les données 8 concernant les questions de qualité de vie, de morbidité et de mortalité chez les personnes asthmatiques sont étonnantes, avec 3404 décès dus à l’asthme pour la seule année 2010 [7]. Il existe des relations intéressantes entre l’asthme et certaines maladies oto-rhinolaryngologiques. L’impact de l’asthme sur la morbidité et la mortalité est particulièrement remarquable. 

En Afrique

En Afrique, les études de prévalence sur l’asthme présentent encore de nombreuses lacunes, ce qui reflète le défi à relever pour le diagnostic, l’accès aux établissements de soins et aux médicaments contre l’asthme qui sont insuffisants sur ce continent. De nombreuses études font état de taux de prévalence fondés sur des études transversales uniques qui ne sont pas le reflet des tendances réelles, et la prévalence réelle est probablement sous-estimée. Des études menées en Afrique du Sud, au Nigéria, en Tanzanie et au Cameroun ont fait état de prévalences de 3,8 %, 2 %, 3,3 % et 2,7 %, respectivement 

 Sénégal 

La prévalence globale n’est pas encore évaluée. Une étude menée en 2018 dans le service de Pneumologie de CHRU (Centre Hospitalier Régional et Universitaire) de Saint-Louis trouvait 9,% d’asthmatiques parmi tous les malades consultant durant la période janvier 2018 à décembre 2018

 Facteurs étiologiques 

L’asthme est associé à un terrain génétique prédisposant. Le sujet génétiquement prédisposé, au contact de facteurs environnementaux favorisant va progressivement développer de l’allergie. L’asthme est une affection multifactorielle qui résulte d’interactions entre de multiples facteurs génétiques et environnementaux. Ces différents facteurs peuvent intervenir dans la survenue et/ou la sévérité de l’asthme. 

 Les facteurs génétiques

 De nombreux gènes candidats ont été identifiés, plus >100 gènes impliqués dans les réactions immunitaires, dans l’atopie, dans l’hyper réactivité bronchique. Ces gènes ont une transmission héréditaire [10] présentés ci-dessous dans le tableau I. Tableau I : Différents gènes impliqués dans la réaction immunologique

Table des matières

 INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : RAPPELS SUR L’ASTHME, BPCO ET L’OVERLAP SYNDROM
I-ASTHME
1-Définitions
1.1. Asthme
1.2. Hyperréactivité bronchique
1.3. Atopie
1.4. Rhinite allergique
2-Epidemiologie
2.1 Epidémiologie dans le monde
2.2 En France
2.3 Aux Etats-Unis
2.4 En Afrique
2.5 Sénégal
3. Facteurs étiologiques
3.1 Les facteurs génétiques
3.2 Facteurs environnementaux et comportementaux
3.2.1. Le tabagisme
3.2.2. La pollution
3.2.3. L’Obésité
3.2.4. Les facteurs de risque professionnels
3.2.5. Les infections virales et bactériennes
3.2.6. Le stress
4. Physiopathologie
4.1. L’inflammation des voies aériennes
4.2. Remodelage tissulaire
5. Diagnostic
5.1. Éléments cliniques
5.2. Examens complémentaires
5.2.1 Spirométrie
5.2.2 Pléthysmographie
5.2.3 Gazométrie artérielle
5.2.4. Radiographie thoracique
5.2.5. Scanner thoracique, scanner sinusien
5.2.6 Autres examens potentiels
5.2.6.1 Biologie
5.2.6.2 Dosage du monoxyde d’azote dans l’air exhalé chez un patient non-fumeur non traite
5.2.6.3. Endoscopie bronchique et lavage bronchoalveolaire
5.2.6.4. Les explorations allergologiques spécifiques
6. Traitement
6.1. Le but de traitement (selon Gina)
6.2. Les moyens
6.2.1. Les traitements médicamenteux
6.2.2. L’immunothérapie spécifique allergénique
6.3.3 Traitements non médicamenteux
6.3. Les indications
6.3.1 Traitement de fond
6.3.1.1. Traitement en fonction de la sévérité de l’asthme
6.3.1.2. Le contrôle
6.3.2 Traitement des exacerbations
7. Prévention
7.1. Prévention primaire
7.2. Prévention secondaire
II-Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) .
1. Définition
2. Epidémiologie
2.1. Prévalence de la BPCO dans le monde
2.2. En Europe
2.3 En France
2.4 En Afrique
2.5. Au Sénégal
3. Facteurs étiologiques
3.1 Tabagisme actif
3.2 Les facteurs génétiques
3.3 Exposition en milieu professionnel
3.4 La pollution atmosphérique
3.5 Le sexe
3.6 Les infections respiratoires
3.7 Les facteurs socio-économiques .
4. Physiopathologie
4.1 Mécanismes immunologiques
4.2 Conséquences anatomopathologiques
5. Phénotypes de BPCO
6. DIAGNOSTIC
6.1. Interrogatoire
6.2 Examen physique
6.3 Paraclinique
6.3.1 Spirométrie
6.3.2 Radiologie
7. Traitement
7.1. But
7.2. Moyens Médicamenteux
7.2.1 Bronchodilatateurs
7.2.2 Corticostéroïdes
7.2.3 Vaccins
7.3. Moyens non Médicamenteux
7.3.1 Sevrage tabagique
7.3.2. Réhabilitation respiratoire
7.3.3 Oxygénothérapie au long cours et ventilation assistée
7.4. Indications
III-LE SYNDROME DE CHEVAUCHEMENT ASTHME-BPCO
1. Définition
2. Epidémiologie
2.1.1 En Europe et aux États-Unis
2.1.2 En Afrique
3. Critères diagnostiques
4. Prise en charge thérapeutique
V. CONCLUSION
DEUXIEME PARTIE : NOTRE ETUDE
I.OBJECTIFS
1.1. Objectif principal
1.2. Objectifs spécifiques
II.MÉTHODOLOGIE
2.1. Type et période d’étude
2.2. Cadre d’étude
2.3. Ressources disponibles pour la prise en charge des patients souffrant de BPCO ou d’asthme
2.4. Population d’étude
2.4.1. Critères d’inclusion
2.4.2. Critères non inclusion
2.5. Modalités pratiques
2.5.1. Aspect éthique
2.5.2. Echantillonnage
2.5.3. Déroulement de l’étude
2.6. Saisie et analyse des données
III. RESULTATS
3.1. Proportion de l’ACOS dans la consultation BPCO/ASTHME
3.2. Etude descriptive
3.2.1. Caractéristiques socio-démographiques
3.2.2. Données cliniques
3.3. Etude analytique
IV. DISCUSSION
4.1. Contraintes et limites de l’étude
4.1.1 Les données manquantes
4.1.2 La pauvreté de la littérature sur le sujet
4.2. Proportion de l’ACOS dans la consultation BPCO/ASTHME
4.3. Caractéristiques des patients
4.3.1. Caractéristiques sociodémographiques
4.3.2. Caractéristiques cliniques et paracliniques
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES : FICHE D’ENQUETE

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